Economie “Ville intelligente” : la Métropole avance mais peut encore mieux faire

Des panneaux de signalisation girouette sont installés dans le quartier de la Confluence. / Photo archives Richard MOUILLAUD
Des panneaux de signalisation girouette sont installés dans le quartier de la Confluence. / Photo archives Richard MOUILLAUD

De l’efficacité énergétique à la mobilité des personnes, le concept de ville intelligente est devenu omniprésent à Lyon. Mais de quoi s’agit-il ?

Lyon vient de se voir attribuer la quarante-cinquième place parmi les cinquante villes intelligentes par Eden Strategy Institute, important cabinet de conseil basé à Singapour. Pas de quoi pavoiser a priori si ce n’est que la Métropole, première ville française dans ce classement international des “smart cities”, devance tout juste Paris. Mais bien loin de ses concurrentes comme Londres qui arrive en tête ou encore Montréal (6e), Boston (7e) ou encore Barcelone (9e). Belle occasion de voir ou revoir ce qu’on entend par le concept de “ville intelligente”.

« Répondre aux enjeux de densité et de croissance économique »

Il est vraiment apparu avec le développement du numérique et ses multiples applications dans le quotidien des urbains de plus en plus nombreux sur la planète. Aussi, les pouvoirs publics cherchent à optimiser toute cette dynamique du digital « pour engager une transformation urbaine en phase avec les aspirations de ses habitants et répondre à ses enjeux de densité, de croissance économique, de nouveaux modes de vie, d’empreinte écologique à son échelle et en fonction de ses atouts », comme nous l’explique Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge de l’Innovation, métropole intelligente, développement numérique et mobilité intelligente.

Le citadin du XXIe siècle n’est plus le même que celui du XXe siècle. Utiliser un vélo en partage comme les Velo’v en se servant de son “téléphone intelligent” ou smartphone prouve bien que la ville intelligente n’est plus un seul concept, mais qu’il s’agit bien une réalité ancrée dans le temps (dix ans) au service des Métropolitains. Illustrant bien ce changement de comportements et de pratiques urbaines qui engendrent la création de nouveaux services et un mode de gestion de la circulation plus adapté aux deux-roues.

D’autres applications pourraient émerger dans le quotidien des Métropolitains comme dans l’utilisation des transports en commun ou encore dans d’autres domaines (transition énergétique, santé, etc.) où l’intelligence liée au numérique peut être concrètement au service de tous. Et permettre un meilleur classement.

Karine Dognin-Sauze : « Nous préférons à Lyon parler d’intelligences de la ville »

Karine Dognin Sauze,   vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge du numérique et de l’innovation. / Photo Joël PHILIPPON
Karine Dognin Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge du numérique et de l’innovation. / Photo Joël PHILIPPON

La vice-présidente de la Métropole en charge du numérique évoque le positionnement de l'institution dans ce domaine.

Penser la ville intelligente, c’est vouloir prendre un temps d’avance sur le développement de la Métropole ?

« Oui c’est penser la ville telle que nous souhaitons la vivre demain et avoir un temps d’avance. Concrétiser une ville intelligente, c’est avoir l’audace de lancer de multiples projets d’innovation et d’expérimentation qui métamorphosent la vie urbaine au quotidien et qui s’appuient sur des dynamiques publiques-privées-population inédites. Nous préférons ici à Lyon parler d’intelligences de la ville au pluriel en faisant référence tout autant aux capacités de connaissance qu’il est aujourd’hui possible de générer à partir des données urbaines que de l’intelligence collective. »

N’existe-t-il pas un risque de fracture face à des personnes peu familières du numérique ?

« C’est en cela qu’il nous paraît essentiel d’accompagner chaque acteur de la ville, y compris les publics les plus éloignés ou les plus fragiles dans l’appropriation des outils numériques et des nouveaux modes de faire, pour permettre à chacun à son échelle d’être une partie prenante en accédant à des lieux, des projets ou des expérimentations de nouveaux services. »

Quelles sont les ambitions de la Métropole dans ce domaine ?

« Notre ambition est de créer un “style de vie à la lyonnaise” et de générer de la valeur économique, sociale et sociétale par l’innovation. La nécessaire transformation de notre ville n’est pas qu’une fin en soi, mais une opportunité pour créer de nouvelles entreprises, de nouveaux savoir-faire et de faire évoluer la façon de vivre en ville et de concevoir la ville. Notre ambition est également d’accompagner et de protéger les populations dans cette ville à l’ère du numérique, de définir les règles, de former et d’informer, d’être tiers de confiance. C’est enfin celle d’offrir un terrain de jeu et un écosystème unique pour innover et expérimenter de grands projets urbains tout autant que de nouveaux services au quotidien. Nous sommes engagés dans cette démarche depuis près de huit ans. La métropole lyonnaise fait de plus en plus référence à l’international pour son approche, ses principes et ses réalisations. »

Recueilli par Vincent ROCKEN

Quelques exemples

La navette autonome Navly dans le quartier Confluence. / Photo archives Richard MOUILLAUD
La navette autonome Navly dans le quartier Confluence. / Photo archives Richard MOUILLAUD

La voiture autonome sans chauffeur

Le secteur de la mobilité des personnes est souvent cité comme l’exemple le plus illustre en matière de ville intelligente. À l’image des véhicules autonomes comme ceux conçus par Navya (Villeurbanne) qui a déjà commercialisé 67 de ses navettes autonomes dans seize pays aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Suisse, au Japon et en Australie.

Les Velo’v

Plus accessible que la navette Navya, Velo’v rencontre un succès populaire avec 73 000 abonnés. 4 000 nouveaux vélos sont en libre-service depuis le 18 juillet.

Le Tuba

Ce lieu d’innovation et d’expérimentation pour la ville de demain, est porté depuis quatre ans par l’association Lyon Urban Data. Il est ouvert aux citoyens, aux entreprises et aux collectivités. Il est cité en exemple dans l’étude d’Eden Strategy Institute (www.tuba-lyon.com)

Des projets concrets à venir…

Le pass urbain Trabool ou le guichet numérique Toodego avec pour objectif commun de faciliter l’accès aux services de la ville et personnaliser l’expérience urbaine.

Le R Challenge, pour accompagner des projets numériques qui proposent une réelle démarche d’innovation concernant les enjeux de la qualité de l’air pour la qualité de l’air.

Des tables interactives afin de faciliter le dialogue avec des personnes ayant des difficultés avec le français, seront installées dans les Maisons des Métropoles.

Vincent ROCKEN

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