CALUIRE-ET-CUIRE Histoire: qui était réellement la sœur Vially ?

D’après tableau huile sur toile de J. Keller, 1824, Musée des Hospices civils de Lyon.  Photo Joséphine BICHAT
D’après tableau huile sur toile de J. Keller, 1824, Musée des Hospices civils de Lyon. Photo Joséphine BICHAT

Contrairement à ce qui se dit et s’écrit, la sœur Vially n’avait pas pour habitude d’emprunter le chemin qui porte son nom pour se rendre à des rendez-vous galants.

À Caluire, le nom de sœur Vially apparaît deux fois. C’est d’abord la montée reliant celle de la rue de Margnolles au cours Aristide-Briand. Et c’est également le nom de l’un des arrêts de bus de la ligne C13. L’historienne caluirarde Maryannick Lavigne-Louis, nous a raconté la vie de cette soeur.

Louise Vialis, nom transcrit postérieurement sous la forme Vially, est le premier enfant de François Vialis, fabricant de soie et héraut d’armes, et de Jeanne Dareste, née le 15 mars 1707. Tout juste âgée de 21 ans, elle entre au service des pauvres de l’Hôtel-Dieu de Lyon en mai 1728. En août 1729, elle devient “sœur croisée” de l’hôpital général de Notre-Dame-de-Pitié du Pont du Rhône, de la communauté des Sœurs hospitalières de Lyon. Celles-ci ne prononcent pas de voeux solennels et conservent leur patrimoine qu’elles gèrent à leur gré. D’après Claude Pouteau (1725-1775), célèbre chirurgien, la soeur Vialis était à la tête de la pharmacie de l’Hôtel-Dieu.

Une généreuse donation à l’hôpital Notre-Dame-de-Pitié

Elle est décédée en mars 1783 à l’âge de 76 ans, laissant aux pauvres de l’hôpital un legs de 3 000 livres, équivalent à près de 34 000 €, et à l’hôpital l’argent comptant qui lui restait, soit l’importante somme de 6 075 livres (1). De toute évidence, la religieuse Louise Vialis a marqué son époque par sa générosité et son dévouement à la commune de Caluire-et-Cuire qui a su lui reconnaître.

(1) Testament du 20 février 1783, Dalier notaire, ADR 3 E/3876.

Pourquoi Louise Vialis a-t-elle donné son nom à une rue ?

/ Photo carte postale de la collection Bernard Thivoyon
/ Photo carte postale de la collection Bernard Thivoyon

La montée de la sœur-Vially serpente sur la balme du Rhône, pour rejoindre le cours Aristide-Briand, depuis la rue de Margnolles. Elle traversait autrefois le domaine du Grand-Biché (ou Bichet, mesure de grains lyonnaise). La maison de maître, située dans la partie haute et aujourd’hui disparue, était au XVIIIe  siècle la propriété de Louise Vialis.

Après son décès, son neveu Jean-Baptiste de Boissieu, l’un des fils de sa sœur Antoinette, médecin comme son père Louis et frère du grand artiste Jean-Jacques de Boissieu, a hérité du domaine qui est resté dans la famille jusqu’en 1876. Peu après, le chemin a pris le nom de “sentier Vially” puis celui de “montée de la sœur-Vially”. Il est très probable que la religieuse avait déjà autorisé les piétons à emprunter ce raccourci dès le XVIIIe  siècle.

Après l’aménagement du chemin de Saint-Clair, dans les années 1780, les terrains du Grand-Bichet situés en bordure de la nouvelle route, avaient été vendus et construits.

Au début du XXe  siècle, la montée de la sœur-Vially débouchait sous le porche d’une maison, qui a été démolie (cf. carte postale).

NOTE Propos issus des recherches réalisées par Maryannick Lavigne-Louis.

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