Consommation Uber Eats veut se tailler la part du Lyon

Uber Eats livre des repas cuisinés de restaurateurs depuis deux ans à Lyon et son agglomération. Photo DR Uber
Uber Eats livre des repas cuisinés de restaurateurs depuis deux ans à Lyon et son agglomération. Photo DR Uber

Même s’ils disent ne vouloir manger personne, il n’empêche qu’après la disparition de Foodora sur la place lyonnaise, Uber Eats continue sa politique de développement à tout-va.

C’était prévisible lorsque ces plateformes numériques de la Food tech sont arrivées il y a trois ans : certains allaient y laisser des plumes. Car avec des chiffres de croissance impressionnants, il n’allait pas y avoir de part du gâteau pour tout le monde. Il y a d’abord eu Take Eat Easy qui a fait faillite en 2016. Puis Foodora qui a jeté l’éponge l’été dernier. Sans parler du malaise des coursiers qui revient de manière récurrente et dont on n’a pas fini de parler, au vu du dernier arrêt de la Cour de cassation qui ouvre la voie d’une requalification du travail de coursier en salariat…

Sur le marché lyonnais, demeurent Deliveroo (arrivé à Lyon le premier en septembre 2015) et Uber Eats (à Lyon depuis novembre 2016).

La filiale d’Uber est encore passée à la vitesse supérieure et tient à le faire savoir. Pour manger l’un des derniers concurrents de la Food Tech sur la place de Lyon ? « On ne veut manger personne. Nous sommes là pour proposer le meilleur service possible à nos clients et nos coursiers. Nous respectons nos concurrents. Nous n’avons pas de velléités de conquête », assure Guillain Borde, manager Est chez Uber Eats.

N’empêche que des bruits de rachat de Deliveroo par Uber Eats courent depuis quelques mois. Même s’ils disent ne vouloir absorber personne, il s’avère, qu’après la disparition de Foodora sur la place lyonnaise, Uber Eats continue sa politique d’expansion à tout-va.

Une politique d'extension dans la région lyonnaise

Ils ont commencé avec 120 restaurateurs proposés sur leur plateforme en 2016, ils en ont aujourd’hui 580 et ne comptent pas s’arrêter là : « Le but étant de passer la barre des 1 000 en 2019 sur la région lyonnaise », affiche clairement Guillain Borde. Il est vrai que la capitale des Gaules et sa métropole sont particulièrement attractives, par rapport à d’autres villes de province : « Lyon a été la deuxième ville après Paris dans laquelle nous nous sommes installés. C’est le deuxième bassin en termes de population avec des revenus moyens plus importants qu’à Marseille. Et chacun connaît l’appétence des Lyonnais pour la gastronomie. Il y a également une très forte concentration de restaurateurs… », nous confiait Guillain Borde il y a quelque temps.

L’offensive est également géographique et Uber Eats affiche fièrement une politique d’extension sans limites dans la région lyonnaise : Craponne, Genas, Chaponost, Corbas, Mions Fontaine-sur-Saône sont nouvellement présentes sur la plateforme. Les horaires sont également étendus : les commandes pouvaient se faire jusqu’à 2 heures du matin, elles sont désormais possibles jusqu’à 4 heures. « Nous visons un service 24h/24 », confie Guillain Borde.

Futur service envisagé : le lancement d’une cuisine et restaurants virtuels. « Il s’agit de proposer et d’intégrer d’autres plats dans des restaurants comme la poutine qui est un plat québecquois à base de fromage de frites et de sauce. Les restaurants vont pouvoir tester le nouveau produit et pourquoi pas créer cette cuisine virtuelle dans leur restaurant ». La campagne d’expansion d’Uber Eats est en tout cas loin d’être virtuelle.

Nous n’avons pas de velléités de conquête... »

Guillain Borde, manager Est chez Uber Eats

« 10 % de notre chiffre d’affaires »

Photo Sandrine RANCY
Photo Sandrine RANCY

François Masselot, restaurateur Six degrés de liberté , Lyon 2e

« Avec mon frère Jérôme, nous sommes chez Uber Eats depuis septembre dernier avec notre nouvelle enseigne 6 degrés de liberté (anciennement Ninkasi ). Avant, nous étions chez Foodora et Deliveroo… Foodora ayant disparu, nous sommes désormais chez Uber Eats et Deliveroo… Nous avons une clientèle de quartier et Uber Eats permet de capter une autre clientèle grâce à internet. Ce système de livraisons de nos burgers est pour nous positif car c’est une clientèle nouvelle qui peut venir à nous et découvrir ce que l’on fait. Cela représente entre 10 et 15 % de notre chiffre d’affaires. Et quand Uber Eats nous met en avant sur sa plateforme, on le voit, cela nous apporte une hausse des commandes significative. Et nous proposons la même carte qu’au restaurant avec la possibilité notamment de faire son burger soi-même… »

Sandrine RANCY

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