Théâtre Vincent Dedienne : "Le diable c’est l’ennui"

Vincent Dedienne : « N’est-ce pas un luxe d’adorer à ce point son métier ? ».  Photo Christophe RAYNAUD DE LAGE
Vincent Dedienne : « N’est-ce pas un luxe d’adorer à ce point son métier ? ». Photo Christophe RAYNAUD DE LAGE

À l’affiche de Ervart , au théâtre de la Croix-Rousse, le comédien, Molière de l’humour pour son one-man-show à succès S’il se passe quelque chose , change de registre et dévoile sa passion pour le théâtre. Avec succès !

Dans Ervart, Vincent Dedienne incarne un atrabilaire jaloux, hanté par des obsessions et des personnages complètement loufoques. Un rôle à l’image d’une personnalité plus complexe, que ne laissent pas entrevoir les médias, et qui revient dans une région où il n’a que de bons souvenirs. « J’ai commencé à Lyon II, par des études de lettres que j’ai abandonnées pour rejoindre la Scène-sur-Saône où j’ai fait mes premières armes en théâtre avant d’intégrer l’école de la Comédie de Saint-Étienne », rappelle cet amateur de bonne chère qui a appris à lire avec les albums de Tintin. « J’ai adoré ces deux années au cours desquelles je me suis fait mes vrais amis. »

Ervart dévoile une facette méconnue de ce touche-à-tout qui avoue son goût pour « la glande ». On n’est pas obligé de le croire, même s’il a refermé la parenthèse radio pour se consacrer à l’écriture d’un scénario, entre deux représentations et le tournage de son prochain film. « J’adore ce texte, j’adore cet auteur (Hervé Blutsch, NDLR). Avec lui, j’ai compris qu’au théâtre, on pouvait rire avec des choses sérieuses. »

Entre le drame et le comique, entre Hervé Guibert, son auteur favori, et les classiques comme le Marivaux qu’il a récemment joué, Vincent Dedienne fait le grand écart. « Les enfants ne passent-ils pas du rire aux larmes en permanence ? », interroge-t-il. « Pour moi, les gens les plus drôles sont ceux qui n’ignorent pas que notre passage dans l’existence est tragique. Il n’est pas convenable de mourir, disait Sagan. Mais je vous rassure, je ne suis pas sous antidépresseur. »

Vincent Dedienne puise son énergie dans l’amour du travail. « N’est-ce pas un luxe d’adorer à ce point son métier ? » Mais à 31 ans, il prend conscience que l’essentiel est ailleurs. « Avant, seule comptait la scène. Aujourd’hui, rien ne me ferait plus plaisir qu’un voyage avec mes copains et des jeux de société. » Il entraînerait Jean-Pierre Bacri, qu’il admire, et Michel Raskine (l’ancien directeur du Théâtre lyonnais du Point-du-Jour), son metteur en scène de référence. Et en tête, le rêve de jouer Treplev dans La Mouette de Tchekhov et Louis dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.

Aujourd’hui, rien ne me ferait plus plaisir qu’un voyage avec mes copains et des jeux de société

Vincent Dedienne

Antonio MAFRA

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