Polémique Ils plaident pour une Vogue des Marrons raccourcie et de qualité à la Croix-Rousse

La Croix Rousse accueille la Vogue des Marrons sur le plateau, depuis plus de 150 ans. Photo Joel PHILIPPON
La Croix Rousse accueille la Vogue des Marrons sur le plateau, depuis plus de 150 ans. Photo Joel PHILIPPON

Un “collectif d’habitants et de riverains de la Croix Rousse excédés” a lancé sur le site change.org une pétition, dénonçant un « génocide sensoriel ».

« Pendant cinq longues semaines, ce sera un amas informe de manèges vulgaires et criards, éloigné de toute idée d’écologie, des nuisances visuelles et sonores, des bruits de mauvaise discothèque […], des automates au marketing agressif […], des jeux de tirs d’armes blanches et de machines à sous, certes idéales pour le blanchissement, abritant tous les trafics et ameutant ce qui se fait de mieux à la dernière mode gangsta-rap, des saletés, des poubelles qui débordent de graillons, […], les voitures qui accélèrent follement dans nos petites rues emplies d’enfants, les bandes prépubères et excitées dans les rues, les bagarres, les violences nocturnes, l’insécurité ».

Atlantic City ? Las Vegas ? Non ! C’est la Vogue des Marrons, à la Croix Rousse, qui est ainsi évoquée par un collectif anonyme mais « excédé d’habitants et de riverains ». La pétition, lancée le 19 septembre dernier, et qui dénonce un « génocide sensoriel » a recueilli, pour l’heure, une grosse centaine de signatures. Elle réclame une « réduction de la vogue à une durée de trois semaines », sur un périmètre restreint « à la place de la Croix Rousse et à l’esplanade du Gros Caillou ».

« Ça fait 150 ans qu’il y a la Vogue, et ça fait 150 ans qu’il y a des pétitions ! »

Une précédente pétition avait circulé en 2014, mais c’était pour contester, à l’inverse de la nouvelle mouture, la présence d’attractions sur l’esplanade du Gros Caillou. « Ça fait 150 ans qu’il y a la vogue, et ça fait 150 ans qu’il y a des pétitions ! », note un Croix-Roussien, qui souhaite rester anonyme. Un commerçant dont la boutique jouxte les attractions ne comprend pas ces « gens qui, sachant qu’il y a la Vogue chaque année, ne peuvent ensuite s’en étonner lorsqu’ils s’installent à la Croix Rousse ». « Ils ont juste oublié qu’ils étaient des enfants ! », note sobrement Thierry Boulet, le forain responsable de la communication de la Vogue.

Une machine à sous ?

« Jamais la mairie supprimera la Vogue car ça lui rapporte énormément ». C’est la rumeur qui court sur le plateau, quand on évoque la question d’une virtuelle suppression ou d’une diminution de la durée de la Vogue. Comme pour chaque occupation du domaine public, les forains doivent payer une redevance en mairie centrale. Alors, ça rapporte combien à la Ville ? En octobre 2014, Gérard Collomb évoquait un montant « global des droits de place de 47.342 euros pour l’ensemble des forains ». « Ce qui ne peut en aucun cas être considéré comme un profit pour la collectivité, au regard des charges générées par l’usage de l’espace public », ajoutait celui qui était alors maire de Lyon. Un an plus tard, à la même époque, l’adjointe au Commerce indiquait que la Vogue génère « 63.000 euros de recettes en provenance de l’ensemble des forains ».

Questionnée à nouveau cette année, la mairie précise que le montant 2018 de la redevance s’élèvera, au total, à 121.519,60 euros, soit 66.164,40 euros d’emplacements et 55.355,20 euros de gardiennage. Quant à l’électricité, qui paye ? « Les forains s’occupent en direct des fluides et règlent donc directement la ou les factures à leurs fournisseurs », précise le porte-parole de la municipalité.

S. M

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