MUSIQUE L’Orchestre national de Lyon triomphe à Berlin et à Leipzig

La Philharmonie de Berlin, salle mythique où tout musicien rêve de jouer un jour.  Photo Sven DARMER
La Philharmonie de Berlin, salle mythique où tout musicien rêve de jouer un jour.  Photo Sven DARMER
En tournée en Allemagne, L'ONL défend les couleurs de la musique française.  Photo Sven Darmer
En tournée en Allemagne, L'ONL défend les couleurs de la musique française.  Photo Sven Darmer
La Philharmonie de Berlin, salle mythique où tout musicien rêve de jouer un jour.  Photo Sven DARMER En tournée en Allemagne, L'ONL défend les couleurs de la musique française.  Photo Sven Darmer

Sous la houlette du chef Leonard Slatkin, la tournée allemande de l'ONL, en six étapes, a commencé sous les meilleurs auspices. Nous y étions.

Samedi 3 novembre, à la tombée de la nuit, Romain Chevalier, régisseur général de l’Orchestre national de Lyon (ONL), donne le départ au camion semi-remorque « frigorifique » qui quitte l’Auditorium. À son bord, à une température constante de 21 °C, les instruments et les tenues de scène des musiciens. Destination Berlin, première des six étapes de la tournée que l’ONL effectue jusqu’au 13 novembre en Allemagne, via les Pays-Bas.

Inutile de chercher le logo de l’orchestre sur les flancs du camion. Ce voyage de quelque 4 000 kilomètres s’effectue dans l’anonymat pour sécuriser le précieux chargement évalué à plusieurs millions d’euros. Les 98 musiciens, les techniciens et le personnel administratif d’accompagnement ont embarqué de leur côté dans un vol régulier pour la capitale allemande. Avec eux, un groupe de supporters, une quinzaine de membres de la Fondation de la Philharmonique qui a contribué à financer cette tournée.

« Maintenant, je peux mourir »

La Philharmonie de Berlin, tous les musiciens en rêvent. Un peu comme un footballeur rêve de jouer au Camp Nou de Barcelone, aux stades Santiago-Bernabéu à Madrid ou Old Trafford à Manchester. Fouler cette scène prestigieuse, s’asseoir sur les chaises habituellement occupées par les meilleurs instrumentistes du circuit classique, ressentir l’atmosphère de la salle, affronter l’oreille d’un public exigeant qui a l’habitude de voir défiler les meilleures phalanges mondiales…

À l’issue du concert, l’un des musiciens nous confiait même : « Maintenant je peux mourir ». Sans aller à de telles extrémités, les plus jeunes avaient du mal à cacher leur émotion, les plus anciens la joie d’une reconnaissance qui replace l’ONL dans le club des grands orchestres européens. La deuxième étape, au Gewandhaus de Leipzig, ville sur laquelle plane l’ombre de Bach, l’émotion est tout aussi perceptible, mais les coudées plus franches. Tous saluent l’acoustique de la salle qui accueille Georges Képénékian, premier adjoint de la ville de Lyon, et Loïc Graber, adjoint à Culture, venus dans le cadre du jumelage qui unit les deux cités et le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre.

Dans les plus grandes salles de concert d’Europe

Et la musique dans tout cela ? Triomphe à Berlin, ovation debout à Leipzig. Le programme démarre sur le poignant Adagio de Barber, suivi du célèbre Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov et, en deuxième partie, du Tombeau de Couperin de Ravel, des Tableaux d’une exposition de Moussorgski/Ravel, à Berlin, et de La Mer de Debussy à Leipzig. En grande forme, le chef Leonard Slatkin a sollicité le meilleur de ses troupes, dirigeant par cœur l’ensemble du programme, à l’exception du concerto. Il faut dire que la fantasque et imprévisible pianiste Kathia Buniatischvili lui a donné du fil à retordre. Mais le maestro a montré qu’il avait du métier.

Après le Concertgebouw d’Amsterdam, il y a trois ans, la Philharmonie de Berlin et le Gewandhaus de Leipzig, il manque le Musikverein de Vienne au tableau. L’ONL aura alors joué dans les quatre plus grandes salles de concert européennes.

Antonio MAFRA

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