Danse Les Lyonnais ouvrent le bal européen de la Biennale

Des mobil-home, de la neige, une ambiance de cinéma et un ciel venu d’ailleurs : c’est 31 rue Vandenbranden, une pièce de Peeping Tom qui a remporté l’Olivier Award 2015 du meilleur spectacle de danse, adaptée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon.  Photo Michel CAVALCA
Des mobil-home, de la neige, une ambiance de cinéma et un ciel venu d’ailleurs : c’est 31 rue Vandenbranden, une pièce de Peeping Tom qui a remporté l’Olivier Award 2015 du meilleur spectacle de danse, adaptée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon. Photo Michel CAVALCA
« Vertikal » de Käfig : Mourad Merzouki, l’ancien b.boy de Saint-Priest et Bron, quitte le sol et invente la danse sur une paroi verticale. Un ballet pour voltiges, cordes et harnais. Première mondiale. / Photo Laurent Philippe
« Vertikal » de Käfig : Mourad Merzouki, l’ancien b.boy de Saint-Priest et Bron, quitte le sol et invente la danse sur une paroi verticale. Un ballet pour voltiges, cordes et harnais. Première mondiale. / Photo Laurent Philippe
Des mobil-home, de la neige, une ambiance de cinéma et un ciel venu d’ailleurs : c’est 31 rue Vandenbranden, une pièce de Peeping Tom qui a remporté l’Olivier Award 2015 du meilleur spectacle de danse, adaptée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon.  Photo Michel CAVALCA « Vertikal » de Käfig : Mourad Merzouki, l’ancien b.boy de Saint-Priest et Bron, quitte le sol et invente la danse sur une paroi verticale. Un ballet pour voltiges, cordes et harnais. Première mondiale. / Photo Laurent Philippe

Spectacles, animations, défilé, performances et des images magnifiques. A partir de demain, mardi 11 et jusqu'au 30 septembre, la région ne va plus savoir où poser son œil, ni sur quel pied danser. Champagne : Mourad Merzouki, Maguy Marin et le ballet de l’Opéra de Lyon sont les premiers à entrer en scène.

L’Europe se délite ? Le Brexit irrite ? Bâtissons l’Europe des artistes par la force de l’art et l’Union des talents ! C’est avec cette utopie bienveillante, que Dominique Hervieu, directrice de la Biennale, a tissé le fil rouge de la 18e  édition.

Un festival européen donc, même si deux invités Japonais viennent jouer les divines exceptions : le sublime Saburo Teshigawara, qui dansera la Symphonie fantastique jouée par l’Orchestre national de Lyon, et les foldingues Tokyo Gegegay, mégastars en tenue de lycéennes, dont le hip-hop frénétique soulève de véritables tsunamis médiatiques.

Européenne, mais aussi très largement ancrée dans notre territoire géographique et culturel. De nombreux créateurs régionaux, qui ont largement explosé les frontières, donnent du punch à son générique : Yuval Pick (centre chorégraphique national de Rillieux), Kader Attou (installé au CCN de La Rochelle), Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (codirecteur du CCn de Grenoble) caracolent en tête de ceux qui font le buzz.

Mais le tapis rouge, lui, est réservé au trio qui va ouvrir le bal. Dès mardi, c’est le Ballet de l’Opéra de Lyon qui entre en scène avec une pièce que le duo belge Peeping Tom, dont on admire depuis des lustres l’univers si troublant et cinématographique, a spécialement reformulée pour les danseurs lyonnais. À l’origine, 32 rue Vandendranden avait transposé le film La ballade de Narayama dans un décor de mobil-homes, de neige et de personnes en souffrance. Pour Lyon, l’adresse a été rebaptisée 31 rue Vandenbranden. Un de moins, mais ce sera l’occasion pour cette danse-théâtre, faite d’étreintes et de coups, de se mettre sur son 31.

Le même soir, Maguy Marin sera au petit TNP pour la création de Ligne de crête. Comme d’habitude, on ne sait rien de la pièce, sinon qu’elle sera un nouvel appel à la résistance.

Mourad Merzouki, éternel explorateur, complète la règle lyonnaise de trois : il était cet été aux Nuits de Fourvière, on le reverra au Défilé du16 septembre et au festival Karavel (du 11 au 26 octobre), il revient à la Maison de la danse avec un pari aussi casse-gueule que vertigineux : inventer une danse sur des parois verticales, à 90°. Le hip-hop comme un numéro d’escalade rythmé par le cliquetis des harnais et le piège du vide ? Pourvu que Vertikal nous hisse vers de nouveaux horizons.

> 18e Biennale de la danse, du 11 au 30 septembre. Billetterie à l’office de tourisme, place Bellecour ou au 04.27.46.65.65.

Peeping Tom/ Ballet de l’opéra de Lyon

Mourad Merzouki / Vertikal

VR 1 de Gilles Jobin  et Artanim.  Photo Cie Gilles JOBIN
VR 1 de Gilles Jobin et Artanim. Photo Cie Gilles JOBIN

Trois danses en réalité virtuelle

Leitmotiv de cette édition, la danse connectée prend la forme de trois films en réalité virtuelle, à voir avec un casque multisensoriel.

Avec le très immersif VR1 de Gilles Jobin et Artanim, les spectateurs, munis d’un casque et d’un ordinateur, sont représentés par leur avatar : ils circulent, par groupes de cinq, dans un espace virtuel sans cesse changeant (un loft, un désert, une ville…). Ils peuvent même interargir avec les autres participants tandis qu’évoluent autour d’eux des danseurs virtuels, tantôt géants tantôt miniatures.

