FOOTBALL Les supporters des féminines de l’OL font trop de bruit pour les riverains

Pour les riverains, l’utilisation d’un mégaphone ne devrait être autorisée que pour les matches à l’intérieur du Groupama stadium. Au centre d’entraînement, ils estiment que la tribune n’est pas configurée pour absorber le son. Photo Maxime JEGAT
Pour les riverains, l’utilisation d’un mégaphone ne devrait être autorisée que pour les matches à l’intérieur du Groupama stadium. Au centre d’entraînement, ils estiment que la tribune n’est pas configurée pour absorber le son. Photo Maxime JEGAT

Un Décinois craque les jours de match de l’équipe féminine de l’Olympique lyonnais. Dans le collimateur, le bruit des tambours et du mégaphone.

« On passe outre les cris des supporters. Mais entendre les tambours et leur mégaphone, c’est insupportable. » André, riverain de la rue Marceau, l’a eu mauvaise samedi 3 novembre, à l’occasion de la 9e journée de championnat de D1 féminine. La rencontre opposait à domicile les filles de l’Olympique lyonnais à Dijon.

"Tout devait se jouer dans le Grand Stade : lui est configuré pour, car il retient le bruit"

Comme à l’accoutumée, le score a été sévère pour leurs adversaires : 5-0. Dans le public qui se rassemble dans la grande tribune de 1500 places du centre d’entraînement, un bon millier de spectateurs avait pris place. Forcément cela a fait du bruit. « On est déjà monté au créneau contre ces matches à l’extérieur de l’enceinte du Groupama Stadium. Il n’a jamais été dit qu’il y en aurait sur les terrains annexes. Tout devait se jouer dans le Grand Stade : lui est configuré pour car il retient le bruit », argumente André.

Le riverain va encore plus loin dans son propos. Pour lui, jouer des matches sur ces terrains du centre d’entraînement est tout bonnement illégal.

Le bruit oscille, en fonction du vent

Reste que ce n’est pas à chaque match que les plaintes remontent. « Parfois, on entend que le brouhaha. D’autres jours, il y a le matériel qui va avec. Comme le samedi 3. On avait pourtant convenu avec l’OL, par l’intermédiaire de la mairie de Décines, d’un certain nombre de choses. Pour nous, si on n’a pas de souci avec la municipalité, qui nous a toujours aidés, on a en revanche l’impression que l’OL tente de remettre en cause ces choses, comme si elle testait la lassitude des habitants du secteur. »

Le bruit n’est pas entendu de partout. Il se concentre sur les Ruffinières, la rue Marceau, le secteur Jacques-Brel. « Mais en fonction du vent, cela peut aller au-delà du Mollard. Quand il y a le vent du Nord, cela porte beaucoup » assure André.

Et si l’on dit à l’habitant qu’il pourrait s’accommoder, la réponse fuse : « Ce n’est pas acceptable. Jouer sur les terrains d’entraînement ces matches n’a jamais été évoqué dans les enquêtes publiques. Si cela avait été le cas, il y aurait eu une étude d’impact et le Plan local de l’urbanisme aurait reçu un avis défavorable ».

"Il faut que le club comprenne le problème des riverains"

André souhaite qu’une nouvelle réunion soit organisée par la mairie avec l’OL. « On en a déjà fait trois. Le problème est connu de l’Olympique lyonnais. Il faut que le club comprenne le problème des riverains ».

Contacté, le groupe de supporters OL Ang’Elles juge qu’une interdiction totale (tambour et mégaphone) manquerait de « respect » à l’OL et son équipe féminine.

La mairie plaide pour l’interdiction totale

À la suite des doléances d’André, la mairie de Décines a contacté l’OL. « On veut que l’interdiction soit totalement respectée. On va même plus loin, on souhaite aujourd’hui que l’interdiction soit totale ». Un courrier va être transmis au club.

« La tranquillité publique doit être respectée. On ne peut plus tolérer d’engins sonores au centre d’entraînement ».

La ville sait que cela va entraîner l’ire des kops de supporters, comme en février dernier, après une rencontre en soirée contre Montpellier. « Le bruit avait été intolérable. On était intervenu. Les mesures d’aujourd’hui datent de cette époque. À la suite, les supporters avaient manifesté leur colère (1). On l’entend, mais il y a en face des riverains excédés », assène la municipalité.

Le club aurait commandé une étude d’impact sur le bruit généré par le centre d’entraînement. Dont les résultats feraient apparaître un niveau non répréhensible.

(1) Les supporters avaient notamment expliqué que « lancer le ahou sans percussion, c’est juste ridicule ».

« On ne peut pas enlever tous ses attributs au supporter »

À l’OL, on confirme que le problème du bruit généré pendant les matches des féminines, est identifié. « On a déjà beaucoup discuté avec la mairie. On a établi des règles transmises aux supporters », explique le club, évoquant une interdiction d’emmener les tambours pendant les matches en semaine.

Seule leur utilisation est autorisée le samedi après-midi. Quant au mégaphone, il ne peut être utilisé que le dimanche jusqu’à 18 heures. « On comprend que cela génère des nuisances, mais c’est l’activité qui le veut », plaide le club. L’Olympique lyonnais ne compte d’ailleurs pas revenir sur ce qui a été discuté. « Il est hors de question que l’on interdise les tambours et le mégaphone. Les supporters des féminines encouragent leur équipe dans un esprit bon enfant. Ils se comportent bien. On ne peut pas les brimer. » Mais le club reconnaît que le centre d’entraînement n’a pas les mêmes capacités acoustiques que le Grand Stade. « Si le Groupama est protégé, la tribune du centre est, elle, ouverte. Mais ce brouhaha ne dure qu’une heure trente, une heure quarante-cinq. On ne peut pas enlever tous ses attributs au supporter. On les a déjà bien limités », modère l’OL.

Christophe GALLET

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