Lyon La fabuleuse collection de siphons de Frédéric Nortier

Frédéric Nortier pose devant une partie de sa collection, dans son appartement croix-roussien.  Photo Maxime JEGAT
Frédéric Nortier pose devant une partie de sa collection, dans son appartement croix-roussien. Photo Maxime JEGAT
Photo Maxime Jegat
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Frédéric Nortier pose devant une partie de sa collection, dans son appartement croix-roussien.  Photo Maxime JEGAT Photo Maxime Jegat Photo Maxime Jegat Photo Maxime Jegat Photo Maxime Jegat Photo Maxime Jegat Photo Maxime Jegat

Le Lyonnais Frédéric Nortier s’est pris au jeu : après avoir collecté des siphons (800), il a écrit un bel ouvrage sur leur histoire. Il le présentera ce dimanche 25 novembre aux Puces du Canal.

Quand on aime, on ne compte pas. Frédéric Nortier a passé une quinzaine d’années à collecter des objets, se documenter et écrire La fabuleuse épopée des siphons à eau de Selz. Il a mis deux ans à trouver un éditeur (le bien nommé livredart ). Et le voici enfin ce bel ouvrage de 320 pages, doté de plus de 600 illustrations (en majorité réalisées par l’auteur). Du lourd : plus d’un kilo.

Un premier flacon en 1994

Tout commence vers 1994. Charmé par l’univers bistrot, le Croix-Roussien acquiert un premier flacon bleu torsadé qui orne son bar pendant des années… Jusqu’au jour où il est intrigué par un Seltzogène à deux cavités, dans un restaurant de Saint-Rémy-de-Provence. Ce conseiller en ressources humaines décide d’en savoir davantage à partir de catalogues, publicités, échanges avec des passionnés. Puis, il se prend au jeu et se constitue un bel ensemble (800 pièces aujourd’hui). Et quand il réalise qu’il n’existe pas d’écrits détaillés sur le sujet, il se lance dans ce vaste projet, à la faveur d’une pause professionnelle de quelques mois.

Pharmaciens en conflit

Quelle est donc l’origine de cet objet ? « Dans les années 1830, face aux épidémies de choléra, on s’aperçoit que les gens qui s’hydrataient avec des eaux saines s’en sortaient mieux. Or la gazéification est le premier procédé pour purifier l’eau ».

Un conflit oppose les pharmaciens qui tiennent à leur monopole de poudres (de Seltz, du nom d’une source allemande qui fait référence) et les ingénieurs qui veulent populariser la fabrication et la consommation d’eau gazeuse artificielle.

« Cette production est un grand fleuron de l’industrie française. Cette dernière a créé les premiers siphons. Et les plus beaux, qu’elle présentait aux expositions universelles ». Les carafes vont s’alléger et s’affiner, leur utilisation va se simplifier pour entrer dans les univers domestiques.

Le génie créatif des verriers

« On parlait beaucoup de l’eau, mais jamais des artisans », relève Frédéric Nortier, très sensibilisé aux aspects techniques par un père robinetier. Ce livre rend hommage au génie créatif des maîtres verriers. Et donne tout son sens à la réflexion de Guy de Maupassant, mise en exergue : « Je plains ceux qui ne connaissent pas cette lune de miel du collectionneur avec le bibelot qu’il vient d’acheter ».

Dédicace dimanche


- La fabuleuse épopée des siphons à eau de Seltz de Frédéric Nortier, 320 pages et 675 photos. 49 €.

- Signature de l’auteur : dimanche 25 novembre de 8 h 30 à 12 h 30 aux Puces du Canal, 3 rue Eugène-Pottier, à Villeurbanne. Dans le stand Virgin Gallery, bâtiment l’école, Porte S, (au fond).

« Les jeunes achètent des siphons pour l’effet décoratif »

A l’occasion de la signature du livre de Frédéric Nortier dans son stand des Puces du Canal (lire par ailleurs), Virginie Pantanella vendra quelques siphons anciens. « On trouve encore 2 ou 3 pièces exceptionnelles par an, une dizaine de facture plus courante », confie-t-elle. 

Les vrais collectionneurs sont peu nombreux et âgés, observe celle qui a débuté à la Cité des Antiquaires de Villeurbanne. « Les jeunes en achètent quelques-uns, non pour l’aspect technique ou la beauté de l’objet, mais pour la décoration : ils les posent sur un bar, un comptoir, dans une cuisine américaine, ils correspondent au goût actuel pour le mobilier industriel ».

Il faut prévoir entre 30 et 50 € pour un flacon courant, autour de 100 €, au moins pour un modèle plus rare. « Autrefois, on les récupérait dans les bistrots anciens, mais aujourd’hui, les commerçants qui rachètent ces établissements les gardent pour conserver une déco authentique. »

Isabelle BRIONE

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