Enseignement supérieur Parcoursup : quel impact ?

Dans l’académie de Lyon, 2 855 places sont disponibles dans le cadre de la phase complémentaire de Parcoursup. Photo d’illustration Sarah GEORGE
Dans l’académie de Lyon, 2 855 places sont disponibles dans le cadre de la phase complémentaire de Parcoursup. Photo d’illustration Sarah GEORGE

Aperçu des effets du nouveau processus d’admission dans les études supérieures à l’échelle de l'académie de Lyon.

Encore des candidats sans solution

Si on se base sur le « poids » de l’académie de Lyon par rapport à l’ensemble de la France métropolitaine, (environ 7 % pour le nombre de bacheliers et d’inscrits dans le supérieur), on peut estimer environ 3 300 candidats sans solution sur les trois départements (Ain, Rhône, Loire), Ce chiffre n’est pas loin de l’estimationfourniepar plusieurs proviseurs de lycée. Approximativement, ceux-ci mesurent à 10 % la proportion de bacheliers sans solution, ce qui équivaut à 3 800 sur l’académie Le rectorat refusant de communiquer des données chiffrées, on se contentera de ces estimations. Par ailleurs, l’administration indique que 1 239 candidats ont saisi la commission d’accompagnement académique. Souvent ceux qui n’avaient aucune proposition.

Des places vacantes

Il y en a près de 3 000 selon le rectorat (lire par ailleurs). Cette fois, toujours au regard du poids de l’académie de Lyon, cela rend étonnant le chiffre donné par le ministère de l’Enseignement supérieur. Celui-ci annonce, en effet, 127 000 places disponibles. Sur la base de 7 % cela signifierait que l’académie de Lyon devrait en offrir près de 9 000… Le chiffre du ministère serait-il gonflé ? Ou alors le taux d’occupation est particulièrement élevé sur notre académie ?

L’humain pas forcément d’abord

Alors que Parcoursup se donne pour ambition de remettre de l’humain dans la procédure, les dossiers en quantité ont parfois été visés essentiellement en fonction des notes. A priori, les bacheliers professionnels, en moyenne issus plus souvent de milieu social défavorisé, se retrouvent plus souvent sur le carreau.

Une orientation pas toujours choisie

C’est un paradoxe. « Certains candidats sont tellement contents d’être pris quelque part qu’ils viennent même si cela ne correspond pas à leurs vœux. On ne sait pas s’ils vont rester », confie-t-on, sous couvert d’anonymat, au sein d’une filière sélective de Lyon1. Lucas Margain, représentant syndical Unef note aussi que « sur la chaîne d’inscriptions de l’université Lyon 2, nous avons entendu beaucoup plus de doléances sur des choix par défaut, que ce soit en termes de filières ou de déplacements géographique ».

Du tri au tout-venant et un resserrement géographique

La phase complémentaire permet de remplir les formations où il reste des places. « Il y a un hiatus entre le travail d’examen des dossiers et désormais l’acceptation de candidats qui n’ont été pris nulle part ailleurs », note Stéphane Pillet. Le vice-président formation à Lyon 3 remarque aussi moins d’ouverture aux étudiants hors académie. Jusqu’à refuser des candidats pourtant proches géographiquement mais issus d’une autre académie (Dijon). Parfois des paradoxes là aussi. Bourg n’a pas pu répondre à des demandes de proximité.

Des places mais pas toujours assez

Parmi les annonces de Parcoursup, il était question de créer 19 000 places à l’université. Sauf qu’elles ne sont pas toujours accompagnées de moyens. Le rectorat affiche 790 places supplémentaires en licence, et 130 en BTS. Lyon 1 en a créé 260. Ici, on assure avoir rempli les formations sans tension sauf en Staps, où 200 candidats restent à la porte alors que la capacité d’accueil a été élargie de 120 places. Lyon 3 a créé plus d’une centaine de places supplémentaires, tandis que Lyon 2 ouvre largement ses portes. Mais à Lyon 3 Stéphane Pillet évoque le principe de réalité : « On a ajouté des places, mais on ne peut pas se permettre d’aller trop loin dans une situation de sous-dotation »,.

Muriel FLORIN

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