Nuits de fourvière Birkin sublimera Gainsbourg avec l’Orchestre de Lyon

Jane Birkin devant l’immeuble où elle vécut avec Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris.  Photo Carole BELLAICHE
Jane Birkin devant l’immeuble où elle vécut avec Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris. Photo Carole BELLAICHE

« Revenir une fois de plus à Serge… Je n’ai pas trouvé mieux » : Jane Birkin fait son retour avec Birkin Gainsbourg le symphonique, dans lequel elle revisite, avec l’Orchestre National de Lyon, le répertoire de celui qui a souvent emprunté au classique.

Cela faisait cinq ans que Jane Birkin avait délaissé la chanson. Les dernières années furent celles d’épreuves douloureuses : il y a d’abord eu le suicide de sa fille Kate en 2013 et une leucémie dont elle a mis un an et demi à guérir. Puis en 2015, « le hasard m’a amenée à ce nouveau projet. J’étais au Québec. Je racontais à l’animatrice Monique Giroux que Serge s’inspirait souvent de la musique classique. Elle m’a demandé pourquoi je ne reprendrais pas ses chansons avec un orchestre classique », explique l’artiste de 70 ans. « Elle m’a donné un contact de l’orchestre symphonique de Montréal, enchaîne-t-elle. Il apparaissait possible de le faire dans le contexte des Francofolies dans cette ville. Je ne pensais pas qu’on ferait ça tout de suite, mais tout était prêt ou presque et on l’a fait. »

Le concert fait sensation et Jane Birkin bluffe son auditoire. Une impression confirmée à l’écoute de son disque, publié l’année dernière et enregistré avec l’orchestre de la radio polonaise à Varsovie, dans lequel la voix fluette de la chanteuse trouve un heureux équilibre avec l’ensemble qui l’accompagne. Le tout grâce aux arrangements du pianiste japonais Nobuyuki Nakajima.

« Il serait content »

Faire jouer du Gainsbourg par des musiciens classiques est un juste retour des choses pour celui qui puisa allègrement dans les répertoires de nombreux compositeurs, pour ses propres chansons comme celles écrites pour ses nombreuses muses.

Parmi les plus célèbres : Dvorak pour Initials BB , Beethoven pour Poupée de cire, poupée de son , Brahms pour Baby Alone in Babylone , Chopin pour Jane B , Grieg pour Lost Song. Ces trois derniers titres figurent dans le disque, aux côtés d’autres chansons plus inattendues comme Requiem pour un con ou Pull marine , offerte à Isabelle Adjani. « L’éducation de Serge a été classique, rappelle Jane. La grande musique, c’est ce qu’il aimait le plus, avec la peinture et la poésie. Il ne se prenait pas pour un grand artiste, mais il savait qu’il était le meilleur auteur de chansons ça oui ! Alors je pense qu’il serait content, car il aimait tellement la musique symphonique. Il aurait été très très ému. » L’histoire d’amour qui lie Jane Birkin à Serge Gainsbourg a commencé en 1968, une rencontre qui eut lieu lors du tournage du film Slogan de Pierre Grimblat. Ils vécurent douze ans ensemble et aujourd’hui, vingt-six ans après la disparition de son Pygmalion, la Britannique continue inlassablement de le chanter.

Birkin Gainsbourg le symphonique suit d’autres albums de reprises ( Arabesques en 2002, Jane Birkin sings Serge Gainsbourg via Japan en 2012). « Mais là, je me dis que je ne peux pas faire mieux, tout du moins faire plus émouvant », confie la chanteuse. Aux Nuits de Fourvière, elle sera accompagnée de l’Orchestre National de Lyon, dirigé par Geoffrey Styles. Il reste des places.

Mardi 17 juillet à 21 h 30 au grand théâtre de Fourvière. Plein tarif : 28 €.

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