Villeurbanne Feyssine : la baignade de tous les dangers

Les baigneurs pris en flagrant délit peuvent écoper d’une amende de 38 €.  Photo Lucas LARCHER
Les baigneurs pris en flagrant délit peuvent écoper d’une amende de 38 €. Photo Lucas LARCHER

Pour l’instant, il n’y a pas de nouvelle noyade à déplorer aux abords du parc de La Feyssine. Faut-il pour autant y voir le succès de la signalisation mise en place par la Ville ? Rien n’est moins sûr.

C’est ce qui s’appelle un coup d’épée dans l’eau. Selon les habitués du parc de La Feyssine que nous avons interrogés, l’opération de prévention de la Ville est bien peu efficace. La signalisation, mise en place en 2016, fait surtout office de figuration. Les baigneurs restent nombreux, et les risques n’ont pas changé.

Limites de la signalisation

Courants traîtres, rochers dissimulés, tourbillons, etc. L’absence de noyade ne relèverait donc pas d’une réelle prise de conscience collective. Cet été pourrait encore voir son lot de drames.

Quatre panneaux, disséminés le long de la zone de baignade principale, rappellent aux usagers l’interdit en vigueur. Pour un jeune couple croisé au bord de l’eau, c’est une raison suffisante pour résister à la tentation de piquer une tête.

Des fleuves pollués

« On se trempe les pieds, rien de plus, confient-ils. On sait que c’est dangereux, alors on ne se baigne pas. Mais honnêtement, avec ou sans panneau, les gens qui veulent aller dans l’eau le font. » La rive du fleuve est en effet très facilement accessible, depuis de nombreux endroits du parc.

Raison supplémentaire, dans nos éditions du 21 juillet 2015, l’Agence régionale de santé (ARS), rappelait les risques d’insalubrité du Rhône et de la Saône, « des exutoires des grosses stations d’épuration des collectivités ». Rappelons que le parc de La Feyssine est très proche de la station d’épuration du même nom…

Prudence Aux abords d’un fleuve, comme d’une piscine, la vigilance s’impose. À Villeurbanne le week-end dernier encore, un petit garçon de 25 mois et une femme de 62 ans se sont noyés. Seul l’enfant a pu être réanimé. 

Cyril, la quarantaine, vient à la Feyssine depuis vingt ans. Il connaît bien les dangers du fleuve, et assiste tous les ans à des comportements hélas devenus classiques.

« Un ami à moi s’est noyé ici, confie-t-il. Je suis conscient du danger alors je ne nage pas, je me trempe seulement. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Il n’y a pas longtemps, j’ai vu un gosse courir après son ballon tombé dans le Rhône. C’est un mec tout habillé qui a plongé direct pour le rattraper. Ses propres parents ne s’étaient rendu compte de rien. Il y a deux semaines encore, j’ai vu quatre jeunes nager dans le fleuve, ajoute Cyril. Ils sont nombreux à plonger, ou à sauter dans l’eau. Je les avertis, je leur dis que les courants sont dangereux et que les rochers ne sont pas loin. Mais rien n’y fait. “On sait, on connaît”, ils me disent. Les gens ne se responsabilisent pas. Ils sont trop sûrs d’eux… »

Il reprend : « après le week-end, il y a souvent des bières vides sur les galets. Les jeunes viennent ici le soir pour boire entre eux. Et après, ils vont se rafraîchir dans le fleuve. On n’a pas eu de noyé cet été mais ça ne saurait tarder. Je ne comprends pas que la Ville ne fasse pas plus pour la prévention. Je trouve que les panneaux ne sont pas assez visibles. Il faudrait que soient indiquées les dates de chacune des noyades ayant eu lieu ici. Il faut que les panneaux frappent les gens, qu’ils les remarquent. Sinon ils ne servent à rien », conclut Cyril.

Lucas Larcher

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