Vie scolaire A Lyon 3e, la cantine de Montbrillant en grève jusqu’à Noël: le ras-le-bol des parents

Le personnel de la cantine est en grève depuis ce lundi et jusqu’à la fin de la semaine.  Illustration Jacqueline COUTURIER
Le personnel de la cantine est en grève depuis ce lundi et jusqu’à la fin de la semaine. Illustration Jacqueline COUTURIER

La cantine restera en grève jusqu’aux vacances de Noël. Débuté lundi, le mouvement fait suite à un préavis national de la CGT ville de Lyon. Pour les parents d’élèves, la coupe est pleine.

Ce lundi matin, cette mère de famille dit tout fort ce que bon nombre de parents pensent en déposant leur progéniture à l’école Montbrillant, dans le 3e arrondissement de Lyon. Ras-le-bol de la grève de la cantine et ras-le-bol des conséquences que cela entraîne. Ras-le-bol de faire des sandwichs.

Alors que depuis plusieurs années, cette cantine est au moins en grève un mois par an (en jours cumulés), avec des semaines entières de grève, la goutte d’eau est arrivée vendredi dernier quand le personnel de la cantine a annoncé une grève du 17 au 21 décembre inclus. Entre le primaire et la maternelle, plus de 200 écoliers, inscrits régulièrement à la cantine, sont concernés. Pour l’heure, les repas tirés du sac sont autorisés. Mais sous forme de pique-niques froids dans la mesure où l’accès aux fours est impossible. Les repas se déroulent dans les locaux du restaurant scolaire et les enfants sont placés sous la surveillance des animateurs périscolaires.

Stress et culpabilité

« Aucune information sur les revendications ne nous a jamais été transmise malgré des demandes effectuées. Je ne souhaite pas revenir sur le droit de grève, cependant cela devient inadmissible. Bien entendu, ce sont les enfants qui en pâtissent », lâche cette maman qui précise aussi les galères d’organisation pour les parents. « Entre nous, nous essayons de nous organiser pour faire cantine chez les uns ou chez les autres, prévoir des repas froids variés et équilibrés, ce qui est difficile quand la grève perdure pendant plusieurs semaines. » Et du stress que cela induit. Et de la culpabilité, par ricochet : « Ce matin, j’ai oublié le pique-nique de mon fils. »

Le personnel de la cantine a décidé de fêter la fin de l’année en faisant la grève

Une maman d’élève de l’école Montbrillant (Lyon 3e)

« Dans le contexte social tendu que nous connaissons, la question du pouvoir d’achat est centrale »

La responsable de la cantine de l’école Montbrillant (Lyon 3e) décroche son téléphone mais renvoie aussitôt vers la CGT de la ville de Lyon, lorsque l’on souhaite obtenir des réponses au sujet du motif de la grève qui va durer à l’école jusqu’aux vacances de Noël. Elle dit que de son côté, elle n’a pas de commentaire à faire.

À la CGT de la ville de Lyon, Nicole Dumont, la responsable précise : « On ne connaît pas dans le détail les écoles où les grèves sont organisées mais ce qui est vrai, c’est que nous avons déposé un préavis de grève national pour trois semaines, ce qui permet aux fonctionnaires de se mettre en grève lorsqu’ils le souhaitent. » Et de préciser : « En ce moment, pour les gens, la vie est compliquée. Dans le contexte social tendu que nous connaissons, la question du pouvoir d’achat est centrale. Dans la fonction publique, depuis de nombreux mois, les agents sont confrontés à une avalanche de mesures toutes plus régressives les unes que les autres : gel quasi permanent de la valeur du point d’indice entraînant une perte de pouvoir d’achat sans précédent, hausse contestable de la CSG de surcroît mal compensée, rétablissement de l’inique jour de carence, ralentissement des carrières pourtant déjà bien mal en point… Et nous ne parlons là que des attaques contre le pouvoir d’achat ! Il faut ajouter à ce tableau déjà désastreux les nouvelles suppressions d’emplois, la détérioration des conditions de travail, la remise en cause des missions publiques. »

Dans le détail, les revendications portent sur « la hausse du point d’indice, avec une revalorisation immédiate d’au moins 2% ; un plan de rattrapage des pertes intervenues depuis 2010 ; des mesures spécifiques bas salaires ; une meilleure reconnaissance des qualifications ; l’amélioration significative des déroulements de carrière ; l’abrogation du jour de carence ; la stricte égalité salariale entre les femmes et les hommes ; l’augmentation des pensions. »

Tatiana VAZQUEZ

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