Entreprise Axel Videlier: il vend ses vélos vintage dans le monde entier

Axel présente un de ses magnifiques vélos : un Peugeot de 1965, qui a permis à Eddy Merckx de remporter Milan-San Remo en 1966 et le championnat du Monde à Heerlen en 1967.  Photo David TAPISSIER
Axel présente un de ses magnifiques vélos : un Peugeot de 1965, qui a permis à Eddy Merckx de remporter Milan-San Remo en 1966 et le championnat du Monde à Heerlen en 1967. Photo David TAPISSIER

À 28 ans, Le Lyonnais répare des vélos anciens et les revend sur son site internet.

« J’aime les belles choses, les toucher, sentir la qualité. C’est quelque chose que ma génération a peu connu : quand j’étais enfant, sur mes jouets il était toujours écrit made in China. Alors, quand je touche ce vélo, fait en France, qui date de 1965 et qui est en parfait état, j’apprécie. »

À 28 ans Axel Videlier regarde le cadre de son vélo avec fierté. Un vélo qu’il a complètement retapé pour lui rendre son apparence d’origine. « Enfant, j’étais dyslexique, les études c’était très difficile pour moi, mais les réflexions de mes profs m’ont permis d’avancer. Du coup, j’ai fait le choix de formations manuelles : j’ai commencé par un BEP de menuiserie à Lons, dans le Jura, puis comme mon père, un BEP et un Bac pro en apprentissage de mécanique moto. J’ai poursuivi par un BTS en gestion de projet et ça m’a ouvert les yeux. Je voulais être entrepreneur et j’ai fait une année à l’Ifag Lyon pour apprendre à créer mon entreprise. »

De 15 € à 100 €

Avec Steve Jobs comme modèle, il est convaincu qu’il peut réussir. Et durant cette année, il achète dans le Jura, un vélo 15 €, qu’il retape et revend 100 € à Lyon, sur Internet. « J’étais mécanicien, mais le vélo, je n’y connaissais rien. À Lyon, il y a une clientèle citadine assez aisée, intéressée par le Made in France. Du coup, j’ai recommencé. »

Il multiplie les achats, les reventes, vérifiant freins, roues, dérailleur et proposant des vélos prêts à être utilisés pour 80 à 150 €.

Un pas-de-porte pour vendre et réparer des vélos

Dès la fin de ses études, profitant de son expérience, il décide de se lancer dans une entreprise de vélo. Il ouvre une boutique, fin 2015 rue Franklin, dans le 2e où il propose des vélos électriques, mais aussi des vélos vintages qu’il répare.

« Durant trois ans, je me suis fait ma clientèle mais j’ai toujours voulu être libre et c’était surtout du SAV, de plus en plus contraignant », ajoute-t-il. Fort du succès de son site internet et de l’intérêt grandissant des étrangers pour les vélos vintages, il décide, début octobre, de tout plaquer pour s’y consacrer.

Désormais, tout a changé ! Fini le contact avec les clients, tout se passe via son téléphone, même s’il conserve un point de livraison pour les vélos : photos, échanges, il met en scène ses bicyclettes sur Facebook et Instagram. Il propose deux games : les vélos de collections, vintage mais rares, qui se revendent jusqu’à 1 500 € et les simples vélos vintages qui partent entre 100 et 300 €.

« Avec le temps, je suis devenu un peu comme un brocanteur, je sais reconnaître les vélos rares, dont la restauration sera plus longue mais dont la valeur sera plus importante. Ce gain de temps me permet de développer d’autres projets, un vélo pour les étudiants lyonnais, à 100 € (lire par ailleurs), qu’ils pourront venir chercher sur Lyon.

Pratique: Vélo Vintage Bike, 12, rue Danton à Lyon 3e.

Des vélos pour les étudiants à 100 euros

Depuis qu’il est étudiant, Axel roule à vélo. Dans le Jura, mais également dans Lyon. Comme lui à l’époque, de nombreux étudiants font aujourd’hui le choix de ce moyen de transport pratique et écologique. « Lyon est une ville extraordinaire où le vélo joue un vrai rôle : ici, on va au boulot avec », dit-il en souriant.

Et si durant des années, il ne réparait que du vélo vintage, relativement cher et rarement acheté par des étudiants, il veut profiter du temps qu’il a aujourd’hui pour proposer des vélos pour tous. « Mon idée, c’est de proposer des vélos plus low-cost pour moins de 100 €, qui répondent à leur fonction première : être un moyen de transport. Ce ne sera peut-être pas forcément rentable, mais en parallèle au reste de mes activités, ce sera humainement très satisfaisant », conclut le jeune entrepreneur.

David TAPISSIER

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