Polémique Cours Vitton : critiqués, les cyclistes répondent

Vélos et pistes cyclables, cours Vitton.  Photo Jean-Christophe MORERA
Vélos et pistes cyclables, cours Vitton. Photo Jean-Christophe MORERA

L’association La Ville à Vélo n’a pas apprécié d’être accusée – en des termes fleuris – d’être à l’origine du revirement de la Métropole dans le dossier du cours Vitton. Elle prône la discussion et le consensus… Mais dans le respect de la loi.

Un coup de pompe à vélo dans le dos. Les cyclistes n’ont pas apprécié les commentaires des élus du 6e , lundi soir, en conseil d’arrondissement. En résumé, les élus ont reproché à la Métropole d’avoir cédé aux associations de vélos pour le projet de réaménagement du cours Vitton.

Principal interlocuteur de la Métropole, la Ville à Vélo s’est sentie directement visée…

« On ne comprend pas ce qui se joue dans le 6e. On pense qu’il y a des enjeux politiques qui nous dépassent autour du réaménagement du cours Vitton, or notre démarche est totalement apolitique », explique Fabien Bagnon, coprésident de la Ville à Vélo. Pour lui, la présence de pistes cyclables dans le projet était acquise : « La Métropole avait connaissance de la loi LAURE, qui dit en substance que des aménagements nouveaux doivent inclure les vélos. C’est donc un choix politique d’avoir présenté en réunion publique un projet sans place pour les cyclistes. »

La Ville a Vélo est en contact régulier avec la Métropole sur de nombreux dossiers de travaux de voirie. « Mais dès que c’est plus politique, comme sur le cours Gambetta ou le cours Vitton, on n’est pas sollicité… On pensait être dans une relation de confiance et ils connaissaient la loi… », note Fabien Bagnon.

« Pas des jusqu’au-boutistes »

Lors de la réunion publique pour le cours Vitton, le 1er  mars, le président de la Métropole, David Kimelfeld, a lancé aux associations de cyclistes qu’elles étaient subventionnées. Mêmes remarques lundi soir, lors du conseil du 6e , de la part de Jean-Jacques David et Marc Augoyard. Et ça, ce n’est pas passé : « La Ville à Vélo ne touche pas un centime de la Métropole et 1 000 € par an de Lyon. On s’est pris deux rappels à l’ordre, c’est honteux ! Ça veut dire que si on reçoit une subvention, on doit fermer sa gueule ? », s’emporte Fabien Bagnon, qui annonce que le conseil d’administration se réunira le 25 juin et devrait décider de ne plus demander aucune subvention à la Ville. « De toute façon, les dossiers Gambetta et Vitton nous ont fait rentrer plus de cotisations que jamais… »

Le responsable associatif ne veut pas endosser le mauvais rôle : « Il y a des gens qui voient d’un mauvais œil le développement du vélo en ville, ça vient bouleverser un ordre établi. Alors, ils essaient de faire passer les cyclistes pour des jusqu’au-boutistes, alors que nous sommes juste des citoyens qui ont alerté la Métropole sur le nécessaire respect de la loi. Nous, on est bien dans nos baskets », poursuit Fabien Bagnon.

Il regrette ne pas avoir eu de réponse du maire du 6e  à ses demandes de rendez-vous, mais se félicite que le Comité d’intérêt local (CIL) Brotteaux ait enfin accepté de le rencontrer la semaine prochaine.

Le CIL Saxe-Brotteaux est en « colère face au revirement de la Métropole »

Les membres du Comité d’intérêt local (CIL) Saxe-Brotteaux ont vivement exprimé leur « stupeur » quand ils ont appris « que le projet, pourtant présenté devant 350 personnes, était remis en cause du fait de pressions des associations vélos ». S’ils assurent « soutenir et encourager le développement de la pratique du vélo dans l’agglomération », ils n’en veulent pas cours Vitton : « Au regard du caractère étroit de l’axe (13 m de façade à façade), la possibilité d’un itinéraire cyclable sur le cours Vitton, dans sa partie la plus large (Charpennes, boulevard des Brotteaux), puis sur les rues de Sèze et Tronchet, du boulevard des Brotteaux jusqu’à la place Maréchal-Lyautey, est le plus pertinent pour la sécurité des vélos et des piétons ». En « colère face au revirement de la Métropole », le CIL s’insurge : « Que faut-il en conclure ? Une minorité bruyante, qui n’habite pas l’arrondissement aurait une oreille plus attentive de la part des élus qu’une grande majorité silencieuse, qui elle réside à proximité dudit projet ? » Le CIL Saxe-Brotteaux demande donc « solennellement à la Métropole de Lyon d’entendre [ses] observations et de faire de l’élargissement des trottoirs le point central du projet de réaménagement de cours Vitton, en revenant au projet initialement présenté ».

Jean-Christophe MORERA

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