Solidarité A Lombok, deux étudiants distribuent 60 000 repas en quelques jours

Anne Perrin et Florian Gassmann ont survécu au tremblement de terre qui a ravagé Lombok. Quelques jours plus tard, ils ont organisé le ravitaillement de plusieurs milliers de personnes brutalement privées de toit, d’eau et d’électricité. Photo DR
Anne Perrin et Florian Gassmann ont survécu au tremblement de terre qui a ravagé Lombok. Quelques jours plus tard, ils ont organisé le ravitaillement de plusieurs milliers de personnes brutalement privées de toit, d’eau et d’électricité. Photo DR

Anne, licenciée en droit à l’université Lyon 3, et Florian, en école de commerce à Marseille, étaient en vacances en Indonésie au moment du séisme. Au lieu de fuir, ils ont créé un réseau solidaire.

« Quand on a senti la secousse, on a couru vers la plage. » Le 5 août, sur la toute petite île indonésienne de Gili Meno, Anne Perrin et Florian Gassmann ont éprouvé le séisme de magnitude 6,9 qui a ravagé l’île de Lombok, à quelques encablures au sud.

« Nous étions à 50 kilomètres de l’épicentre », poursuit Florian. « Des bâtiments se sont effondrés à côté de nous. On a vu des touristes et des Indonésiens en sortir en panique, plusieurs étaient blessés… »

Le couple, originaire d’Annecy, passe la nuit dans un champ avec de nombreux autochtones et étrangers brutalement privés de toit. Un tsunami menace. Les deux jeunes gens, âgés de 24 ans, savent qu’une vague géante signerait certainement leur dernière heure. Ils ne peuvent rien faire : l’île est plate. Juste attendre le petit matin.

Dès le lendemain, c’est l’exode. Tout le monde se rue sur les bateaux qui effectuent la navette entre les îles. Au risque de les faire couler, chacun ne pense qu’à rejoindre la côte. De nombreux touristes quittent la région au plus vite.

« Ça a été un déclic »

Le jeune couple rejoint aussi l’île de Lombok. Mais pas pour fuir, au contraire. « Nous avons été pris en stop par un homme qui apportait des vivres dans son village, ça a été un déclic », raconte Anne.

« On ne se sentait pas capable de continuer nos vacances tranquillement. On trouvait aussi injuste de partir avec le pouvoir d’achat dont nous disposons », complète son compagnon.

Anne et Florian repartent donc… en direction de l’épicentre, là où les réfugiés tentent de survivre. « Ici, on a vu des gens très solidaires pour apporter leur aide, physique à ceux qui étaient blessés. En revanche, il y avait d’autres besoins et on s’est dit qu’on allait les aider sur nos deniers personnels », raconte Florian.

Pour autant, les deux étudiants se rendent vite compte qu’ils n’y arriveront pas tout seuls. Le 9 août, ils lancent donc un appel aux dons et partagent leur quotidien sur un mur Facebook MAD Lombok (Make a difference Lombok).

Des amis relaient cet appel, notamment Sandrine Isambard, étudiante en master à l’EM Lyon, école dans laquelle Anne poursuivra ses études à partir de septembre.

En quelques jours, les étudiants récoltent plus de 6 000 euros auprès de 142 contributeurs : famille et amis participent en premier lieu à cette collecte, laquelle est toujours active sur la plateforme Leechi.

Quatre tonnes de riz distribuées

Dans une région où le touriste roi se dore la pilule à peu de frais, l’impact est démultiplié : Anne et Florian ont déjà distribué 60 000 repas, ils ont acheté quatre tonnes de riz, quatre tonnes d’eau, 600 kilos d’œufs, ils ont également pu fournir des couches pour bébés, des savons, du matériel médical…

Le 18 août, leur séjour s’achève. « Mais nous sommes en train d’assurer la continuité du projet, en contrôlant l’utilisation des fonds », précise Anne.

Selon l’étudiante, une dizaine de bénévoles est déjà en place pour continuer à faire vivre cette initiative menée à bien en quelques heures avec les moyens du bord, « Je suis bluffée par l’optimisme des locaux. Certains ont tout perdu, mais ils gardent le sourire », conclut Anne.

Muriel FLORIN

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