Gastronomie Le montagnieu, le “champagne” des bouchons lyonnais

Le montagnieu pétillant, vin blanc mousseux du Bugey, au restaurant Le Bouchon des Filles, à Lyon 1er. / Photo Maxime JEGAT
Le montagnieu pétillant, vin blanc mousseux du Bugey, au restaurant Le Bouchon des Filles, à Lyon 1er. / Photo Maxime JEGAT

Le pétillant du Bugey a conservé ses fidèles et conquiert le palais des touristes.

Le montagnieu, ce pétillant qu’Henri Josserand servait généreusement aux habitués du restaurant Le Jura, figure toujours à la carte des meilleurs bouchons. Cette histoire d’amour, qui unit ce vin effervescent du Bugey à la tradition culinaire de la capitale de Gaules, remonte au XIXe siècle.

Les coteaux de Montagnieu surplombent le Rhône, sur lequel les barriques de vin, embarquées sur les bateaux à fonds plats, chargés des pierres qui servaient à consolider les quais de Lyon, descendaient le fleuve. Le voyage et la garde dans des caves aux températures erratiques sont à l’origine des premières bulles. Ce constat a conduit certains vignerons à réfléchir à une méthode plus raisonnée pour obtenir l’effervescence. Ils ont opté pour la méthode champenoise, sans doute après les échanges, au fond des tranchées, avec les soldats champenois.

Produit sur les communes de Montagnieu, Briord et Seillonnaz, vinifié avec les cépages altesse, chardonay et mondeuse (au moins 70% de l’assemblage seul ou à trois) complété par gamay, pinot noir, molette et jacquère, ce pétillant a ses inconditionnels. Le baron Achille Raverat ne préférait-il pas le montagnieu à « l’infâme tisane de champagne ». Hier Philippe Chavent à la Tour Rose, aujourd’hui au Café des Fédérations, chez Hugon ou au Garet, il a ses défenseurs. « Il n’y a pas d’apéritif plus régional que le montagnieu », soutient Luc Minaire, qui œuvre au Musée. « C’est le pétillant de chez nous », renchérit Isabelle Comerro, du Bouchon des Filles, qui souligne la finesse de ce vin « qui peut accompagner tout un repas ».

Mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent ? « De l’acidité et de la fraîcheur, deux qualités essentielles pour un apéritif, deux qualités qui appellent au bien manger », explique Franck Peillot, l’une des grandes signatures du montagnieu avec la maison Guigard, l’un des pionniers de sa renaissance. À boire sur la jeunesse, raisonnablement alcoolisé (12°), jamais agressif en bouche où il séduit par ses notes de fruits blancs et de pomme verte, vendu à moins de 10 euros, ce vin d’encas pour l’été n’a vraiment pas à rougir devant certains champagnes.

Antonio MAFRA

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