se déplacer Trottinettes, hoverboards, gyropodes : on roule comment ?

Ni vraiment interdits, ni tout à fait autorisés, ces nouveaux véhicules n’ont pas encore trouvé leur place dans l’espace public. Photo d’archives AFP/Christophe ARCHAMBAULT
Ni vraiment interdits, ni tout à fait autorisés, ces nouveaux véhicules n’ont pas encore trouvé leur place dans l’espace public. Photo d’archives AFP/Christophe ARCHAMBAULT

Avec l’arrivée des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI) sur les trottoirs lyonnais, difficile d’y voir clair sur la manière de circuler, faute de réglementation spécifique. Éclairage autour de ces nouveaux usages.

Sur la route, sur les pistes cyclables, sur les trottoirs, sur les voies de bus… À Lyon, les nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI) sont partout. Les Lyonnais raffolent des gyropodes, des trottinettes électriques, des hoverboards ou encore des monoroues. « Ces activités explosent, détaille Vincent Magdinier, directeur de Mobilboard (Lyon 2e ), qui propose de faire découvrir la cité sur des segway ou des trottinettes électriques. Notre clientèle est à 70 % lyonnaise, et chaque année, la demande augmente. »

À Lyon, les spots les plus courus – et les plus sûrs – sont les incontournables berges du Rhône, le parc de la Tête d’Or ou encore La Confluence. « Ce sont des engins très pratiques pour se déplacer. Moi-même je l’utilise pour aller au travail. Mais ça fait du monde sur le trottoir. » Sur le trottoir, vraiment ?

Sur les trottoirs ou sur la route ?

C’est le flou le plus total. Même si un projet de loi semble être à l’étude, les utilisateurs sont pour le moment soumis aux règles du code de la route… des piétons, faute de mieux. En clair, les NVEI ne sont pas autorisés sur les voies de circulation mais sont tolérés dans les zones piétonnes et sur les pistes cyclables. Considérés comme des piétons, les utilisateurs doivent emprunter les passages réservés, respecter les feux et donc circuler sur le trottoir. Mais attention, à condition de ne pas gêner les piétons et de ne pas rouler trop vite.

La vitesse doit être adaptée en fonction et ne doit pas dépasser 6 km/h. Pas facile, ces petits bolides peuvent monter jusqu’à 25 km/h, voire plus pour certains modèles. Ceux-là, qui nécessitent un signalement en préfecture, doivent n’être utilisés que sur « des terrains adaptés à leur pratique » : ni sur la route, ni sur le trottoir donc. Alors, on fait quoi ?

Quelles sanctions ?

Les mêmes que les piétons en infraction : des contraventions de première classe, qui peuvent se justifier par une amende de 4 à 7 €. Vous ne pouvez pas être sanctionné pour « usage d’une trottinette électrique » par exemple, mais vous pouvez l’être pour avoir traversé en dehors des clous.

Cependant, un comportement mettant délibérément en danger la vie d’autrui vous expose à une peine d’un an d’emprisonnement et à 15 000 € d’amende. Là encore, compte tenu du contexte, les autorités font souvent preuve de tolérance.

Faut-il s’équiper ?

Il n’y a pas d’obligation, mais il est fortement conseillé de porter un casque et des gants a minima. Des genouillères, des protège poignets ou autres équipements sont également recommandés.

Qui peut conduire ces nouveaux véhicules ?

Il n’y a pas d’âge minimum légal. Ces engins sont simplement déconseillés au moins de 10 ans, la plupart des modèles exigeant un poids minimum estimé entre 20 et 30 kg.

Faut-il souscrire une assurance ?

La réponse est oui. Et c’est même obligatoire. Selon la Fédération française de l’assurance (FFA), ces engins sont soumis à la même obligation d’assurance que les motos ou les voitures. Il faut donc impérativement déclarer l’utilisation de l’appareil pour vous couvrir en cas de dommages causés à autrui. L’assureur proposera un contrat d’assurance spécifique ou adaptera la garantie responsabilité civile de votre contrat multirisque habitation.

La conduite sans assurance constitue un délit. Le code de la route prévoit ainsi des sanctions pénales sévères : en théorie jusqu’à 3 750 € d’amende et la confiscation de votre engin. En pratique, 500 € d’amende pour la première verbalisation. En cas d’accident, le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) indemnisera la victime, mais se retournera contre l’utilisateur pour récupérer les sommes versées à la victime.

Le responsable de l’accident, non assuré, doit verser au FGAO une contribution de 10 % des indemnités, précise la FFA.

Combien ça coûte ?

Si bon nombre d’assureurs incluent la couverture des NVEI dans les contrats multirisques habitation, certains élaborent aussi des contrats spécifiques.

Chez Groupama, le contrat varie selon la vitesse. Si le véhicule dépasse 6 km/h, il faudra souscrire une assurance 2/3 roues spécifiques. À la Macif, si l’engin peut se déplacer seul, son propriétaire doit signer un contrat “Assurance engins spéciaux”. Les différents assureurs précisent que ces prestations oscillent entre environ 7 et 15 € par mois.

Hugo PONCET

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