Politique Gérard Collomb un peu esseulé après son retour

S’il cherche à renouer le lien avec les Lyonnais, Gérard Collomb paraît cependant bien isolé pour l’heure sur l’échiquier politique.  Photo David TAPISSIER
S’il cherche à renouer le lien avec les Lyonnais, Gérard Collomb paraît cependant bien isolé pour l’heure sur l’échiquier politique. Photo David TAPISSIER

L’ancien et futur maire de Lyon doit déployer ses talents connus de conviction pour tenter de ramener à lui nombre d’élus, qui ne semblent pas voir d’un bon œil son retour aux affaires municipales.

Peu après 20 heures, jeudi, Gérard Collomb est joyeux : « Voyez, se réjouit-il, les gens ne m’ont pas oublié. » De fait, depuis une heure qu’il remonte la rue Auguste-Comte à l’occasion de la fête traditionnelle “Tapis rouge”, il ne cesse de se faire interpeller et arrêter par les passants de tous âges pour un selfie. Ils sont des centaines à le reconnaître et certains à lui glisser un mot d’encouragement. Difficile toutefois de faire la part entre une popularité réelle et profonde et l’effet “vu à la télé” tant le tout neuf “ex” ministre de l’Intérieur a squatté les écrans et les réseaux sociaux depuis le début de la semaine. Ainsi, un jeune homme se demande si ce n’est pas « l’ancien Premier ministre » tandis qu’un couple ne sait plus si c’est « l’ancien ou le nouveau maire ». En revanche, ils sont nombreux à le saluer d’un « bonsoir Monsieur le maire » comme si, la parenthèse Beauvau n’avait pas existé ou du moins rien changé. Mais notoriété voire même estime et affection se transformeront-ils toujours le moment venu en vote d’adhésion ?

Isolé sur l’échiquier politique

S’il cherche à renouer le lien avec les Lyonnais, Gérard Collomb paraît cependant bien isolé pour l’heure sur l’échiquier politique. Alors que les déclarations se sont succédé mercredi pour regretter son retour, il n’y en eut pratiquement aucune de personnalités de poids, pour contrebalancer. Pas un mot de grands élus lyonnais ni de parlementaires. Seul le député Thomas Rudigoz a écrit un communiqué pour regretter son départ du ministère de l’Intérieur. On pouvait ainsi y lire en creux qu’il déplorait son retour. Sur le tapis rouge du deuxième arrondissement, il n’y avait d’ailleurs guère que deux élus qui l’accompagnaient : son fidèle compagnon du 2e , Rolland Bernard, et la présidente du Sytral, Fouziya Bouzerda. Tandis qu’un peu plus loin, moins assailli certes par les groupies du moment, le président de la Métropole, David Kimelfeld, déambulait en compagnie des adjoints Michel Le Faou, Anne-Sophie Condemine et Loïc Graber, d’une conseillère métropolitaine, Sarah Peillon, et d’un conseiller délégué du 2e  arrondissement de centre droit, François Royer. C’est probablement le hasard qui a fait que les deux groupes ne se sont pas croisés.

Alors que les milieux économiques semblent peu enthousiasmés par ce retour, un bras de fer de l’intox se déroule dans les allées du pouvoir local. Les amis déclarés de l’ancien président du conseil métropolitain se répandent en disant que depuis seize mois, tout est bloqué à la Métropole, tandis que ceux de l’actuel président, tout en niant ce fait, dénoncent les tensions générées par un retour inopiné et précipité de l’ex-ministre de l’Intérieur. Pendant ce temps, des élus Synergie, en froid avec Gérard Collomb, se rapprochent des centristes d’opposition au conseil de Métropole (lire par ailleurs).

Michel RIVET-PATUREL

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