Transports L’omnibus entre Givors et Lyon est supprimé

Les arrêts desservis par l’omnibus, annonce SNCF Mobilités, seront désormais pris en charge par les trains de la ligne Firminy – Lyon.  Photo d’archives Maxime NAUCHE
Les arrêts desservis par l’omnibus, annonce SNCF Mobilités, seront désormais pris en charge par les trains de la ligne Firminy – Lyon. Photo d’archives Maxime NAUCHE

Suspendue habituellement pendant l’été, cette ligne ne reprendra pas ses trajets à la rentrée. Salariés et usagers s’en inquiètent.

« Ça ne reviendra pas. » En cette seconde moitié du mois de juillet, la CGT cheminots l’affirme par la voix de son représentant régional, Laurent Aubeleau : l’omnibus qui circule entre Givors et Lyon, suspendu l’été, ne reprendra pas du service en septembre.

Cette ligne fonctionnait jusqu’à présent en heure de pointe, du lundi au vendredi, avec une cadence de neuf trajets de Givors à Lyon, et huit dans l’autre sens. Les trains desservaient les gares de Givors-ville, Givors-canal, Grigny-le-Sablon, Vernaison, Pierre-Bénite, Oullins et Lyon-Perrache.

« Un vrai recul du service public », selon la CGT cheminots

La raison de cette suppression selon la CGT ? "On nous répond que l’objectif est de fiabiliser le plan de transports", souligne Laurent Aubeleau, qui n’y croit pas. "On est plutôt dans la logique de la réforme ferroviaire et du rapport Spinetta".

Deux éléments, selon la CGT cheminots, synonymes d’une baisse de la qualité du service : « Les trains entre Firminy et Perrache vont désormais desservir Givors et les autres gares. En ajoutant des arrêts, on augmente le temps de trajet de 11 minutes. Et en termes de capacité, il y aura davantage de monde. » Ce que la SNCF dément (lire ci dessous).

Les membres de la CGT cheminots craignent aussi un impact sur le temps de service des conducteurs et des agents en gare. « Ce n’est pas annoncé, mais mathématiquement, il y aura une baisse de la charge de travail, et à terme, nous craignons une baisse du temps de service. Il y a des conséquences pour les usagers et pour les cheminots, c’est un vrai recul du service public. » Et Laurent Aubeleau de conclure : « À une époque où l’on encourage les gens à utiliser les transports collectifs, ça n’a pas de sens. »

« Un non-sens écologique »

Un constat que partage la maire de Givors, Christiane Charnay, qui parle, elle, de « non-sens écologique ». « Cette décision va augmenter les temps de trajet domicile-travail et favoriser le recours à l’automobile dans un contexte déjà difficile pour celles et ceux qui vivent ou travaillent à Givors. »

Elle accuse par ailleurs la Région d’avoir pris cette « mesure impopulaire et révoltante », « dans le plus grand secret, puisqu’elle n’a pas consulté les villes concernées, pas plus qu’elle n’a jugé nécessaire d’informer les maires » (1). C’est par la CGT cheminots que l’information est arrivée à Givors.

Un collectif pour la défense de la ligne Givors-Lyon est en train de se créer. Il n’est pas exclu que ses membres mènent une action dès septembre. La rentrée, après de longs mois de grève contre la réforme ferroviaire, ne s’annonce pas de tout repos pour la SNCF.

1- La Région n’a pas donné suite aux demandes de précisions du "Progrès".

« Le service reste équivalent »

Du côté de SNCF Mobilités, on se veut rassurant et pédagogue : « Les travaux en gare de Lyon Part-Dieu et, par effet domino, leur impact sur la gare de Perrache, limitent la capacité d’accueil de ces deux sites durant quatre ans. La SNCF, en accord avec la Région, a donc dû réorganiser le plan de transport afin que le nombre de trains soit compatible avec cette contrainte d’exploitation. » Avec, pour conséquence, la suppression des omnibus entre Lyon-Perrache et Givors.

« Un parcours allongé de huit minutes », selon la SNCF

La SNCF confirme le remplacement de l’omnibus par la ligne Lyon-Perrache- Saint-Étienne-Firminy, par « des arrêts supplémentaires pour les gares situées entre Givors et Oullins » : « Le service reste donc équivalent pour les usagers des gares de la rive droite du Rhône entre Givors et Lyon-Perrache. Les trains Givors-Lyon-Perrache assuraient les dessertes et partaient six minutes après les trains Firminy-Perrache qui, eux étaient directs et donc logiquement privilégiés par les Givordins pour se rendre à Lyon. Les trains omnibus avaient un très faible taux de remplissage au départ de Givors, seule gare à proposer cette alternative. »

En revanche, sur les temps de trajets, elle conteste le calcul de la CGT cheminots : « Les trains Firminy-Lyon, qui effectueront des arrêts supplémentaires pour satisfaire le besoin de desserte sans perte de fonctionnalité pour les usagers, verront leur temps de parcours allongé de huit minutes. »

SNCF Mobilités précise enfin que ce n’est pas la première fois qu’un tel changement se produit : « En 2017, lors de travaux en gare de Perrache, il avait donné des résultats satisfaisants en termes de capacité d’emport et de ponctualité. »

> Renseignements en cliquant ici ou via l’application mobile SNCF ; sur Twitter : @SNCFTERAURA ; et par Allo TER au 09.69.32.21.41.

Raymond Combaz. Photo d’archives Julie OLAGNOL
Raymond Combaz. Photo d’archives Julie OLAGNOL

Un collectif d’usagers créé

Raymond Combaz, secrétaire de section (Givors-Grigny) du Parti communiste et conseiller municipal à Givors, annonce la création d’un collectif d’usagers « pour la défense de la ligne Givors- Lyon ». Il explique : « La SNCF et la Région se servent du mouvement des cheminots, qui font grève pour défendre le service public, pour avancer la date : sur le site internet de la SNCF, nous avons lu que la suppression de l’omnibus ne devait pas intervenir avant 2019. »

Il dénonce un multiple « effet boule de neige » à venir. D’abord sur la qualité de l’air : « D’un côté, on nous incite à ne plus prendre la voiture, y compris en hiver. Mais de l’autre, en allongeant le temps de trajet et en surchargeant des trains, on décourage les gens de prendre les transports en commun. » Autre effet : « Sur les dépenses des collectivités pour l’entretien des routes, qui coûte très cher. » Sans oublier la question des accidents de la route. D’où la création du collectif. « Nous devons intervenir avant que la ligne ne ferme officiellement, poursuit Raymond Combaz. Nous devons nous réunir, nous exprimer, et appeler les gens concernés. » Parmi eux, les maires et députés. « Nous avons créé une page Facebook et une adresse mail pour que chacun puisse donner son avis, et ses propositions. » Début septembre, ils entendent mener une action d’information auprès des usagers.

> Contacts : usagers.givors.lyon@gmail.com ; sur Facebook : usagers.givors.lyon

L. S.

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