Transports A l'aéroport Saint-Exupéry, les contrôles aux frontières s’accélèrent

Dix sas automatisés ont été installés dans le terminal 1, cinq aux arrivées, cinq aux départs.  Photo Jean-Philippe CAVAILLEZ
Dix sas automatisés ont été installés dans le terminal 1, cinq aux arrivées, cinq aux départs. Photo Jean-Philippe CAVAILLEZ
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Dix sas automatisés ont été installés dans le terminal 1, cinq aux arrivées, cinq aux départs.  Photo Jean-Philippe CAVAILLEZ Photo Jean-Philippe CAVAILLEZ

Depuis le 14 décembre, les systèmes Parafe à reconnaissance faciale sont opérationnels au terminal 1 de l’aéroport Saint-Exupéry. L’objectif ? Gagner du temps tout en conservant un haut niveau de sécurité.

Quinze passagers à la minute. Grâce aux nouveaux systèmes Parafe (Passage automatisé rapide de frontières extérieures), entrés en fonction vendredi et inaugurés lundi, le contrôle aux frontières au T1 va connaître un sérieux coup d’accélérateur. Les passagers, parfois excédés par les temps d’attente dans l’aéroport lyonnais, devraient y trouver leur compte.

Dans le contexte de rétablissement des contrôles aux frontières intra-Schengen en 2016, qui a fait passer le pourcentage de passagers contrôlés de 30 à 70 % (1) , l’aéroport aux 10,3 millions de passagers avait mis en test depuis février 2016 des portiques à reconnaissance digitale. Aéroports de Lyon a fait basculer ces dix sas (cinq aux arrivées, cinq aux départs du T1) en reconnaissance faciale.

Depuis vendredi, un agent est désormais en mesure de contrôler cinq sas à la fois, au rythme de cinq passagers toutes les 20 secondes. Avec le système classique, il faut un agent par passager. « Nous allons cinq fois plus vite et 32 nationalités  (2) sont éligibles aux sas, contre quatre pour les sas digitaux », apprécie Tanguy Bertolus, président du directoire d’Aéroports de Lyon, pour qui ce nouveau système répond à un double besoin : « sécurité des passagers » et « confort ».

15 passagers à la minute soit 900 passagers à l’heure

C’est le rythme de ces nouveaux dispositifs Parafe à reconnaissance faciale. Ils sont deux fois plus rapides que les portiques à lecteur d’empreinte (30 secondes par passager) et cinq fois plus rapide qu’un passage au guichet. En effet, avec ce nouveau système, un seul agent peut contrôler cinq portiques à la fois. En cas de signalement, l’agent de la PAF peut s’occuper du passager concerné, sans empêcher le fonctionnement des autres sas.

 

Passeport biométrique indispensable

Selon lui, les retours sont très bons depuis vendredi. « Les passagers font moins la queue et voient qu’il y a des investissements pour leur confort ». Comment cela fonctionne ? Pour profiter de Parafe, développé par IN Groupe et Gunnebo, il faut d’abord être muni d’un passeport biométrique. Une fois ce dernier scanné, le voyageur a accès à un sas. Une caméra prend alors une photo, et Parafe la compare avec celle stockée dans la puce du passeport. En cas de concordance, le deuxième portique s’ouvre.

Infaillible ? « C’est l’objectif. La machine est capable de faire des distinctions et on ne peut pas confondre une personne avec une autre », garantit David Clavière, préfet délégué pour la défense et la sécurité, qui inaugurait ce lundi les Parafes. Car ce nouveau système est mis en place dans un contexte sécuritaire tendu après l’attentat de Strasbourg et seulement quelques mois après un incident sur l’aéroport. Le 10 septembre 2018, une voiture folle avait pénétré sur les pistes.

Les systèmes Parafes seront donc scrutés, surtout qu’ils vont se démocratiser. En février 2019, dix nouveaux sas seront déployés sur les départs et arrivées du satellite du T1, réservé aux vols low-cost.

 

(1) Seuls les passagers des vols France-France ne sont pas soumis aux contrôles.

(2) Les 28 pays de l’UE, Royaume-Uni inclus, ainsi que la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Lichtenstein. 

Enfin une solution aux files d’attente ?

Souvent pointé du doigt pour la longueur de ses files d’attente, Saint-Exupéry joue une part de sa crédibilité auprès des compagnies aériennes et des voyageurs avec la fluidité de son « parcours passager ». Certaines difficultés étaient apparues ces dernières années. Par exemple, en mai 2017, en deux semaines, plus d’une centaine de passagers de deux vols Vueling vers Barcelone n’avaient pu embarquer, coincés aux contrôles aux frontières. Pourquoi ? A l’époque, la préfecture, assurant que les effectifs de la police étaient au rendez-vous, avait évoqué « un mauvais concours de circonstances ».

D’autres retards sont provoqués par une méconnaissance. En effet, le parcours du nouveau T1 (sécurité, duty free puis contrôles aux frontières), « typique des aéroports mixtes (domestique et international) » selon Tanguy Bertolus, président du directoire d’Aéroports de Lyon, mais imaginé avant le retour des contrôles aux frontières dans l’espace Schengen, provoque parfois une ruée de dernière minute vers les contrôles. En cela, l’arrivée des Parafes est une excellente nouvelle.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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