Métropole Publicité : un encadrement harmonisé

La loi prévoit la possibilité de financer les travaux grâce à la publicité sur les bâches de chantier. Reste à savoir ce que prévoira le futur RLP métropolitain en termes de dimensions.  Photo Fabrice DUFAUD
La loi prévoit la possibilité de financer les travaux grâce à la publicité sur les bâches de chantier. Reste à savoir ce que prévoira le futur RLP métropolitain en termes de dimensions. Photo Fabrice DUFAUD

La Métropole est en train de concocter un règlement local de publicité (RLP) harmonisé. Le document encadrera l’impact visuel de la publicité dans l’espace public des 59 communes à partir de 2020.

« Garantir un cadre de vie de qualité tout en développant l’attractivité métropolitaine » : voici le défi que s’impose la Métropole pour établir son règlement local de publicité (RLP).

Ce document légal sera appliqué uniformément, dès 2020, aux 59 communes du territoire. Le RLP harmonisé fixera des règles fixées à partir du code de l’environnement. À Lyon, le RLP actuel date de 2001. Autour, seules 41 autres communes possèdent leur propre RLP. Les 17 restantes dépendent du règlement national, qui sert de socle à ce nouveau dispositif.

La fin des 4x3

À Lyon, le territoire est découpé en trois zones, plus ou moins strictes. Ainsi, le Vieux Lyon, la place Bellecour et l’île Barbe sont préservées et le resteront.

Partout ailleurs, la dédensification est bien le mot d’ordre. L’impact visuel devrait être limité par une dimension des gabarits de certains panneaux. Le dispositif prévoit la disparition des panneaux de 12 m², les fameux 4 par 3. Les supports traditionnels devraient être limités à 8 m². Les panneaux numériques ne devraient pas dépasser les 6 m².

Si les panneaux lumineux ou numériques ne peuvent pas légalement être interdits, leur gabarit pourrait bien être restreint et leurs lieux d’implantation devraient être étudiés en fonction du contexte.

Valoriser le commerce de proximité

La Métropole indique vouloir « intégrer qualitativement les enseignes : valoriser la visibilité du commerce de proximité dans la Presqu’île et le bas des pentes fait partie des orientations. La mutualisation de dispositifs, à l’image des totems, est également dans l’air du temps.

À l’instar des communes concernées, la Ville émettra un avis sur ce RLP intercommunal lors du conseil municipal du 19 novembre. Une concertation publique s’était ouverte en janvier 2018. Des discussions sont toujours en cours avec quatre syndicats professionnels et huit associations.

Le public peut consigner ses observations à : concertation.rlp@grandlyon.com

« On veut moins de pub et plus d’arbres »

Le collectif Plein la vue participe aux réunions de concertation avec la Métropole. Ce groupement de citoyens, par l’intermédiaire de Chloé Vasset, dénonce un RLP « peu ambitieux ».

« Quelles sont vos revendications ?

« Nous voulons moins de pubs et plus d’arbres. Notre pétition a recueilli 13 000 signatures sur Change.org. Nous aimerions vivre dans une ville plus jolie. Les affiches lumineuses sont dangereuses pour la santé, notamment celle des enfants, à cause de la lumière bleue. De plus, les publicités affichées sont souvent sexistes. Les jeunes filles pensent qu’il faut faire du 34 et entretiennent des complexes. Généralement, ces pubs mettent en avant des grandes marques, au détriment des commerces locaux. »

Vous sentez-vous entendus ?

« Rien n’est encore écrit, mais les enseignes lumineuses devraient être éteintes entre 23 h et 6 h, voire dès la fermeture des magasins. Malheureusement, on constate que globalement, les publicitaires assistant aux ateliers de concertation, semblent bien plus écoutés que les signataires de notre pétition. On pensait pouvoir bénéficier de plus de soutien de la part de Patrick Véron, le vice-président de la Métropole chargé du dossier. »

De quels autres moyens d’action disposez-vous ?

« Nous avons accroché des messages naïfs et humoristiques pour couvrir des panneaux. Mais nous n’avons jamais rien dégradé. Nous souhaitons être constructifs. »

Quels sont les points qui vous déçoivent ?

« Dans le projet qu’on nous a présentés, nous regrettons clairement le recul sur les bâches de chantier qui seront acceptées. Malheureusement, leur taille ne sera pas réduite. »

Fabrice DUFAUD

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