RHONE Des entreprises tendent la main à des détenus

L’entreprise Bourdin Bâtiment, basée à Vernaison, a recruté 10 % de son personnel parmi d’anciens détenus.  Photo archives Pierre AUGROS
L’entreprise Bourdin Bâtiment, basée à Vernaison, a recruté 10 % de son personnel parmi d’anciens détenus. Photo archives Pierre AUGROS

Douze sociétés ont présenté leurs métiers à des détenus de la maison d’arrêt de Corbas.

« C’est rassurant de savoir que des entreprises recrutent. Quand on sort de prison, on a besoin de stabilité, d’avoir des objectifs. » Ce détenu de la maison d’arrêt de Corbas est reparti regonflé à bloc d’une rencontre quatre entreprises. Douze au total, ont répondu à l’appel du Grep (Groupe pour l’emploi des probationnaires) pour venir dans les bâtiments de détention parler d’emploi, la clé de la réinsertion.

« On ne stigmatise pas, on responsabilise »

44 entreprises, de la PME artisanale au grand groupe international, sont partenaires du Grep et emploient en permanence une cinquantaine de détenus qui ont pu bénéficier d’un aménagement de peine. « Il faut une volonté et une fibre sociale, et accepter que la personne ne sera pas tout de suite compétitive », explique un cadre du groupe Maïa. Renault Trucks a actuellement une dizaine d’anciens détenus dans son usine de Vénissieux, où les plus persévérants pourront décrocher un CDI, à l’image de cet ouvrier qui avait passé près de vingt ans derrière les barreaux. À Vernaison, Bourdin Bâtiment a inscrit cette politique de la main tendue dans son projet d’entreprise. 10 % de son personnel est passé par le Grep : « On ne fait aucune différence. On ne stigmatise pas, on responsabilise », dit un responsable de chantier.

Basé à Lyon et rayonnant dans le Rhône, l’Ain et la Loire, le Grep a reçu cette année 800 nouvelles personnes pour tenter d’élaborer un nouveau projet de vie dont l’emploi est la clé de voûte : « C’est ce qui permet au détenu de retrouver sa dignité et sa place. Mais ce parcours de réinsertion implique aussi un travail sur le logement, la mobilité et la santé », explique Guy Dubrez, directeur du Grep.

Ce dernier accueille à bras ouverts toute entreprise qui souhaite se lancer dans l’aventure : « Elles ont un rôle très important à jouer dans la prévention de la récidive. » Une personne qui sort de prison sans accompagnement a en effet 60 % de chances de replonger. Alors que le taux moyen de récidive est de l’ordre de 7 % pour les personnes suivies par le Grep.

X.B.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?