Solidarité Migrants à la Croix-Rousse : tout le quartier se mobilise

Agés de 14 à 18 ans, ils dorment dans le parc des Petits-Soyeux depuis plusieurs mois.  Photo DR
Agés de 14 à 18 ans, ils dorment dans le parc des Petits-Soyeux depuis plusieurs mois. Photo DR

Cela fait une dizaine de jours que des citoyens se mobilisent pour apporter de l’aide aux mineurs qui dorment dans le parc des Petits-Soyeux. Ce samedi, à 15 heures, un rassemblement est prévu place des Terreaux pour interpeller les pouvoirs publics.

Ils viennent du Mali, de Guinée, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Liberia… Une cinquantaine de mineurs, âgés de 14 à 18 ans, passent la nuit dehors, dans le parc des Petits-Soyeux, sur les pentes de la Croix-Rousse.

Jusqu’à fin août, certains étaient encore hébergés à la salle Diderot, mise à disposition par la maire (Gram) du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, en lien avec la Coor­di­na­tion urgence migrants.

Depuis dix jours, les “Mamas qui déchirent”, un groupe Facebook composé de mères de famille, se relaient sur place pour apporter de l’aide matérielle, et surtout « une écoute maternelle ».

"Ils sont vulnérables et encore très choqués"

« En sachant que la salle allait fermer le 31 août, je ne comprends qu’il n’y ait pas eu d’autres solutions de logement. Quand on est arrivés, les jeunes dormaient dans les buissons », déplore Agnès, une maman bénévole.

Depuis, des riverains, Stéphanie de la boulangerie L’Atelier des délices, des coiffeurs, des restaurateurs et d’autres citoyens bénévoles se mobilisent en apportant denrées alimentaires, chaussures et vêtements.

« Ils sont vulnérables et encore très choqués de ce qu’ils ont vécu durant leur traversée. Ils ont fait face parfois à des sollicitations malsaines », confie l’une des riveraines bénévoles.

Les onze mineurs les plus jeunes logent chez un riverain, qui propose aussi une douche quotidienne à tous les réfugiés. Une maman accueille aussi trois jeunes.

 "Il est revenu de Décathlon avec dix tentes"

Zina et son mari habitent au-dessus du parc. Ils offrent des petits-déjeuners : « Mon mari et moi ouvrons notre porte chaque jour pour donner à manger à ces jeunes, si gentils. Ça se passe en bas de chez moi, je ne pouvais pas rester sans rien faire. »

Lorsqu’il a plu, un ami de l’une des “Mamas” s’est occupé d’eux : « Il est revenu de Décathlon avec dix tentes, c’était un soulagement pour eux », commente Agnès.

Ce samedi, les “Mamas qui déchirent” appellent à un rassemblement citoyen à 15 heures place des Terreaux, « pour une prise en charge digne des migrants mineurs selon le droit fondamental du logement ».

La Métropole dans le flou

Entre les 1er janvier et 31 juillet, 576 nouveaux mineurs étrangers ont été pris en charge par la Métropole, qui en a la responsabilité.

Près de 1 300 jeunes sont actuellement accueillis dans des structures de la collectivité.

S’agissant des mineurs migrants du parc des Petits-Soyeux, la Métropole ne connaît pas leur situation : « Il est probable que certains aient été évalués par nos services, d’autres pas. Il est donc très difficile de savoir la proportion de mineurs ou de personnes isolées ».

Amandine EYMES

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