Parents et enfants Enfin une cantine pour le collège Vendôme... mais les élèves vont encore marcher

Les élèves de 6 e devaient prendre un bus pour aller déjeuner à La Doua.  Photo archives Sophie MAJOU
Les élèves de 6 e devaient prendre un bus pour aller déjeuner à La Doua. Photo archives Sophie MAJOU

La Métropole vient de présenter aux élus du 6e , son projet pour donner enfin un restaurant scolaire au collège Vendôme. Sauf que l’option retenue ne satisfait ni la mairie d’arrondissement, ni les parents d’élèves.

Cela fait des années que les parents d’élèves du collège Vendôme réclament une cantine pour cet établissement qui accueille 872 élèves. Au passage, ils espéraient que ce chantier serait l’occasion de régler un second problème : le collège est coupé en deux. De la 5e  à la 3e , les collégiens sont sur le site historique, rue Vendôme, les 6e  sont dans l’annexe, rue Montgolfier. Mais la Métropole ne réglera pas cette question – trop onéreux – et vient de soumettre sa décision aux élus du 6e  arrondissement : le futur restaurant scolaire sera construit à côté de l’annexe. Les sixièmes n’auront plus à aller manger à La Doua en prenant un bus. Mais tous les autres, qui allaient à pied au lycée Herriot, devront toujours marcher pour pouvoir déjeuner.

« Mettre la cantine sur le mauvais site sera une erreur initiale sur laquelle on ne pourra pas revenir quand il s’agira de rénover le collège qui en a grandement besoin », s’inquiète Analia Cabrera, représentante de parents d’élèves PEEP. Elle regrette les courriers à la Métropole restés sans réponse – « un manque de considération des parents d’élèves » –, et une solution qui ne réglera par la question de la sécurité des enfants sur le trajet de la cantine, ni le coût de leur accompagnement.

Une contre-proposition « qui n’a pas été étudiée »

Une crainte partagée par Laurence Croizier, adjointe à l’Urbanisme de l’arrondissement : « Je travaille depuis longtemps sur ce dossier et il y a dix jours, lors d’une réunion, on nous impose la solution d’une cantine sur le site de l’annexe. Nous avions soumis une autre solution qui n’a pas été étudiée. J’avais sollicité un promoteur lyonnais qui a regardé les travaux nécessaires et la constructibilité du site. Ses propositions font que d’un problème de cantine, on arrive à régler tous les problèmes du collège ». Une idée qui inclut la vente du site “annexe”, la fermeture de la rue Crillon entre le collège et l’école Jean-Racine, le rehaussement de certaines parties du site pour les mettre au niveau du reste du bâtiment (R + 3).

Une idée qui n’a pas séduit Éric Desbos, membre de la commission Éducation, Collèges et Actions éducatives à la Métropole : « C’est une histoire ancienne qui n’a pas été gérée par le Département à l’époque. Dès le début de ce mandat, nous avons mis Vendôme dans nos projets prioritaires et, en 2016, nous avons voté 4,4 millions pour lui donner une restauration scolaire. Les services ont étudié la proposition alternative : cela nous entraînerait dans une restructuration à 23 millions d’euros. Même avec la vente du site de la rue Montgolfier et les 4,4 millions, ça ne fait pas la maille. À ce tarif, on ne pourrait plus construire le nouveau collège prévu dans le 7e  arrondissement », estime l’élu métropolitain qui imagine déjà les problèmes liés à la fermeture de la Crillon et « aux riverains qui auront une cour en bas de chez eux ». Il affirme en outre que l’annexe, un bâtiment du XVIIIe  siècle, serait en partie classée. Pour lui, si les collégiens font « 300 mètres dans la rue pour aller manger, ce n’est pas insurmontable ».

Un point de vue qu’Éric Desbos pourra défendre, mardi 10 juillet, lors d’une rencontre avec les parents d’élèves. Ces derniers qui s’estiment « pris en traître » par cette demande de rendez-vous si tardive, annoncent déjà vouloir « sortir les banderoles et occuper le collège » à la rentrée de septembre.

Une rallonge d’un million d’euros

Les parents d’élèves du collège Vendôme dénoncent d’autres soucis que la localisation de la future cantine : vétusté du gymnase et des salles de sciences, problèmes d’accessibilité sur le site principal, absence de centre de documentation et d’information (CDI) pour les sixièmes, à l’annexe… Pour désamorcer leur colère, Éric Desbos a annoncé au Progrès la décision de dégager une enveloppe supplémentaire de 1 million d’euros. « Nous allons travailler sur l’accessibilité du collège Vendôme et nous allons refaire les salles de sciences, s’engage l’élu. Les travaux qui seront faits le seront en prévoyant les possibles évolutions du bâtiment, sans perdre l’argent engagé. »

Jean-Christophe MORERA

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