ECONOMIE Dans les coulisses de l’ouverture d’un 5 étoiles

La cour intérieure a été fermée par une verrière qui abrite désormais le grand salon du Boscolo. Photo Jean-Christophe MORERA
La cour intérieure a été fermée par une verrière qui abrite désormais le grand salon du Boscolo. Photo Jean-Christophe MORERA
Photo Jean-Christophe MORERA
Photo Jean-Christophe MORERA
Photo Jean-Christophe MORERA
Photo Jean-Christophe MORERA
Le lobby de l'hôtel.  Photo Jean-Christophe MORERA
Le lobby de l'hôtel. Photo Jean-Christophe MORERA
Les chambres du Boscolo.  Photo Jean-Christophe MORERA
Les chambres du Boscolo. Photo Jean-Christophe MORERA
Le grand salon du Boscolo.  Photo Jean-Christophe MORERA
Le grand salon du Boscolo. Photo Jean-Christophe MORERA
La cour intérieure a été fermée par une verrière qui abrite désormais le grand salon du Boscolo. Photo Jean-Christophe MORERA Photo Jean-Christophe MORERA Photo Jean-Christophe MORERA Le lobby de l'hôtel.  Photo Jean-Christophe MORERA Les chambres du Boscolo.  Photo Jean-Christophe MORERA Le grand salon du Boscolo.  Photo Jean-Christophe MORERA

Les premiers clients du Boscolo Exedra Lyon sont attendus mi-novembre. Nous avons pu découvrir ce nouvel hôtel 5 étoiles en avant-première et nous vous entraînons dans ses coulisses.

Quand on pousse la porte du Boscolo Exedra Lyon, on pose le pied en Italie. Le visiteur est accueilli par un imposant buste de César. Puis il découvre la décoration : marbre au sol, sur les murs, miroirs vénitiens finement travaillés, dorures, des livres de design attendent sur les tables basses… On entend parler italien, les sourires sont chaleureux, un risotto mijote dans les cuisines. C’est sûr, on vient d’être téléporté de l’autre côté des Alpes !

Certains diront que c’est trop typé. Mais c’est justement ce qui fait le charme et la singularité de cet hôtel : le concept a été joué à fond. « On veut être une façon d’ambassade de l’hospitalité italienne », explique d’ailleurs Roberto Boscolo, le fils du propriétaire, lui-même en charge de la gestion de cet établissement pour le groupe familial aux origines transalpines. Et ça fonctionne à merveille. Du lobby aux chambres, du grand salon au restaurant, c’est une image sincère de l’italianité dans toute sa grandiloquence.

L’hôtel avait fermé en 2013 avec 4 étoiles. Il va se réveiller avec une cinquième. Ce niveau de luxe nécessite un investissement conséquent, mais surtout un recrutement de haute volée. Le directeur du Boscolo, Hugues Bartnig, a fait le pari de la jeunesse, sans sacrifier l’expérience. Son recrutement pointu allie un tout jeune chef italien (qui s’apprête à passer dans un concours culinaire télévisé en Italie), un responsable de la restauration qui arrive du meilleur hôtel de Chine, une cheffe réceptionniste qui a fait ses armes à La Réserve, à Genève, ou une gouvernante générale issue des rangs du Majestic de Cannes.

Une partie du personnel est déjà en formation. Pour les préparer, quelques privilégiés ont déjà pu jouer les clients, testant ainsi la qualité des chambres et le service.

Jour après jour, l’hôtel se prépare. «Il n’y a pas de stress, plutôt une montée d’adrénaline. On est avec la famille, les amis, les employés dans ce moment d’excitation avant le lever de rideau», conclut Roberto Boscolo.

Point par point

La façade côté quai Jules-Courmont. Photo J-C MORERA
La façade côté quai Jules-Courmont. Photo J-C MORERA

Un hôtel centenaire

Si le bâtiment a été construit à la fin du XIXe  siècle, c’est en 1918 qu’il est devenu un hôtel. Sa renaissance, 100 ans après, permet de rappeler que le Grand Hôtel Concorde fut le premier à Lyon à proposer des salles de bains directement dans les chambres et à être doté d’un ascenseur !

