Santé Les punaises de lit ont la banane aux Gratte-Ciel

L’infestation de plusieurs appartements aux 193 et 195 du cours Émile-Zola inquiète les habitants de la résidence Bertrand, surnommée la Banane.  Photo Yannick PONNET.
L’infestation de plusieurs appartements aux 193 et 195 du cours Émile-Zola inquiète les habitants de la résidence Bertrand, surnommée la Banane. Photo Yannick PONNET.

A Villeurbanne, des appartements de la résidence Henri-Bertrand, surnommée la Banane pour sa forme incurvée, sont infestés depuis juillet. Dans cet immeuble de près de 200 logements situé aux Gratte-Ciel, on s’inquiète.

« Ma fille s’est fait massacrer ! » Avant de découvrir des punaises de lit, minuscules insectes qui se nourrissent de sang humain, dans son appartement, Mohamed Benyoub s’est vivement inquiété de savoir ce qui avait bien pu provoquer d’énormes boutons sur un bras de sa fille, cet été.

Début juillet, cet habitant de la résidence Henri-Bertrand, située au 189-203 cours, Émile-Zola et surnommée la Banane, a signalé la situation au syndic de copropriété, Nexity. Il a aussi demandé à une entreprise de désinsectisation de nettoyer son logement. Coût : 800 € pour trois interventions.Ce jeune père de famille a réalisé qu’il n’était pas le seul concerné : devant l’immeuble, des occupants d’appartements des allées 193 et 195 également touchés et d’autres, inquiets de pouvoir l’être, se sont réunis. Huit logements seraient ou auraient été infestés.

Les résidents luttent contre les parasites

« J’ai jeté mon matelas et mon sommier. J’ai dormi chez mes filles pendant un mois », se désole Hélène Cavarretta, 84 ans. Elle n’en peut plus de se faire dévorer chaque nuit. Retraitée, Huguette Boucher a dépensé plus de 1 000 € pour faire traiter son appartement, dont 150 € pour faire enlever deux matelas et un sommier infestés. Quant à Clinton Chiu, jeune architecte et ingénieur chinois, il vient d’écraser une punaise de lit chez lui, quatre jours après l’intervention d’un spécialiste de la désinsectisation envoyé par la propriétaire de son appartement. Selon le jeune homme, les insectes ont suivi des conduits communs pour s’introduire dans le logement.

Dans les deux allées concernées, on s’interroge sur l’ampleur de l’infestation et on regrette le silence de Nexity qui a apposé une affiche datée du 29 août enjoignant les foyers touchés à se manifester, après avoir été vainement sollicité dès juillet par courrier.

Des interventions de désinfection qui coûtent cher

« Il y a eu un conseil syndical. Il n’y a pas de punaises de lit dans les parties communes », affirme le syndic de copropriété, sans pouvoir être plus précis sur les conditions de réalisation de ce constat.

Contacté par la famille d’une occupante de la Banane, Antoine Lumetta, responsable de la santé environnementale à la direction de la santé publique de la Ville, entend sensibiliser Nexity au problème. « À titre exceptionnel », précise-t-il. Car la punaise de lit ne transmettant pas de maladie, elle n’est pas considérée comme un problème de santé publique et la Ville n’a pas vocation à intervenir.

Le problème ? Au plan national, on en trouve de plus en plus. Et lorsqu’un immeuble est touché dans son ensemble, le traitement est lourd. « Quand l’infestation est importante, pointe Antoine Lumetta, lutter contre les punaises de lit demande une organisation quasi-militaire. »

Comment les repérer

Les punaises de lit sont petites (entre 4 et 7 mm à l’âge adulte). Elles se nourrissent de sang humain, la nuit quasi exclusivement. Certains sangs leur plaisent davantage. Elles laissent des traces noires sur les draps. À noter que des entreprises spécialisées disposent de chiens renifleurs éduqués pour les localiser.

Pour en savoir plus

Le ministère de la Santé et des Solidarités consacre un dossier aux punaises de lit sur Internet. Un dossier téléchargeable fournit de précieuses indications sur la marche à suivre en cas d’infestation.

Yannick PONNET

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