POLITIQUE Gérard Collomb: «Nous pourrons rassembler demain comme nous l’avons fait hier»

Photo Stéphane GUIOCHON
Photo Stéphane GUIOCHON

C’était une formalité comptable -sa majorité est large au conseil municipal- qui n’a pas soulevé une vague d’enthousiasme. Lundi, l’ex-ministre de l’Intérieur, a raflé 41 voix des 49 suffrages exprimés, lui permettant d’être réélu pour la 4e fois maire de Lyon.

Vous voilà à nouveau maire de Lyon. Heureux ?

«Oui ! Retrouver Lyon est un vrai bonheur pour moi parce que j’aime passionnément cette ville, que j’aime passionnément ses habitants. Cela fait quelque temps, et un certain nombre d’intervenants de l’opposition l’ont souligné, que je suis au service de cette ville mais j’ai encore beaucoup d’énergie pour continuer à la servir.»

Et l’accueil des Lyonnais ?

«Chaleureux. Chaque fois que je me promène en ville les gens me disent “Bienvenue M. Collomb”, “Bon retour à Lyon”… Et ils me demandent de faire des selfies. C’est très émouvant. Venez avec moi et vous verrez quel est l’accueil des Lyonnais. C’est là le meilleur des sondages. Je suis toujours à l’écoute des personnes que je rencontre, parce que ce qu’ils vous disent vous apporte beaucoup sur la situation des différents quartiers. Et c’est en étant attentif à leurs propos que vous pouvez construire une ville.»

Certains dans l’opposition ont également souligné la longévité de vos mandats…

«Les Lyonnais jugeront. On célèbre cette année le centenaire de l’armistice : en 1918, l’année de la Victoire, où tout bascula, le président du conseil Clemenceau qui l’impulsa avait 76 ans. Il ne manquait pourtant pas de dynamisme.»

Lors de votre élection ce lundi, quelques voix vous ont manqué : comment l’expliquez-vous ?

«Comme vous l’avez vu, nos amis écologistes n’ont pas voté. Cela explique les différences de voix qu’il peut y avoir. Mais je ne désespère pas de les convaincre dans les prochains mois, que nous menons une politique profondément écologique. Une politique écologique qui n’est pas celle de la contrainte mais que j’appelle l’écologie du plaisir. Lorsque nous avons créé Vélo’v, Bluely, nous voulions donner à nos concitoyens un vrai bonheur d’habiter en ville. C’est cela la voie que nous voulons suivre. Nous allons par exemple consacrer dans le mandat prochain 1,9 milliard d’euros aux transports en commun et grâce à cet investissement construire une mobilité décarbonée. Je pense donc que nous pourrons rassembler demain comme nous l’avons fait hier.»

Avez-vous déjà entamé des discussions avec les Verts ?

«Je viens d’être réélu maire de Lyon. Et il y a les problèmes du quotidien des Lyonnais. C’est d’abord à ceux-là que je veux répondre. Pour le reste, on verra. Je ne vais pas commencer demain des discussions pour 2020. Entre mon élection de ce lundi et 2020, il se passera beaucoup de choses. Ce que je veux, c’est que la ville de Lyon et notre agglomération continuent à avancer, à la fois pour permettre aux habitants de notre ville d’y vivre encore mieux et aussi pour donner envie à d’autres d’y venir. Vous savez combien l’attractivité de notre ville est grande. Mais nous avons encore des marches à franchir pour nous situer définitivement parmi les grandes métropoles européennes. Et c’est cela pour moi la priorité. »

Vous avez publiquement rendu hommage à Georges Képénékian…

«Je veux dire ma gratitude à l’égard de Georges Képénékian. Ce qu’il a fait pendant que j’étais au ministère de l’Intérieur a été dans la continuité de ce que nous avions décidé ensemble. Et c’est grâce à lui que je suis là aujourd’hui, grâce à sa loyauté que je suis à nouveau maire de Lyon. Nous allons donc continuer à travailler très étroitement ensemble. Travailler aussi avec la Métropole parce qu’il est essentiel que ville de Lyon et Métropole puissent avoir un même projet, regarder dans une même direction.»

David Kimelfed a débarqué la semaine dernière deux de vos proches, piliers de son cabinet de la Métropole. Comment l’avez-vous vécu ?

«Je pense qu’il y a pu y avoir des moments de difficulté mais, pour moi, l’essentiel est de construire l’avenir, pas de regarder le passé».

Dans votre discours ce lundi matin, on a pu avoir l’impression que vous dressiez une feuille de route pour Lyon mais aussi pour la Métropole…

«Je suis au service de Lyon. Mais évidemment, Lyon n’est pas séparable du reste du territoire. Lorsqu’on habite dans le 5e arrondissement, comme moi, on va se promener de l’autre côté de la rue à Sainte-Foy-lès-Lyon ou à Tassin-la-Demi-Lune. Il est donc difficile d’organiser des frontières institutionnelles et de ne pas penser globalement. C’est ensemble, avec David Kimelfeld, que nous définirons le projet qui permettra de construire un bel avenir pour notre agglomération. J’ai toujours pensé que le présent doit se conjuguer au futur. Nous aurons des réunions régulières entre le maire de Lyon et le président de la Métropole pour travailler ensemble. Cela commencera dès les prochaines semaines.»

Plusieurs élus d’opposition ont souligné l’écoute de Georges Képénékian, allez-vous changer la méthode Collomb ?

«La période que je viens de vivre m’a fait prendre un peu de recul. Elle me permet aussi de mieux connaître la société française comme d’ailleurs beaucoup de pays du monde, d’avoir une conscience claire des défis qui sont devant nous. C’est avec cette expérience que je reviens à Lyon et croyez-moi, cette expérience, elle élargit votre vision, vous fait connaître les difficultés de votre pays comme ce qui peut lui permettre d’aller de l’avant.»

Donc il y aura plus d’écoute, plus de dialogue ?

«Oui, mais à la fin, il faut trancher. Donc évidemment quand vous tranchez, vous ne faites pas forcément l’unanimité. Je me souviens que sur un certain nombre de projets comme le Grand Hôtel-Dieu, il y avait de fortes oppositions. Depuis qu’ils ont été réalisés, chacun trouve que ce sont des réalisations magnifiques.»

Vous envisagez de donner plus d’autonomie aux arrondissements ?

«Nous verrons dans les temps qui viennent. Ce sera l’un des prochains débats. Je suis ouvert à tout mais ce qui compte, c’est ce qui est utile aux Lyonnais.»

Propos recueillis par Jean-Christophe MORERA

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