Humour Laura Laune, une diablesse à l’humour corrosif

« Je ne me dis pas : “Ah, tiens je vais faire du trash”. C’est naturel », lance Laura Laune.  Photo D. R.
« Je ne me dis pas : “Ah, tiens je vais faire du trash”. C’est naturel », lance Laura Laune. Photo D. R.

Sous ses airs angéliques, Laura Laune pratique un humour décapant. Tête d’affiche du festival organisé par l’Espace Gerson (du 8 au 13 octobre), elle revient sur l’importance de ce genre de tremplin pour les jeunes talents.

Comment vous êtes-vous retrouvée sur l’affiche de Gerson fait son Festival ?

« La proposition est venue de l’équipe de Gerson. Comme c’est un lieu qui m’a donné ma chance à mes débuts, j’ai évidemment accepté. »

C’est important ce type d’événement pour les jeunes humoristes ?

« Bien sûr ! Quand j’ai débuté, j’ai fait beaucoup de plateaux jeunes talents dans des festivals, partout en France. C’est un super tremplin. Ça permet de jouer dans de très belles salles, pleines. Et si vous gagnez, comme ça a été mon cas quelquefois, vous êtes repéré par des professionnels, des programmateurs. C’est vraiment important quand on a connu, comme moi, des salles à moitié vides, des directeurs de salle qui me disaient qu’ils aimaient mon humour mais ne pouvaient me programmer parce que c’était trop trash. »

Justement, comment définiriez-vous votre humour ?

« Je ne le définis pas. On dit que je fais de l’humour corrosif. Mais je n’y pense pas. Quand j’écris, ça vient comme ça ! Depuis toute petite, je pratique cet humour. Je ne me dis pas : “Ah tiens, je vais faire du trash”. C’est naturel. C’est un peu comme mon look et mon attitude de petite fille naïve qui contraste avec mon propos plutôt caustique. Ce n’était pas étudié, mais j’ai vu que le décalage faisait rire, alors j’ai continué. Pourquoi changer ? »

Quand vous écrivez des sketches, comme celui de la maîtresse d’école qui se révèle sadique, quelle est votre inspiration ?

« J’ai vraiment été prof. Je m’inspire de ce que je vis, ou de thèmes d’actualité qui me parlent. Le spectacle évolue. De temps en temps, j’enlève un sketch, j’en ajoute un autre… Depuis que j’ai fait “Incroyable Talent” (sur M6), je mets plus de chansons, je me suis rendu compte que les gens en étaient friands. »

Vous avez été au cœur d’une polémique à cause d’une blague sur la Shoah. Comment l’avez-vous vécu ?

« C’est une blague qui a été sortie de son contexte. Je comprends qu’elle ait été mal interprétée. Mais dans un spectacle d’une heure et demie, les gens voient bien que je dénonce l’antisémitisme, le racisme. D’ailleurs, j’ai reçu un énorme soutien de la part du public. Je n’ai pas de tabou. L’essentiel est qu’il y ait du fond derrière les vannes. »

Le diable est une gentille petite fille , de Laura Laune, le 12 octobre à 20 heures au Radiant Bellevue (tarifs à partir de 24 €).

Propos recueillis par Nicolas BLONDEAU

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