Consommation Foodora, Deliveroo, Ubereats : la course à l’expansion

Dans le top des repas de restaurants les plus livrés, il y a évidemment les pizzas (comme ici), burgers, sushis et les fameux tacos lyonnais.  Archives Pierre AUGROS
Dans le top des repas de restaurants les plus livrés, il y a évidemment les pizzas (comme ici), burgers, sushis et les fameux tacos lyonnais. Archives Pierre AUGROS

Après un démarrage en fanfare avec des chiffres de croissance hallucinants, les sites de livraisons de repas de restaurants à domicile assoient leur succès. Chacun à leur façon.

Les premiers (Deliveroo et Foodora) sont arrivés à Lyon en septembre 2015. Avec l’engouement immédiat des consommateurs pour ce type de consommation (des repas de restaurants commandés en un clic et livrés en un temps record par des coursiers à vélo), un marché hyper concurrentiel a vu le jour. Certains sont restés sur le carreau (comme Take eat easy qui a fait faillite). Sans décourager le petit dernier, Ubereats, arrivé il y a un an et demi. Tous accentuent leur politique d’expansion.

Une offre variée au succès grandissant

Commander un repas de restaurant, c’est désormais ancré dans les habitudes des Lyonnais. Et le succès est au rendez-vous. D’abord parce qu’un large choix s’offre à nous (et parfois de très bonne qualité) et pas uniquement des pizzas comme c’était le cas avant l’arrivée de ces start-up de la Food tech… Les chiffres sont en revanche un secret bien gardé : interdiction de divulguer quoi que ce soit. On saura tout au plus que « le volume de commandes a été multiplié par 27 » chez Deliveroo et que la croissance est à deux chiffres chez Foodora.

Une chose est certaine : « le click and eat » est entré dans les mœurs. Des couples interrogés ne passent pas une semaine sans faire une commande. Et si les habitudes du soir sont bien « installées », « la livraison du déjeuner est en augmentation notamment dans des quartiers d’affaires comme La Part-Dieu », selon François Klein, manager chez Deliveroo.

La ville de Lyon et sa métropole est particulièrement ciblée, par rapport à d’autres villes de province : « Lyon a été la deuxième ville après Paris dans laquelle nous nous sommes installés. C’est le deuxième bassin en termes de population avec des revenus moyens plus importants que ceux de Marseille. Et chacun connaît l’appétence des Lyonnais pour la gastronomie. Il y a également une très forte concentration de restaurateurs… », explique Guillain Borde, manager Est chez Ubereats.

Du côté des restaurateurs, même engouement : « Cela représente 30 % de mon chiffre d’affaires. Et cela m’apporte également une visibilité (sur internet) et de la notoriété, car si mes plats sont bons, les clients commandent à nouveau ou viennent dans mon restaurant », explique Benoît Guitelmacher, gérant du restaurant Yabio (« le burger 100 % bio ») situé dans le 1er arrondissement de Lyon.

« Une politique d’extension géographique »

Ceux qui pensent que le modèle pourrait s’essouffler se trompent. En tout cas la politique d’extension géographique ne leur donne par raison. De l’intra-muros des balbutiements, tous ont clairement étendu leur territoire de livraison. Avec une politique particulièrement « agressive » chez Ubereats : « C’est l’un de nos points forts », estime Guillain Borde, « car nous allons de Rillieux à Sathonay, de Saint-Genis à Craponne/Ecully, de Décines/Vénissieux à Saint-Priest et nous voulons encore aller au-delà ! ».

Même politique pour les horaires chez Ubereats : avec des livraisons proposées de 9 heures à 2 heures, ils souhaitent livrer jusqu’à 4 heures intra-muros…

Le malaise des coursiers « pris en compte »

Tous admettent que les coursiers à vélo sont un véritable enjeu : « La fidélisation que nous avons avec le restaurateur et notre clientèle, nous la voulons avec les coursiers », résume-t-on chez Deliveroo. Du coup, pour éviter de revivre le malaise de l’été dernier, Deliveroo a par exemple déployé une batterie de mesures sécuritaires : casque gratuit et porte-téléphone sur le guidon, table-rondes et ateliers, assurances, et même partenariat avec une application pour simplifier leur gestion.

Exclusivités et nouvelles offres

Mieux que d’avoir beaucoup de restaurateurs dans leur offre comme Ubereats (500), Deliveroo (150) et Foodora (250), chacun choisit de « sélectionner les restaurateurs pour davantage de qualité ». « Nous privilégions les partenariats et les exclusivités », nous dit-on chez Deliveroo qui « ne prend que 7 restaurateurs sur 100 demandes ». Fier de ses partenariats exclusifs chez Guy and Sons et le Café Berlin, Foodora a également choisi le mode partenariat culturel avec des festivals : « Le but n’est pas d’avoir le plus de restaurants possible, mais de faire tourner, de trouver des pépites et d’avoir des exclusivités », résume Justine Peyrat, city manager de Lyon et Montpellier pour l’enseigne.

La tendance est également aux offres de fidélisation : Deliveroo propose depuis peu un abonnement mensuel à 5,80 € par mois et Ubereats va étendre à Lyon sa formule déjeuner (présente à Paris) à 6,90 €.

Sandrine Rancy

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