CONCERT La Callas sera ressuscitée sur scène samedi à Lyon

Troublant, dérangeant, mais bluffant, le « Hologram Tour » de la Callas passe par Lyon.  Photo Evan AGOSTINI
Troublant, dérangeant, mais bluffant, le « Hologram Tour » de la Callas passe par Lyon. Photo Evan AGOSTINI

Après Dalida et le rappeur Tupac, et avant Amy Winehouse, c’est la plus grande chanteuse lyrique de tous les temps, Maria Callas, qu’on va retrouver sur scène… en hologramme. La diva «interprétera» ses tubes, accompagnée d’un orchestre symphonique.

Naturellement, elle n’est plus là pour donner son avis. Maria Callas, la diva la plus célèbre de son époque, morte en 1977 à l’âge de 54 ans, va pourtant donner, à son corps défendant, un récital à Lyon ce samedi 1er  décembre. C’est la prouesse promise par la technologie de pointe américaine Base Hologram, et si l’on en juge par les extraits du concert, c’est réellement bluffant, mais aussi, forcément, un peu dérangeant.

Une silhouette grandeur nature au milieu des musiciens

Sur scène, un orchestre de soixante musiciens, en chair et en os, le Yellow Socks Orchestra, accompagnera une comédienne revêtue d’une robe de soirée blanche avec une grande étole rouge, filmée en motion picture dans les gestes et attitudes de la chanteuse. Mais ce n’est pas elle qui sera sur scène, seulement sa silhouette, à l’échelle grandeur nature, projetée sur la scène, au milieu des musiciens, tandis que résonnera la voix de la diva, interprétant les grands classiques de son répertoire (Carmen, Lucia di Lammermoor, Norma, Tosca, etc), obtenus d’après des enregistrements originaux en studio, intégralement remasterisés.

« Ce spectacle comblera à la fois les jeunes générations qui ne l’ont pas connue et les amateurs d’opéra qui l’apprécient », explique celui qui a imaginé le spectacle : Stephen Wadsworth, directeur du département lyrique de la Juilliard School de New York et passé par plusieurs théâtres ayant accueilli La Callas (La Scala, le Met, Covent Garden). « Nous avons l’opportunité de rendre un hommage à l’une des plus grandes artistes du XXe  siècle et nous devons le faire avec le plus grand soin : de son répertoire incroyablement diversifié, à sa gestuelle inimitable en passant par sa relation compliquée avec le public. Nous sommes tous influencés par l’œuvre de Maria Callas. »

The Hologram Tour - samedi 1er décembre à 20h30 – Amphithéâtre 3000, 10 quai Charles-de-Gaulle. Tarifs à partir de 35 €.

La Callas, le mythe absolu de la diva

Sophie Cecelia Kalos, dite Maria Callas, représente exactement l’idée que l’on se fait d’une diva : un talent hors-norme (à l’aise sur trois octaves), une vie privée mouvementée, une artiste adulée autant que décriée, des caprices et des colères historiques. Fille d’immigrés grecs installés à New York où elle est née en 1923, elle souffrira longtemps d’un physique ingrat qu’il lui coûtera beaucoup d’améliorer (elle perdra trente kilos en deux ans) mais l’extraordinaire puissance et agilité de sa voix, sa capacité à tout chanter, bouleversera les codes habituels de la scène lyrique, la propulsant au sommet. Dans les années soixante, sa voix s’essouffle, Maria Callas est alors totalement prise et éprise dans une relation sans avenir avec le milliardaire grec Aristote Onassis, qui ne l’épousera jamais. Lorsqu’elle meurt à Paris en 1977, cela fait plus de dix ans qu’on ne l’a plus vue à l’opéra.

Warner Classics est l’éditeur historique du catalogue Callas. Une sortie d’un disque des airs du concert est prévue.

Françoise MONNET

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