Transports Ces applis qui révolutionnent l’offre de stationnement dans l'agglomération lyonnaise

À Villeurbanne, les start-up gèrent aujourd’hui près d’un millier de places.  Photo DR
À Villeurbanne, les start-up gèrent aujourd’hui près d’un millier de places. Photo DR

Trouver une place de parking près de chez soi ou de son travail, c’est désormais simple comme trois clics. Sous l’impulsion de plusieurs start-up, le marché du stationnement privé, inexistant il y a encore trois ans, est en plein boom à Villeurbanne.

Elles s’appellent Yespark, Bepark Onepark ou encore Zenpark. Ces applications mobiles (et Internet, pour la plupart) sont en train de révolutionner l’offre de stationnement privé, à Villeurbanne comme dans toute l’agglomération lyonnaise. Leur concept : proposer à tout utilisateur une place de parking proche de son domicile ou de son lieu de travail, à un tarif des plus compétitifs.

Inexistant il y a encore trois ans, le marché explose aujourd’hui. La raison ? L’effet conjugué de deux facteurs : la difficulté accrue de se garer sur l’espace public et le nombre important de places vacantes dans certains lieux privés. « Au sein des logements sociaux, près d’une place sur trois est aujourd’hui inoccupée, notamment parce que la loi oblige les bailleurs à créer un quota d’emplacements et que tous leurs locataires n’ont pas de voiture », décrit Thibaut Chary.

Clients, opérateurs, bailleurs sociaux, « tout le monde est gagnant »

Lui et son associé Charles Pfister ont créé Yespark, en 2014. Travaillant exclusivement avec les bailleurs sociaux, ils sont devenus les leaders du marché, à Villeurbanne, avec près de 450 emplacements proposés, au sein de 19 parkings souterrains. «Nous sommes présents ici depuis août 2016, reprend le chef d’entreprise. Villeurbanne est une ville à fort potentiel car il y a, justement, beaucoup de résidences sociales. Et puis, il y a une forte demande pour le stationnement, encore plus depuis le 1er janvier et la hausse du prix des PV. Sur les quatre mois qui ont suivi cette hausse, nous avons gagné 26 % d’abonnés».

Aujourd’hui, Yespark revendique un taux de location de 75% sur ses 450 emplacements villeurbannais, «un très bon taux». «Pour le client, c’est très rapide et très souple, assure le chef d’entreprise. Nous louons la place au mois, sans engagement et sans préavis». Chez Bepark, l’engagement minimum est de trois mois. Onepark et Zenpark, eux, proposent également des places à l’heure, à la journée ou à la semaine. Dans la plupart des cas, les tarifs sont indexés sur ceux payés par des locataires “normaux”, avec simplement l’ajout de la TVA.

De leur côté, après quelques mois de test, les bailleurs sociaux ont, dans leur quasi-totalité, adhéré au concept. Récupérant entre 50 et 70 % du prix de chaque emplacement, l’intérêt, pour eux, s’est vite révélé évident. « Dans un contexte difficile, où nous devons notamment compenser la baisse des APL, c’est une rentrée d’argent bienvenue », souligne-t-on chez Sollar. «En outre, nos parkings sont moins vides, il y a de la vie et cela fait significativement baisser les incivilités», relève-t-on chez CDC Habitat. «Nous aurions pu louer nous-mêmes, mais ce n’est pas notre cœur de métier, note pour sa part Est Métropole Habitat. En passant par des sociétés extérieures, tout le monde est gagnant».

Les différents acteurs l’ont bien compris. Outre les bailleurs sociaux, de plus en plus d’hôtels ou supermarchés cèdent désormais des emplacements… Attirant des opérateurs toujours plus nombreux. Lyon Parc Auto ou Nomad, par exemple, cherchent à s’implanter à Villeurbanne. L’essor du stationnement privé ne fait sans doute que commencer.

Comment ça marche ?

Si les applications n’offrent pas toutes les mêmes services (parking à l’heure ou au mois, par exemple), toutes ont un fonctionnement quasi similaire. Après téléchargement sur son mobile, il suffit de taper l’adresse voulue pour trouver le parking de son choix. Le territoire villeurbannais est bien maillé, avec, déjà, actuellement, près d’un millier de places concédées aux différentes start-up. Les prix varient selon le quartier, le confort et la durée choisis. Pour la location mensuelle d’un parking souterrain en centre-ville (offre la plus demandée), il faut compter, en moyenne, 60 €. Dans chacun de ces parkings, la société qui loue a installé un petit boîtier permettant une commande à distance depuis son téléphone. Quelques clics suffisent alors pour ouvrir le portail et se garer.

Thomas LACONDEMINE

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