Une ouverture en plusieurs étapes

Mi-novembre, l’hôtel Boscolo ouvrira partiellement. Des travaux se poursuivront dans les étages supérieurs. Il devrait être entièrement opérationnel en fin d’année. L’ensemble des services sera disponible petit à petit : le restaurant ouvrira fin décembre, le spa (situé en sous-sol) au début de l’année prochaine. Les deux, comme le bar, seront accessibles à une clientèle extérieure à l’hôtel.

Un recrutement essentiellement local

À terme, l’hôtel emploiera environ 45 personnes à temps plein, plus une quinzaine d’équivalents temps pleins chez des prestataires. Le recrutement de l’équipe managériale s’est effectué par approche directe et grâce au bouche-à-oreille. Pour les autres postes, le directeur Hugues Bartnig s’est rapproché de la Maison de l’emploi : « Nous avons été surpris par le nombre de candidatures. Grâce aux techniques de recrutement par simulation, les postulants ont été mis en situation. Au-delà de leur CV, nous avons pu juger de leur posture, de leur aptitude à l’empathie… »

Un design made in Italia

Proche de la famille Boscolo, avec qui son studio de design a travaillé sur de nombreux projets d’hôtel, l’architecte d’intérieur romain Maurizio Papiri a été appelé pour décorer l’établissement lyonnais. Un travail qui s’est fait en étroite collaboration avec Angelo Boscolo, féru d’art et grand défenseur de l’art de vivre italien.

Si vous voulez y aller…

L’hôtel propose des tarifs d’ouverture sur son site. Pour deux personnes, comptez 260 € la nuit, en chambre Superior (30 m² ). La Junior Suite de 45 m² est affichée à 660 €.

Une renaissance… à l’italienne

Dans le salon de l’hôtel, Roberto Boscolo (à gauche), qui gère l’hôtel pour le groupe familial, et l’architecte Giancarlo Munari, qui suit les travaux de restructuration de l’hôtel. Photo Jean-Christophe MORERA
Dans le salon de l’hôtel, Roberto Boscolo (à gauche), qui gère l’hôtel pour le groupe familial, et l’architecte Giancarlo Munari, qui suit les travaux de restructuration de l’hôtel. Photo Jean-Christophe MORERA

Mais qu’il fut dur d’en arriver là. Le Boscolo Exedra Lyon, c’est aussi une histoire de renaissance. À l’italienne, donc.

Le groupe Boscolo avait racheté le Grand Hôtel Concorde, son ancien nom, en 2002. Dès 2006, un grand projet avait été imaginé pour le site : ajout d’une coupole, création d’un rooftop, etc. Mais avec la crise de 2008, le projet est revu à la baisse. Des travaux commencent bien en 2012, mais les problèmes s’enchaînent : divergences entre les quatre frères Boscolo, multiples problèmes sur le chantier… Les travaux sont finalement arrêtés et l’hôtel ferme. « Nous n’avons jamais envisagé de vendre ce site », assure Robert Boscolo. Et c’est son père, Angelo, qui trouve la solution en 2016 : il rachète en fonds propres les hôtels Boscolo de Nice et de Lyon. En 2017, un nouveau permis de construire est déposé et les travaux reprennent, avec un projet certes moins grandiose, mais pas moins luxueux. Le budget des travaux est tout de même de 20 millions d’euros.

«Il existait déjà un projet. Nous nous sommes donc appuyés sur ce travail et nous l’avons adapté aux exigences de 2018», affirme l’architecte Giancarlo Munari, qui assure la gestion de la reconversion du site. Grand ami des Boscolo, avec qui il collabore depuis vingt ans, il a voulu « comprendre l’ambiance du lieu, de la ville » et s’est entouré de collaborateurs lyonnais. « Nous pensons toujours au client : que va-t-il penser en rentrant ? De quoi aurait-il besoin ? Même dans la dernière ligne droite, nous améliorons encore des détails ! »

«Lyon est une belle ville, très jeune, très dynamique. On y vit bien, dans un rythme moins frénétique qu’à Paris. Nous nous positionnons sur le très haut de gamme et on est convaincu que tout le monde va en bénéficier : commerces, restaurants, services, etc.», estime Roberto Boscolo.

Jean-Christophe MORERA

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