Musique Quand Lyon était la capitale du rock

Electric Callas, so chic sur la scène de la salle Molière, le 10 avril 1980.  Photo d’a rchives Le Progrès
Electric Callas, so chic sur la scène de la salle Molière, le 10 avril 1980. Photo d’a rchives Le Progrès

Une foison d’événements célèbre quarante ans de musiques actuelles sur les scènes lyonnaises. Des difficiles années punk aux nouvelles salles régionales, avec une scène locale toujours hyperactive.

Une conférence de presse de l’adjoint à la Culture du maire de Lyon qui commence par une chanson d’Electric Callas et se conclut par un titre de Starshooter : les temps changent, comme dit la chanson (de Bob Dylan).

U2 ou The Cure

Car c’est de cela qu’il s’agit : de la glorieuse époque des groupes lyonnais de la fin des années soixante-dix, de leurs difficultés à jouer et à se faire entendre, et de la naissance d’un mouvement qui a permis l’éclosion du Transbordeur, des Nuits Sonores, du Reperkusound ou de L’Épicerie moderne. Une trajectoire de quarante ans qui a offert la possibilité aux musiques actuelles d’avoir une réelle visibilité.

À Lyon, l’épopée punk avait vu naître un triumvirat de groupes, tous issus du lycée Saint-Exupéry : Starhooter, Marie et les Garçons et Electric Callas. Dans leur sillage, une flopée de formations avait émergé et une scène locale avait valu à Lyon un titre éphémère de «Capitale du rock». Dans le même temps, un disquaire (Music Land, rue Mercière), des salles de concerts (Rock n’Roll Mops, West- Side, puis Le Glob ou Pez Ner) et des radios (Joufflu, Bellevue) avaient permis à un public de se retrouver et d’avoir accès à ces nouveaux talents.

Mais l’époque n’était pas facile : la mairie craignait d’accueillir des concerts de rock dans les salles municipales, les clubs de rock avaient des contraintes impossibles et les fans devaient aller en bus à Vaulx-en-Velin pour découvrir U2, Jonathan Richman ou The Cure. Des concerts organisés grâce au bureau des élèves l’école d’ingénieurs, mené par Emmanuel de Burretel, qui deviendra le patron de Virgin, puis le créateur de Because (Christine and the Queens, Justice, etc.)

Si les rockers ont une qualité, c’est bien l’opiniâtreté. Ces décennies de projets divers ont permis à Lyon de devenir une place forte des musiques actuelles : du Transbordeur à La Halle, de L’Épicerie moderne au Marché-Gare, en passant par les festivals Nuits Sonores ou Nuits de Fourvière, la ville accueille une programmation soutenue, qui aurait fait rêver les générations des seventies. À l’époque, un concert dans la semaine était déjà un événement…

Une scène locale en ébullition

Ces scènes profitent évidemment aux musiciens locaux. Après une génération dub (Peuple de l’Herbe, High Tone) dans les années 2000, la scène locale foisonne de projets dans tous les sens et le tournant numérique leur permet de s’affranchir de la dépendance des maisons de disques et des décisions parisiennes. Même si le nombre d’élus parmi les groupes en lice est toujours aussi mince…

Des concerts, des expos, des rencontres…

Expositions

➤ « Les Nouveaux Sauvages», avec Radio Bellevue, à La Taverne Gutenberg, aux Halles du faubourg (5, rue de l’Épée, Lyon 3e ), jusqu’au 11 novembre.

➤  «Foules sentimentales - derrière les murs du Marché-Gare», par la photographe Marion Bornaz, sur les concerts de 2015 à 2018, sur le chantier de rénovation du Marché-Gare (34, rue Casimir-Périer, Lyon 2e ), jusqu’au 30 septembre 2019.

➤  Affiches de concerts du Grrrnd Zéro (2015-2017), par le graphiste Damien Grange, au Musée de l’imprimerie et de la communication (13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2e), du 16 novembre au 24 février.

➤  « Lyon capitale du rock - 1978-1983 », à la Bibliothèque municipale de Lyon, du 14 mai au 21 septembre 2019.

Concerts

➤  They Call me Rico & The Escape, au Périscope, le 14 novembre.

➤  20 ans du Festival Riddim Collision : trois soirées de concerts, partout dans Lyon, du 22 au 24 novembre.

➤  Soirée hip-hop avec le collectif lyonnais L’Animalerie and friends et Médiatone, le 15 décembre, au Transbordeur.

➤  20 ans d’Arty Farty (Nuits sonores), à l’Auditorium de Lyon, les 15, 16 et 17 mars 2019.

➤  En juin, le Lyon BD Festival reviendra sur quarante ans de musiques actuelles à Lyon… en bande dessinée. Certainement l’occasion d’évoquer les musiciens dessinateurs, comme Kent ou Hubert Mounier.

T. M.

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