Patrimoine La ruelle Punaise, l’une des 400 traboules de Lyon

La ruelle Punaise dans le Vieux-Lyon est un ancien égout à ciel ouvert datant du Moyen-Âge. Il est ici photographié depuis la rue Juiverie et est interdit d’accès.  Photo Maxime JEGAT
La ruelle Punaise dans le Vieux-Lyon est un ancien égout à ciel ouvert datant du Moyen-Âge. Il est ici photographié depuis la rue Juiverie et est interdit d’accès. Photo Maxime JEGAT

Si leur nom provient du latin transambulare c’est-à-dire passer à travers, elles illustrent en partie Lyon : on y recense plus de quatre cents traboules, dont plus de la moitié au sein du Vieux-Lyon, où elles sont toujours un passage couvert réservé aux piétons, permettant de circuler d’une rue à l’autre, en passant sous les maisons et habitations, via couloirs, cours, escaliers et tutti quanti.

Une activité qui remonte au IVe siècle, quand les Lyonnais de l’époque quittèrent les hauteurs désormais privées d’eau après les destructions visant les aqueducs romains, afin de gagner le front de Saône avec eau à la disposition de tous.

Ainsi naquit ce monde bien particulier, dont restent et témoignent des vestiges, moins sombres que jadis mais toujours un brin mystérieux, parfois fermés au public, du moins une partie de la journée, mais mobilisant volontiers les visites patrimoniales commentées, toujours très en forme à Lyon.

Rarissime

Un petit site singulier autant que particulier représente pour sa part, justement au cœur du Vieux-Lyon, un urbanisme voisin mais devenu rarissime dans la cité : une ruelle. Un autre lieu de passage installé entre deux murs, servant à aller d’une rue à l’autre, où l’on entre souvent par un porche installé sous une maison. C’est justement le cas de la ruelle Punaise, située au n°16 de la rue Juiverie, rue piétonne du Vieux-Lyon qui se dirige vers la place Saint-Paul et décline tout un monde d’immeubles aux façades sculptées, aux tours, aux escaliers, aux galeries et allées soutenues par des croisées d’ogives décorées. Pour sa part, la froide ruelle Punaise, dont l’origine du nom se perd dans la nuit des temps, pouvait servir de passage entre cette rue Juiverie et la montée Saint-Barthélemy qui grimpe vers Fourvière, juste au-dessus. Une chose devenue impossible récemment : outre une grille cadenassée qui empêche désormais de ressortir par le haut, une nouvelle et indiscrète barrière vient de lui être apposée sur la partie basse. À petit patrimoine, même rare, pas de mise en valeur !

Gérard CORNELOUP

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