Météo Alerte canicule : pourquoi si souvent dans le Rhône ?

Incontournable des jours de canicule à Lyon, les jets d’eau de la place Antonin-Poncet. Photo Pierre AUGROS
Incontournable des jours de canicule à Lyon, les jets d’eau de la place Antonin-Poncet. Photo Pierre AUGROS

La fréquence des épisodes ne dépend pas seulement de la chaleur en journée.

Il y a davantage d’épisodes caniculaires

Vrai

C’est Météo-France qui le dit: depuis 2004, il y a eu une vingtaine d’épisodes dans le Rhône (dont quatre en 2017), une dizaine dans l’Isère et jamais plus de dix pour chacun des autres départements de la grande région Auvergne-Rhône-Alpes,

La dernière alerte s’est déroulée du samedi 30 juin au lundi 2 juillet au matin matin. Si elle a concerné une grande partie de la France seul le département du Rhône était en vigilance orange. Les autres étaient en jaune, ce qui signifie seulement qu’on se prépare à intervenir.

Il fait plus chaud la journée

Faux

Il ne fait pas forcément plus chaud dans le Rhône que dans les départements voisins. En revanche, les températures la nuit ont davantage de mal à descendre. Explication: il y a davantage de béton, en particulier dans la métropole lyonnaise. «C’est le phénomène d’îlot de chaleur urbain» explique Gabriel Chantrel, prévisionniste à Météo-France (sur le site de Bron). «L’enrobé accumule beaucoup de chaleur et la restitue la nuit ce qui maintient une température élevée». A la campagne, la végétation « transpire », évaporant l’eau présente en profondeur dans le sol et restitue l’énergie au fur et à mesure. Plus difficile pour les citadins de récupérer après la fatigue générée par le coup de chaud diurne.

On déclenche plus facilement l’alerte

Vrai et Faux

Il faut d’abord rappeler les conditions de «vigilance orange» à savoir le niveau correspondant l’alerte canicule, qui déclenche des actions de la part des autorités de santé et de l’Etat. Dans le Rhône, il faut atteindre une température d’au moins 34 degrés le jour et de 20 degrés la nuit pendant au minimum trois jours consécutifs. A Lyon, la préfecture précise que cette barre d’alerte est fixée par Météo-France. Les seuils du Rhône sont identiques en Saône-et-Loire et très proches en Isère (34 degrés le jour/19 degrés la nuit). Ils sont un peu plus exigeants dans l’Ain (35 degrés le jour/ 20 la nuit) et dans la Loire (35 degrés jour/19 degrés nuit); En revanche ils sont nettement moins favorables que dans la Haute-Loire (32 degrés jour, 18 degrés nuit).

Ces seuils sont relativement mystérieux

Vrai

Après la canicule de 2003, L’INVS (aujourd’hui Santé Publique France) et Météo France ont analysé 30 ans de données dans 14 villes pilotes (dont Lyon) pour établir des indicateurs biométéorologiques (IBM). Ils ont notamment corrélé des indices de surmortalité et aux pics de chaleur; Ces calculs les ont donc amenés à définir comme seuils d’alerte des moyennes de température sur trois jours. La taille des villes, la chaleur que les habitants sont habitués à supporter entreraient aussi dans ces comptes. Ainsi, un Parisien est visé par l’alerte canicule à partir de 31 degrés le jour et 21 la nuit. Un Marseillais attendra 35 degrés le jour et 24 la nuit.

Davantage de canicules dans l’avenir

Vrai

«Sur les trois ou quatre dernières décennies, les vagues de chaleurs sont devenues deux fois plus fréquentes» rappelle Gabriel Chantrel. «Elles apparaissent plus tôt et plus tard dans la saison». Selon le prévisionniste de Météo-France, si les émissions de gaz carbonique ne diminuent pas, la canicule exceptionnelle de 2003 deviendra une vague de chaleur normale à la fin du siècle... Que dire alors des futures «vraies» canicules!

Muriel FLORIN

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