Patrimoine Après les fouilles, les travaux de l'esplanade de Fourvière redémarrent enfin

Voilà à quoi ressemblera le nouveau pavillon d’accueil du site de Fourvière, dont les travaux ont débuté la semaine dernière. Photo Fondation de Fourvière
Voilà à quoi ressemblera le nouveau pavillon d’accueil du site de Fourvière, dont les travaux ont débuté la semaine dernière. Photo Fondation de Fourvière

Commencés en octobre 2017, les travaux de l’esplanade de Fourvière ont pris près de dix mois de retard. En cause, une série de découvertes archéologiques dans les sous-sols. Le chantier vient de reprendre.

L’aqueduc du Gier débouche sous l’esplanade de Fourvière. C’est l’une des découvertes que les archéologues ont faites en explorant le sous-sol des abords de la basilique. Des fouilles rendues nécessaires par le lancement en octobre 2017 d’un vaste projet de réaménagement du site.

Le vaste chantier a pu reprendre avec un retard «de six à dix mois» selon Philippe Demarescaux, président de la Fondation de Fourvière : «Les Romains ont fait de la résistance», s’amuse-t-il.

La Maison des Chapelains (où se trouvent le Café de Fourvière et les bureaux de la Fondation) et la halte des Pèlerins avaient été livrées. Les travaux du pavillon d’accueil et du Belvédère ont donc enfin débuté la semaine dernière.

Le premier devrait être livré en avril 2019. «Ce sera la tour de contrôle pour orienter les quelque 2,5 millions de visiteurs qui fréquentent le site chaque année», explique le président de la Fondation, qui décrit un lieu vitré, comportant un accueil, un espace de documentations et un guichet pour les visites : «Les découvertes archéologiques nous ont obligés à déplacer les sanitaires sous le Belvédère. Le pavillon sera uniquement en surface, mais son accueil augmenté.»

La boutique, l’espace de restauration rapide et, donc, les sanitaires du Belvédère seront livrés fin 2019.

Un surcoût de 500 000 €

Ces retards et la révision des plans ont un coût : environ 500 000 € sur un budget global qui avait été annoncé à 20 millions. Car le projet comprend aussi la rénovation de la Maison Carrée et la création d’un espace découverte en sous-sol.

Cette partie du chantier a débuté en septembre dernier. La première phase comprend la reprise des toitures, des menuiseries et des façades. Le lieu accueillera l’agrandissement du musée, des salles des réunions, un restaurant bistronomique du chef Guy Lassausaie, la halte des Pèlerins (salle hors sac) et, en étages, les logements des prêtres. Livraison prévue au printemps 2020.

La dernière phase, dont le début est programmé courant 2020, comprendra l’espace de découvertes situé sous l’esplanade. Philippe Demarescaux ne s’avance pas trop sur ce point : les sondages ont mis au jour de grandes dalles en pierre de 1 m². Les fouilles nous diront en 2019 ce qui se cache encore sous Fourvière.

Un nouvel appel aux dons

Côté finances [lire par ailleurs], la Fondation de Fourvière va relancer la souscription auprès des Lyonnais : sur les 1,7 million d’euros escomptés par cet appel aux dons, seuls quelque 20 % ont été collectés. Idem du côté des entreprises. Le mécénat devait rapporter 5,4 millions. Pour l’instant, 4 millions sont rentrés, mais les démarches se poursuivent. La Fondation finance 3,3 millions sur ses fonds propres et grâce au recours à l’emprunt.

Fourvière dispose d’un site internet refait à neuf (www.fourviere.org). Plus simple, il propose toutes les informations utiles aux touristes, aux promeneurs et aux fidèles, ainsi que la programmation de nombreux événements. Il est possible de s’y inscrire pour rejoindre les 350 bénévoles de la Fondation (l’objectif est d’arriver à 500) ou soutenir financièrement le projet.

«La Métropole manque à l’appel»

Président de la Fondation de Fourvière, Philippe Demarescaux a fait ses comptes. Le budget des travaux du site de Fourvière est estimé à 20 millions d’euros. S’il en a trouvé la moitié auprès de la Ville de Lyon, de l’État, de la Région et du Diocèse, il pointe du doigt un absent : «La Métropole manque à l’appel. Ils nous ont demandé d’intégrer à nos visites le musée gallo-romain qui plafonnait à 100 000 visiteurs par an. On va coopérer mais on aimerait bien une compensation financière pour notre projet.» Parmi les compétences de la Métropole, on trouve le tourisme… L’appel est donc lancé.

Jean-Christophe MORERA

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