Société Les tags «nuisent à l’image» des Terreaux

La fontaine Bartholdi, récemment rénovée et située place des Terreaux, a été la cible de tagueurs.  Photo Jérôme MORIN
La fontaine Bartholdi, récemment rénovée et située place des Terreaux, a été la cible de tagueurs. Photo Jérôme MORIN

Les graffitis sont en train de se multiplier place des Terreaux et ses environs, selon le collectif Stop aux tags. Ce dernier invite la Ville à revoir son dispositif de lutte contre ces incivilités.

«Une recrudescence dramatique de tags et graffitis dans le secteur de la place des Terreaux» : c’est le constat dressé par le collectif lyonnais Stop aux tags, qui a alerté il y a quelques jours, la Ville de Lyon par courrier électronique.

Le contour de la fontaine Bartholdi, située sur la place des Terreaux, a notamment été visé. La rénovation de l’édifice, terminée en début d’année, avait coûté plus de 2,5 millions d’euros.

«Les lieux les plus touristiques ne sont pas mieux protégés»

Des façades d’habitations et de commerces sont aussi ciblées, au grand dam des trois membres actifs de Stop aux tags. «En plus de créer un sentiment de laisser-aller et d’insécurité, cette recrudescence de tags nuit à l’image de ce secteur emblématique de la ville. Bien que toute la métropole soit touchée par ce fléau, il est d’autant plus regrettable de constater que les lieux les plus touristiques, inscrits au patrimoine de l’Unesco, ne soient pas mieux protégés», regrette le collectif, qui invite la municipalité à revoir sa politique de lutte contre les tags.

Un effacement systématique exigé

Actuellement, commerçants et propriétaires d’habitations doivent souscrire au contrat Façade nette, mis en place par la Ville, pour bénéficier de l’intervention d’une entreprise spécialisée dans l’enlèvement des graffitis.

«Beaucoup n’ont pas de contrat puisqu’il est payant, ce qu’on trouve assez aberrant, pointe Romain, l’un des trois membres actifs de Stop aux tags. Sur les pentes de la Croix-Rousse aussi, on observe vraiment une recrudescence des tags. Il y a deux ou trois ans, il n’y en avait pas à ce point», cite-t-il en exemple.

C’est dans ce contexte que le collectif appelle de ses vœux à un effacement systématique des graffitis, mais aussi à davantage de vidéosurveillance et à une incitation aux dispositifs anti-tags (couche protectrice, végétalisation).

Sollicitée par notre rédaction, la Ville de Lyon n’a pas réagi dans l’immédiat aux propositions de Stop aux tags.

Le collectif a été créé par des guides bénévoles il y a trois ans, «à force d’entendre les touristes dire que Lyon est en moins bon état que la Suisse, l’Espagne ou que New York». Mais peu d’habitants prennent attache avec la structure pour signaler des graffitis. «Je n’ai pas l’impression que les commerçants sont vraiment inquiétés par le phénomène», regrette notamment Romain.

Jérôme MORIN

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