LYON Stationnement payant: 7,9 millions de plus dans les caisses de la Ville

Depuis le 1 er janvier, le stationnement payant à Lyon se divise en deux zones : Presto (hypercentre, grands boulevards) et Tempo (le reste des secteurs payants).  Photo d’illustration Maxime JEGAT
Depuis le 1 er janvier, le stationnement payant à Lyon se divise en deux zones : Presto (hypercentre, grands boulevards) et Tempo (le reste des secteurs payants). Photo d’illustration Maxime JEGAT

L’arrivée du forfait post stationnement le 1er  janvier dernier a poussé les conducteurs à payer leur parking.

Le 1er  janvier dernier, le forfait post stationnement (FPS) s’est substitué à l’ancienne amende. Lyon avait opté pour la dissuasion avec des FPS à 60 € dans les zones Presto (hypercentre, grands boulevards) et à 35 € dans les zones Tempo (le reste des secteurs payants). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a bien fonctionné !

Moins de verbalisation et plus d’euros dans les horodateurs

Les Lyonnais ont massivement décidé de mettre des euros dans les horodateurs. Ils étaient moins de 25 % à payer leur stationnement en 2017, ils sont près de 50 % depuis le début de l’année. Mécaniquement, on est donc passé de plus de 400 000 amendes en 2017 à environ 250 000 FPS cette année (projection de la Ville de Lyon).

Plus de sous dans les horodateurs, c’est aussi plus d’argent dans les caisses de la Ville : la prévision de recettes pour 2018 est de 24,5 millions d’euros (y compris les recettes des vignettes résidents, lire par ailleurs). L’an passé, le stationnement payant n’avait rapporté “que” 16,6 millions d’euros.

Le trafic automobile en baisse de 2,5 % à Lyon

Pour l’adjoint à la Sécurité, aux Déplacements et l’occupation du domaine public, tout cela est totalement vertueux : « Il y a, je crois, une vraie adhésion de la population à ce genre de préoccupations. Aujourd’hui, les Lyonnais sont plus vigilants sur leurs pratiques. Nos objectifs ont donc été atteints dans l’ensemble. On peut encore mieux faire mais c’est juste une première marche, il faut continuer ».

Effectivement, les résultats sont visibles dans les quartiers en tensions : il y a plus de rotations des véhicules stationnés en surface dans l’hypercentre. D’une manière globale, « le trafic automobile a baissé de 2,5 % à Lyon entre septembre 2017 et septembre 2018. La part de la voiture dans les déplacements ne représente plus que 15 % », affirme l’adjoint, qui met cela en relation avec la hausse de fréquentation des transports en commun, des parcs relais (+ 4,6 %) et de l’usage du vélo : « On constate en ville la démotorisation d’un certain nombre de personnes. Un tiers des ménages n’a plus de voiture. Les gens préfèrent l’autopartage, la location, le covoiturage quand ils ont vraiment besoin d’un véhicule. »

Vélo : encourager et réguler le free floating

Jean-Yves Sécheresse est convaincu que tout le monde n’a pas encore pris les bonnes habitudes de payer son stationnement ou d’utiliser d’autres moyens de transport. Pour lui, l’effort fourni pour franchir cette « première marche » doit se poursuivre. Il compte d’ailleurs sur la Métropole pour accélérer certains points qui pourront l’aider : « Nous leur avons demandé un plan ambitieux pour développer le stationnement des vélos. Nous souhaitons des tracés qui matérialisent des aires pour les vélos et les trottinettes sur les trottoirs, quand il y a la place. Avec le développement du free floating , cela devient nécessaire. Vélo’v va d’ailleurs lui aussi lancer ces vélos en free floating en février prochain », annonce-t-il.

Les zones payantes

3 665 places payantes de plus


Le stationnement payant de surface va être étendu à partir du 21 janvier prochain dans six arrondissements. À cette date, 3 665 nouvelles places de stationnement deviendront payantes. Cela portera le total des places payantes à Lyon à 43 565.

Lyon 4e


Dans le secteur Eugène-Pons, qui était pris en tenaille entre deux zones payantes (Croix-Rousse et Caluire) et où les voitures-ventouses se multipliaient : + 234 places.

Lyon 5e


Dans le secteur touristique de Fourvière : + 448 places.

Lyon 6e


Triangle Tête-d’Or, situé au nord de l’arrondissement (compris entre l’avenue de Grande-Bretagne, la rue Duquesne et le boulevard des Belges) : + 1 048 places.

Lyon 7e


Un petit bout de l’avenue Berthelot, afin de mettre l’ensemble du secteur en cohérence : + 65 places.

Lyon 8e


Deux secteurs sont concernés, Monplaisir Sud (autour de l’Hôtel de police Marius-Berliet) et Berthelot (le nouveau quartier face au cimetière, que les usagers des trams T2 et T4 utilisent comme parking relais) : + 960 places.

Lyon 9e


Deux secteurs sont concernés, l’Industrie et Vaise centre. L’objectif est de compléter les parties déjà payantes de ces zones (dont les quais de Saône) : + 910 places.

Résidents: moins de vignettes, plus de places disponibles

En même temps que le FPS, est arrivée en début d’année la nouvelle formule de la vignette résidents : des bassins de vie plus réduits (avant, les résidents pouvaient stationner dans tout leur arrondissement), une vignette payante (40 €, elle était gratuite avant) et une seconde vignette seulement par foyer (à 60 €).

« L’objectif était de simplifier les choses, mais aussi de faire le tri entre ceux qui ont vraiment besoin d’un stationnement résident et les autres », estime Jean-Yves Sécheresse, satisfait de l’opération. Le nombre de demande a en effet baissé de 16 % (de 40 058 vignettes en 2017 à 33 460 cette année). Cela a fait baisser le ratio vignettes/places disponibles pour les résidents de 112 % (plus de vignettes en circulation que de places possibles) à 93 %.

La proportion de seconde vignette diminue aussi : elle représentait 19 % du total des vignettes résidents en 2015, contre 7 % en 2018. « Je militerai pour le maintien de la vignette résident à Lyon. Ce n’est pas un soutien de ma part à la motorisation, mais bien à ceux qui ont besoin d’une voiture pour leur travail », conclut Jean-Yves Sécheresse.

Repères

Les chiffres-clés du stationnement à Lyon


➤  86 000 places de stationnement en surface sur Lyon.

➤  Dont 43 565 places de stationnement payant au 21 janvier 2019 (39 900 en 2018).

➤  Dont 7 781 places en zone Presto et 35 674 places en zone Tempo.

➤ 15 secteurs pour le stationnement résidents.

➤ 426 stations deux-roues motorisés correspondant à 1 809 arceaux.

➤ 1 650 places réservées aux personnes à mobilité réduite (PMR),

➤ 3 090 aires de livraisons.

Jean-Christophe MORERA

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