Danse La Biennale se met sur son 31

Maguy Marin et sa "Ligne de crête" seront au petit TNP. Photo T. D.
Maguy Marin et sa "Ligne de crête" seront au petit TNP. Photo T. D.
"31, rue Vandenbranden", de Peeping Tom, par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Photo Michel CAVALCA
"31, rue Vandenbranden", de Peeping Tom, par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Photo Michel CAVALCA
"Vertikal", de Mourad Merzouki, à la Maison de la danse. Photo Laurent PHILIPPE
"Vertikal", de Mourad Merzouki, à la Maison de la danse. Photo Laurent PHILIPPE
Maguy Marin et sa "Ligne de crête" seront au petit TNP. Photo T. D. "31, rue Vandenbranden", de Peeping Tom, par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Photo Michel CAVALCA "Vertikal", de Mourad Merzouki, à la Maison de la danse. Photo Laurent PHILIPPE

C’est parti pour vingt jours et nuits de spectacles. Le Ballet de l’Opéra de Lyon ouvre les festivités avec "31, rue Vandenbranden", tandis que Maguy Marin lance les hostilités. Autre sensation forte : la danse sur paroi "Vertikal", de Mourad Merzouki.

Voilà une soirée de gala qui promet de beaux frissons. Dès l’ouverture du rideau, on sera dans les Alpes, à 3  000 mètres d’altitude, perdu dans un no man’s land crépusculaire, à peine encombré par deux caravanes enneigées.

Chair de poule

C’est dans ce décor de glace, balayé par d’hostiles bourrasques, que nous plonge 31, rue Vandenbranden , une pièce de Peeping Tom qui a fait le tour du monde, décrochant même l’Award du meilleur spectacle à Londres en 2015, et qui est aujourd’hui réincarnée par les danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon.

Derrière Peeping Tom, qui signifie “Voyeur”, se cache un duo formé par Gabriela Carrizo et un chorégraphe danseur originaire de Roanne, Franck Chartier. À l’époque de sa création, en 2009, la pièce s’intitulait 32, rue Vandenbranden. « Cette pièce est importante pour nous parce que c’était la première fois qu’on n’était pas sur scène en tant que danseurs. On y tient énormément. Sa dernière représentation aura lieu dans un an à New York, puis elle cessera d’exister. » Ce sera, alors, à la compagnie lyonnaise de la faire vivre, sous une forme différente, avec trois fois plus de danseurs (une quinzaine), à une adresse rebaptisée 31, rue Vandenbranden. Une reprise pas si anodine, par les temps qui courent, car il y est beaucoup question des gens solitaires qui ont peur de l’étranger, mais aussi de violence conjugale. « Pour moi, ajoute Franck Chartier, c’est une explosion d’émotions à chaque fois que je la vois. Je n’en sors jamais indemne. Rien que d’en parler, j’en ai la chair de poule », avoue-t-il en retroussant une manche pour démasquer les frissons qui ont effectivement eu sa peau.

Le théâtre politique de Maguy Marin

Nettement moins dans le “spectaculaire”, Maguy Marin entre en piste un moment, au petit TNP de Villeurbanne. « Faire plaisir n’est pas ma priorité », lance d’emblée la chorégraphe lyonnaise la plus récompensée et admirée à l’international. Elle aurait pu vivre de gloire et de renommée : elle a préféré revenir s’installer, avec de modestes moyens, au Ramdam de Sainte-Foy-lès-Lyon. Sa bataille, c’est le théâtre politique, sous une forme qui ressemble plus à des actions scénographiées qu’à de la danse. « Je suis capable de pousser jusqu’à l’insupportable. Je cherche la confrontation. Autant avertir le public ». Voilà qui est fait !

Ligne de crête est un nouveau missile lancé contre notre système broyeur. « La ligne de crête, c’est cet endroit étroit, d’où on peut glisser d’un côté comme de l’autre. Notre société, qui dit ne rien pouvoir pour sauver la planète et qui accepte des choses criminelles comme le glyphosate pour des raisons de profit, est sur une ligne de crête profondément dangereuse. J’ai envie qu’on soulève, collectivement, un couvercle qui nous étouffe tous. »

Vertige vertical

“Ligne de crête”, tel aurait pu être le titre de la création de Mourad Merzouki, troisième sensation forte de ce début de Biennale. Pour Vertikal , l’ex b.boy de Saint-Priest et Bron, devenu directeur du centre chorégraphique de Créteil, quitte le sol et s’aventure sur des parois verticales. Nouveau défi, nouvelle grammaire inattendue. Vertige du hip-hop, en équilibre et dans le vide : on a hâte d’être vendredi.

> 18e Biennale de la danse, du 11 au 30 septembre. "31, rue Vandenbranden", du 11 au 15 septembre à l’Opéra de Lyon. "Ligne de crête", du 11  au 15 septembre au petit TNP de Villeurbanne. "Vertikal", du 14 au 23 septembre à la Maison de la danse.

David S. TRAN

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?