Travaux Sécurisation des écoles publiques : où en est-on ?

Cette école lyonnaise du 2e arrondissement possède un digicode et un interphone. Il est toujours possible aussi de regarder, depuis les fenêtres, qui souhaite entrer dans l’établissement. Photo Sophie MAJOU
Cette école lyonnaise du 2e arrondissement possède un digicode et un interphone. Il est toujours possible aussi de regarder, depuis les fenêtres, qui souhaite entrer dans l’établissement. Photo Sophie MAJOU

Dans le sillage des attentats de 2015, le ministère de l’Education nationale avait demandé aux communes de sécuriser davantage les établissements scolaires.

Sujet tabou s’il en est : la sécurisation des établissements scolaires. Une question que ni Georges Képénékian, le maire de Lyon, ni son adjoint à l’Education Guy Corrazol, n’ont choisi d’évoquer spontanément lors de leur conférence de presse de rentrée vendredi dernier, préférant mettre l’accent sur l’épanouissement de l’enfant grâce aux activités périscolaires. En revanche, questionnée sur le sujet en marge de cette conférence, la Ville a joué la transparence.

« Toutes les écoles qui auront besoin d’un visiophone seront équipées d’ici à fin 2018 »

En raison de bâtis bien différents, la situation n’est pas la même dans les deux cents écoles publiques de Lyon. Des cours sont situées en cœur d’îlot, quand d’autres donnent directement sur la rue.

Ici, pas même une sonnette, mais là, un digicode, un interphone ou encore un visiophone permettant de visualiser à distance, celui ou celle qui veut pénétrer dans l’établissement.

Les entrées d’écoles sont plus ou moins visibles, l’accessibilité des sites plus ou moins aisée. Des gardiens ? Toutes les écoles n’en ont pas.

A la rentrée 2016-2017, priorité avait été donnée à la sécurisation des accès aux écoles avec l’installation ou l’extension des visiophones, en particulier pour les maternelles isolées sans gardien.

Portails et clôtures étaient également rehaussés et des plots en béton installés devant les établissements où un attentat à la voiture-bélier était techniquement possible.

Aujourd’hui, 82 écoles détiennent un visiophone, 89 écoles un interphone, neuf un digicode, sept une sonnette et six écoles un « contrôle d’accès ».

« Toutes les écoles qui auront besoin d’un visiophone seront équipées d’ici à fin 2018 », a assuré l’adjoint. Mais pourquoi est-ce si long ? « Les travaux nécessaires sont programmés, les écoles dotées au fur et à mesure », répond la Ville, pour qui « le contrôle des accès/sécurisation des entrées est la priorité parmi les travaux de sécurité des écoles ».

Le budget consacré est-il suffisant ? La Ville indique avoir budgété 2 044 675 euros sur le mandat 2015-2020, dont 1 million d’euros complémentaire décidé après les attentats.

L’État avait aussi promis une aide. En 2017, la Ville de Lyon bénéficiait ainsi d’une subvention de 170 000 euros qui avait permis de sécuriser deux écoles du 9e arrondissement. En 2018, l’Etat octroyait 130 000 euros, autorisant des travaux dans une douzaine de groupes scolaires dans plusieurs arrondissements (1er, 2e, 3e, 5e, 6e, 7e et 8e).

Quant aux alarmes sonores demandées par le ministère de l’Education nationale pour alerter en cas d’intrusion, « elles sont systématiquement installées dans les nouvelles écoles construites », répond la Ville.

« Priorité » est parallèlement « donnée aux écoles de grande dimension, au bâti complexe », poursuit son porte-parole.

Beaucoup d’écoles n’en sont donc pas équipées. Pour celles-ci, une… corne de brume a été remise à la rentrée 2016 aux directions d’établissements.

M. F. et S. M.

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