Social Le dispositif hivernal prévoit 1.200 places pour les SDF

350 places sont disponibles en gymnase dans le cadre du dispositif Grand froid. Celui-ci est activé lorsque les températures chutent au-dessous de 0 °C pendant plus de deux jours.  Photo Philippe VACHER
350 places sont disponibles en gymnase dans le cadre du dispositif Grand froid. Celui-ci est activé lorsque les températures chutent au-dessous de 0 °C pendant plus de deux jours. Photo Philippe VACHER

Le dispositif, qui est entré en vigueur ce 1er novembre, ressemble à celui mis en place à l’hiver 2017. 1.200 places sont disponibles pour les sans-abri dans le Rhône. L’ouverture ou non de la totalité, dépendra avant tout du thermomètre.

Dans le Rhône et spécialement dans la métropole lyonnaise, où se concentre l’hébergement d’urgence, le dispositif hivernal que détaillera mercredi le nouveau préfet du Rhône et de région prévoit 1.200 places, dont 850 dans des résidences ou logements gérés par des associations, et 350 en gymnase dans le cadre du dispositif Grand froid. Le Rhône dispose, en outre, de près de 5 700 places d’hébergement pérennes, permettant une réinsertion.

Les associations, parties prenantes, ont été reçues en Préfecture pour l’évoquer, et se retrouveront à l’occasion de points d’étape réalisés mensuellement pour évaluer la demande et les besoins.

Une ouverture le dimanche

Pour le foyer Notre-Dame des sans abri, pas de commentaire à apporter sur les capacités du dispositif hivernal, en revanche, l’association annonce augmenter l’amplitude horaire d’ouverture de ses accueils de jour. « Une ouverture le dimanche matin est également prévue. Elle permettra une mise à l’abri, mais aussi d’entamer des démarches d’insertion avec les travailleurs sociaux », souligne Sébastien Guth.

« On sent que la Préfecture, via la Direction départementale de la cohésion sociale, a pris la bonne mesure concernant la coordination des acteurs qui gèrent le dispositif et la nécessité de se réunir pour établir un état des lieux, évaluer nos besoins, nos difficultés », souligne Lucas Descourtis, directeur adjoint de la fondation Armée du Salut à Lyon.

Questionné sur l’état d’esprit des troupes à l’heure d’entamer une nouvelle campagne, ce dernier évoque une nécessaire préparation. « Nous anticipons sur tous les aspects : l’aménagement, la sécurisation, l’humanisation des lieux également. Nous ne travaillons pas dans l’urgence pour l’urgence. Nous organisons l’urgence. »

On se souvient, l’an dernier, de l’engagement pris par Emmanuel Macron de ne laisser personne dormir à la rue, qui avait créé un branle-bas de combat. Concrètement, sur le terrain, des places supplémentaires avaient été ouvertes de toute urgence début janvier, pour tenter de répondre à l’injonction.

Sans préjuger de l’hiver à venir, une mobilisation accrue au 115 et de la part des équipes assurant les maraudes, est déjà d’actualité.

Deux squats hébergent 300 personnes

La réalité des besoins est supérieure, estiment chaque année les associations, dont les propos sont corroborés par l’existence de campements plus ou moins visibles et de squats. Deux sont désormais emblématiques au sein de la métropole. Le premier, baptisé Amphi Z, s’apprête à fêter un an d’existence et à affronter un deuxième hiver. Le site en question, rue Baudin à Villeurbanne, d’abord propriété du SDMIS, depuis acquis par la Métropole de Lyon, héberge actuellement plus de 200 personnes, jeunes hommes et familles avec enfants.

Le second squat d’envergure a trouvé place dans l’ancien collège Maurice-Scève sur le plateau de la Croix-Rousse. Réquisitionné fin septembre par des libertaires et des associations, il abrite, lui, une centaine de jeunes, majoritairement des mineurs isolés. Pour ce squat, une expulsion immédiate a été demandée par la Métropole. Elle a été rejetée le 16 octobre par le juge des référés.

Dominique MENVIELLE

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