Yoann Bourgeois et Michel Reilhac, eux, proposent aux téméraires, par groupes de dix, de vivre les sensations de voltige et d’apesanteur d’un numéro de trampoline, la fameuse Fugue de Yoann Bourgeois. Le tout, ficelé par un scénario de science-fiction.

Enfin, Fabien Prioville et Tetro + A font surgir des danseurs dans un lieu de Rendez-vous reproduit à l’identique dans le casque : le cloître du Grand Hôtel-Dieu de Lyon.

> Du 13 au 23 septembre. VR1 et Fugue Trampoline VR , au théâtre des Ateliers (TNG), Lyon 1er , 7€. Rendez-vous au cloître du Grand Hôtel-Dieu, entrée libre.

Infos pratiques et bons plans gratuits de la Biennale

Wang Ramirez Photo FRED FOUCHE
Wang Ramirez Photo FRED FOUCHE

Des chiffres

18e édition. 59 auteurs. 64 œuvres dont 42 spectacles en salle, les autres étant dans des espaces publics ou en réalité virtuelle. 27 créations dont 19 premières mondiales, 4 commandes de la Biennale et 18 coproductions. 12 pays représentés. 42 compagnies. 375 artistes sur scène. 338 amateurs (hors Défilé). 67 théâtres de 43 villes de la région. 205 représentations.

Le Défilé

Il s’était réfugié au stade de Gerland en 2016, il retrouve son parcours historique le dimanche 16 septembre, entre les Terreaux et la place Bellecour. Son thème : la Paix. Il s’agit moins de célébrer l’armistice de 1918 que de faire la fête en jetant un sort aux idées d’intolérance, de racisme et d’exclusion. Treize groupes (4 500 participants) prendront le départ à 14 heures, le cortège étant ouvert par Aurillac, représentant de l’Auvergne qui y participe pour la première fois.

Pour finir, une grande fête sur la place Bellecour : 300 choristes amateurs de la métropole inviteront le public à reprendre en chœur Imagine de John Lennon, et Yoann Bourgeois déploiera gratuitement son spectacle Passants.

Jeune public

Six spectacles sont accessibles aux enfants : Wang Ramirez (7 ans), Patrice Thibaud (10 ans), le show hip-hop intitulé Triple Bill et réunissant Kader Attou, Jann Gallois et Tokyo Gegegay (10 ans), La Horde (10 ans), Yoann Bourgoies (10 ans) et Céline Lefèvre (8 ans). Par ailleurs, Jann Gallois animera un atelier de hip-hop pour tous les participants de plus de 10 ans, le dimanche 23, de 14 h 30 à 16 heures (04.27.46.65.65). Avec un goûter convivial pour la bonne bouche.

Danser à la Part-Dieu

Avant ou après votre shopping au centre commercial, faites une halte à des cours de danse gratuits, les mercredis et samedis à18 heures.

Samedi 15 : danse afro-contemporaine avec Sayoubé Sigué. Mercredi 19 : initiation à la danse claquettes par Sylvie Kay. Samedi 22 : hip-hop avec Abdou N’gom et Marlène Gobber. Mercredi 26 : invitation à danser « ensemble », sans frontières, lancée par Yuval Pick, Émile Szikora et Sharon Eskenazi. Samedi 29 : le Jump style par le collectif La Horde.

Josef Nadj

Dans le cadre de sa performance Mnémosyne au musée des Beaux-Arts, l’immense chorégraphe accompagne un groupe de visiteurs au cœur de son exposition personnelle, composée en étroite relation avec son spectacle. Dimanche 23 septembre à 10h15. Gratuit sur réservation.

Jérôme Bel

Le chorégraphe, qui a le don de signer des pièces extraordinaires avec des choses toutes simples, livre une performance gratuite dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon, du mercredi au samedi. Ses vidéos passeront en boucle à la Condition des Soies, à l’Atelier de Soierie et dans les vitrines du Monoprix Cordeliers.

Librairie

Spécialisée en musique et danse, la librairie Musicalame propose un large choix d’ouvrages et de DVD. Au QG de la Biennale, 3, rue Grolée, du 11 au 30  septembre, de 11 heures à 18 heures, ou rue Pizay toute l’année.

Où et quand rencontrer les artistes ?

Angelin Preljocaj présente deux pièces, "Gravité" (2018) et "Un trait d'union" (1989) Photo  Cie Preljocaj
Angelin Preljocaj présente deux pièces, "Gravité" (2018) et "Un trait d'union" (1989) Photo Cie Preljocaj

De nombreux chorégraphes, en particulier ceux qui présentent une création en première mondiale à Lyon, une coproduction avec la Biennale ou un travail spécifique, acceptent le jeu des questions-réponses en public : les rencontres ont lieu au Café-Danse de la Biennale, 3, rue Grolée, Lyon 2e.

Lundi 10 septembre : Peeping Tom (création avec le Ballet de l’Opéra de Lyon) à 11 heures, Maguy Marin à 11h45.

Mercredi 12 : Mourad Merzouki à 11 heures, Gilles Jobin à 11h45.

Jeudi 13 : Yoann Bourgeois à 11 heures, Patrice Thibaud à 11h45.

Lundi 17 : Alessandro Sciaronni à 11 heures, le Dansathon à 11h45.

Marid 18 : Oona Doherty à 11 heures, Fabrice Lambert à 11h45.

Mercredi 19 : Rachid Ouramdane à 11 heures, Angelin Preljocaj à 11h45.

Jeudi 20 : Josef Nadj à 11 heures, Thomas Hauert à 11h45.

Vendredi 21 : Saburo Teshigawara à 11 heures.

Lundi 24 : Kader Attou, Jann Gallois et Tokyo Gegegay à 11 heures.

Jeudi 27 : Martin Zimmermann à 11 heures.

David S. TRAN

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