Loisirs Hermès et ses secrets de fabrication

Guillaume de Seynes, directeur général du pôle Amont de la maison Hermès.  « Lyon, c’est notre seconde capitale. Nous y avons un pôle textile important  et quatre sites de maroquinerie sur 16. » . Photo Frédéric CHAMBERT
Guillaume de Seynes, directeur général du pôle Amont de la maison Hermès. « Lyon, c’est notre seconde capitale. Nous y avons un pôle textile important et quatre sites de maroquinerie sur 16. » . Photo Frédéric CHAMBERT
Une confectionneuse de cravates.  Photo Frédéric CHAMBERT
Une confectionneuse de cravates. Photo Frédéric CHAMBERT
Une maroquinière fabrique  le sac Kelly en commençant  par la poignée.  Photo Frédéric CHAMBERT
Une maroquinière fabrique le sac Kelly en commençant par la poignée. Photo Frédéric CHAMBERT
Un artisan sellier. À voir : la griffe à roulette qui trace les emplacements où le cuir devra être percé pour permettre la couture.  Photo Frédéric CHAMBERT
Un artisan sellier. À voir : la griffe à roulette qui trace les emplacements où le cuir devra être percé pour permettre la couture. Photo Frédéric CHAMBERT
Guillaume de Seynes, directeur général du pôle Amont de la maison Hermès.  « Lyon, c’est notre seconde capitale. Nous y avons un pôle textile important  et quatre sites de maroquinerie sur 16. » . Photo Frédéric CHAMBERT Une confectionneuse de cravates.  Photo Frédéric CHAMBERT Une maroquinière fabrique  le sac Kelly en commençant  par la poignée.  Photo Frédéric CHAMBERT Un artisan sellier. À voir : la griffe à roulette qui trace les emplacements où le cuir devra être percé pour permettre la couture.  Photo Frédéric CHAMBERT

Observer l’élaboration d’un sac Kelly, le pliage d’une cravate ou la couture d’un carré, jusqu’au 1er juillet au palais de la Bourse.

C’est une exposition qui tourne dans le monde entier depuis 2011. En provenance de Melbourne, elle s’arrête dix jours à Lyon, avant de repartir pour Moscou. Dix artisans dévoilent leur travail, tout en répondant aux questions des visiteurs.

« C’est symbolique d’être à Lyon, notre seconde capitale. Nous y avons un pôle textile important et quatre sites de maroquinerie sur 16 », a indiqué Guillaume de Seynes, directeur général du pôle Amont de la maison Hermès, au palais de la Bourse.

Sac Kelly de A à Z

Il appartient à la 6e génération. Son aïeul, Thierry Hermès, a fondé en 1837, une manufacture de harnais et de selles. Une activité qui se poursuit aujourd’hui à Paris, dans l’immeuble historique du faubourg Saint-Honoré.

Sur le stand voisin, une maroquinière commence la fabrication d’un sac Kelly par la poignée. Chaque artisan réalise la pièce en entier (sauf la découpe du cuir déjà prête) et la signe. « Entre 15 à 20 heures sont nécessaires », confie celui dont le grand-père a inventé le modèle en 1837. 

Carré roulotté

Comment élabore-t-on un carré Hermès ? Réponse un peu plus loin avec le graveur qui doit composer autant de cadres qu’il y a de couleurs, soit une trentaine en moyenne. L’imprimeur travaille selon la technique “à la lyonnaise” (car développée à Lyon dans les années 1930) : chaque teinte est déposée par raclage. Enfin, une roulotteuse termine les carrés : elle enroule le bord sur l’endroit (le contraire d’un ourlet) avec des points placés tous les… sept millimètres sans, bien sûr, aucun nœud. Compter une heure par foulard.

Cravate gonflée

Regarder la confection d’une cravate, c’est aussi fascinant. Un savant pliage assure son gonflant et un seul fil la traverse pour assurer sa souplesse.

Plus loin, un bracelet comporte exactement 2 743 petits brillants et il faudra 230 heures pour les poser. Un travail méticuleux que détaille, avec patience, une jeune bijoutière. « Ici, on est en première ligne avec le public. À l’étranger, nous sommes accompagnés de traducteurs », observe-t-elle.

Des vocations ? 

Et si tous ces métiers suscitaient des vocations ? « Nous recrutons plusieurs centaines de personnes en France. Des jeunes et des moins jeunes en reconversion (au moins la moitié). On fait passer des tests, on assure des formations. Je suis toujours surpris de voir que certains rêvaient de faire un métier manuel et qu’ils ont été découragés », confie Guillaume de Seynes.

PRATIQUE “Hermès hors les murs”, jusqu’au 1er  juillet, de 11 à 20 heures, le dimanche de 11 à 19 heures. Nocturnes jusqu’à 22 heures les jeudis et vendredis. Palais de la Bourse, place de la Bourse, Lyon 2e. Entrée libre. Ateliers récréatifs, discussions/conférences, films.

Hermès en Rhône-Alpes

Tout le pôle textile. À Pierre-Bénite : l’impression et l’ennoblissement. À Bourgoin-Jallieu (38) : la gravure et la confection de soie. Au Grand Lemps (38) : l’impression et le tissage. À Bussières (42) : le tissage.

À savoir  : Hermès tisse sa soie importée du Brésil.

Le cuir (fabrication de sacs) : à Pierre-Bénite, Belley (01), Aix-les-Bains (73) et Fitilieu/Les Abrets (38).

En projet  : agrandissement du site textile de Pierre-Bénite. Rénovation de la boutique lyonnaise (rue Édouard-Herriot) en 2019.

Isabelle BRIONE

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