LYON De la “DG” de Canal+ à la viticulture: histoire d’une reconversion imprévue

Henri Joubaud et sa belle-sœur Marcelle Leban.  Photo N.B.
Henri Joubaud et sa belle-sœur Marcelle Leban. Photo N.B.

Henri Joubaud était directeur général chargé des technologies de la chaîne cryptée à Paris. Il en a été licencié. De fil en aiguille, ce polytechnicien est devenu producteur de vins.

Les vignobles lui ont offert une planche de salut. Même si, souffle-il aujourd’hui, « rien n’est simple, et en particulier, la commercialisation de nos bouteilles ».

A l'occasion du 2e salon des viticulteurs ingénieurs de Lyon, Henri Joubaud nous a présenté les différents vins qu’il est fier de produire près de Narbonne, dans le Languedoc : du blanc (chardonnay), du rouge (syrah) et du rosé (syrah-grenache).

Cet ingénieur diplômé de la prestigieuse École polytechnique en 1974 – la même année que l’actuel patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn – n’était pas spécialement programmé pour travailler dans le monde du vin.

Des vignes au bord de la Méditerranée

Il y a plus de dix ans, un plan de restructuration chez Canal+ a fait basculer son existence. « J’étais directeur chargé des technologies [il concevait notamment les décodeurs numériques, en lien avec les industriels, ndlr]. À 47 ans, j’ai été viré. Retrouver un poste équivalent n’a pas été possible. On est trop cher sur le marché », explique-t-il.

Dans un premier temps, Henri Joubaud a investi dans un établissement de tabac à Paris – pour être plus précis, une “civette” – qui lui permettait, et lui permet toujours, de vendre des cigares, l’une de ses grandes passions. Puis, en 2008, déjà propriétaire de vignes héritées de sa famille, il a racheté le Château de l’Île, à Peynac-de-Mer, dans le département de l’Aude. Juste au bord de cette Méditerranée qui contribue à donner un caractère typique à ses vins.

« En me lançant dans ce projet, j’ai voulu pérenniser une activité viticole, à la suite de mon père », justifie l’ingénieur qui a trouvé là l’occasion de rebondir professionnellement, en famille : c’est sa belle-sœur, Marcelle Leban, qui gère l’exploitation.

En dépit de défis économiques parfois complexes à relever, ce nouveau métier procure au polytechnicien un bel équilibre. « Ce que j’aime là-dedans ? Le contact. Le vin permet de rencontrer des personnes vraiment très différentes. ».

Nicolas BALLET

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?