rhône Saint-Exupéry : des clients d’Easy Park privés de leurs voitures

Le responsable du site lyonnais, Samy Farhat, est aussi le dernier salarié présent. Il assure une permanence pour permettre aux vacanciers de récupérer leurs clés de voiture. Le gérant et donc patron d’Easy Park s’est lui volatilisé.  Photo Pierre AUGROS
Le responsable du site lyonnais, Samy Farhat, est aussi le dernier salarié présent. Il assure une permanence pour permettre aux vacanciers de récupérer leurs clés de voiture. Le gérant et donc patron d’Easy Park s’est lui volatilisé. Photo Pierre AUGROS

Devant le local d’Easy Park, parking privé low-cost installé à Saint-Laurent-de-Mure, non loin de l’aéroport Saint-Exupéry, le silence règne. Entrecoupé par l’arrivée de quelques clients, venus stationner leur voiture avant d’aller prendre leur avion. Stoppés dans leur élan par le responsable du site, qui leur indique que le parking est désormais fermé, le gérant et patron étant aux abonnés absents après avoir omis de payer ses employés depuis plus de deux mois.

« J’ai mon vol dans deux heures, pour les Canaries, je suis avec ma famille, lâche dépité Julien, un Grenoblois, j’avais réservé ma place il y a deux jours sur Internet. Je vais devoir trouver une solution ». Sur Internet justement, les réservations étaient toujours possibles, laissant des clients sur le carreau, forcés de trouver un plan B. Le site est désormais indisponible.

Samy Farhat, le responsable à St-Bonnet-de-Mure, qui est aussi le dernier salarié présent, invite les clients à déposer plainte à la gendarmerie. Lui-même est démuni face à la situation. Il raconte : « Les salariés n’ont pas été payés depuis plus de deux mois. L’actuel gérant a repris l’affaire en mai 2017. Cela se passait très bien jusqu’en mars 2018, puis cela a commencé à mal tourner. Les salaires tombaient de façon irrégulière, puis plus du tout. Des gens ont eu des interdits bancaires. » Depuis août, le gérant d’Easy Park, qui possède d’autres entités du même type en France (Marseille, Nantes…), est injoignable. Il se serait volatilisé à l’étranger.

« Le 15 août, les salariés – une trentaine – ont craqué », poursuit Samy Farhat, « ils ont quitté le site. L’inspection du travail a été saisie, les Prud’hommes, etc. Au début, je restais jour et nuit, je dormais ici pour restituer les clés de leurs voitures aux clients de retour de voyage ». Une situation qui n’a pas pu durer. Intenable. Invivable.

Durant de nombreux jours, les gens n’ont pas pu récupérer les clés de leurs véhicules. Une famille a par exemple fait l’aller-retour à Limoges pour récupérer un double des clés et pouvoir sortir la voiture du parking. Depuis jeudi dernier, Samy assure une permanence de 14 à 20 heures, tandis que le dossier avance sur le plan judiciaire, avec pour cadre une liquidation. Rendez-vous est d’ailleurs pris pour les employés ce jeudi devant la chambre des procédures collectives du tribunal de commerce de Lyon. « Les clients sont des victimes, mais nous aussi. Les salariés ne peuvent prétendre à des indemnités chômage, ou chercher un emploi ailleurs en l’état des choses ». 

Navettes et information : l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry à la rescousse

L’aéroport de Lyon a très vite réagi en prenant des mesures pour aider les passagers mis en difficulté par la fermeture soudaine du parking privé Easy Park.

Depuis vendredi soir, un message est diffusé dans les terminaux de l’aéroport, pour inviter les voyageurs à rejoindre des points d’information. Une navette gratuite a aussi été mise en place entre l’aéroport et le parking de Saint-Laurent-de-Mure.

La société défaillante est complètement distincte de l’aéroport et des autres parkings du site de Satolas, mais les responsables de Lyon-Saint-Exupéry ont tenu à chercher des solutions pour les usagers. « Nous ne sommes absolument pas responsables de cette situation mais nous tenons à assurer une continuité du service public », dit un responsable de l’aéroport.

Valérie BRUNO

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