Transport Bretelle vers l’A7 nord : « Une voie stratégique pour désengorger l’A450 »

Après vingt ans de combat, le maire d'Irigny Jean-Luc da Passano se félicite de la réouverture, prévue en octobre, de l’ancienne bretelle reliant la route de Charly/Vernaison à l’A7 nord.

Vingt ans après, Jean-Luc da Passano voit enfin le bout du tunnel. Ou plutôt de… la bretelle. Cette fameuse bretelle routière, qui doit relier l’A7 nord, sera inaugurée en octobre. Elle était réclamée à cor et à cri par le maire irignois depuis 1998.

4,5 M€ de travaux

Dans quelques mois à peine, ce petit tronçon d’1,8 km permettra de connecter directement la RD315 (route de Charly/Vernaison) à l’A7 nord, en direction de Lyon. Et, selon Jean-Luc da Passano, cela va changer beaucoup de choses : « C’est une voie stratégique. Elle va permettre d’effacer le phénomène de cisaillement sur l’A450. Aujourd’hui, les véhicules qui arrivent de la RD315, au sud, entrecroisent ceux qui arrivent de l’A450, à l’ouest. Cet effet de cisaillement reste la principale cause des embouteillages du nœud de Pierre-Bénite et du blocage quasi-quotidien de l’A450. Avec la réouverture de la bretelle, les véhicules qui se dirigeront vers le nord (en direction de Lyon) n’auront plus besoin d’emprunter l’A450. Ils pourront directement accéder à l’A7, via la bretelle ».

Cette dernière passera sous le pont de Pierre-Bénite et rejoindra l’A7 pile à hauteur du raccordement avec l’A450 nord, au niveau du restaurant Courtepaille. Les travaux, qui devraient donc s’achever en octobre, avaient débuté en juillet dernier. Ils ont dû s’interrompre plusieurs mois pour dévier des conduites de gaz haute pression alimentant le couloir de la chimie. Ils viennent de reprendre, depuis début mai, avec la construction du futur échangeur au point de raccordement. Leur montant total s’élève à 4,5 millions d’euros, financés à parts égales par l’État, la Métropole et la Région (1,5 M€ chacun). « C’est la décision de la Métropole de financer une partie du projet qui a tout débloqué », retrace Jean-Luc da Passano, qui occupe également le fauteuil de… vice-président métropolitain aux Infrastructures et voiries. « Initialement, reprend-il, au moment de la décision du préfet de rouvrir la bretelle, en 2013, la Métropole devait même apporter 3 M€ et l’État 1,5 M€. Finalement, en 2015, la Région a accepté de prendre à sa charge la moitié de l’enveloppe métropolitaine. Mais, avant cela il avait fallu quinze ans pour convaincre l’État de la nécessité de cette bretelle. »

Fermée au début des années 1990

La bretelle avait été fermée au début des années 1990, au moment où l’État avait repris à sa charge l’A450 (gérée jusqu’alors par le Département) pour la configurer au gabarit autoroutier, en prévision du projet d’A45, reliant Lyon à Saint-Etienne. La construction d’un nouveau pont sur le Rhône était alors envisagée, rendant la petite bretelle inutile. Mais l’abandon du projet de pont, du fait du classement Seveso de la zone, a concentré la circulation sur le pont de Pierre-Bénite et engendrer les problèmes toujours actuels d’embouteillage.

Dès 1998, trois ans après son accession à la mairie, Jean-Luc da Passano avait fait de la réouverture de cette bretelle son cheval de bataille, afin de désengorger le secteur. Dans quelques mois, son objectif sera enfin concrétisé. Coup de pouce du destin, il devrait bientôt permettre la réalisation d’un projet encore plus ambitieux : celui de relier par bus express la future gare d’Yvours à la place Bellecour en moins de vingt minutes.

Le futur bus express empruntera la bretelle

« C’est presque inespéré ! », sourit Jean-Luc da Passano. Non content de la réouverture de la bretelle vers l’A7, le maire d'Irigny a eu la confirmation, depuis, de l’ouverture d’une ligne de bus express entre la future gare d’Yvours et la place Bellecour. Celle-ci reliera les deux points en moins de vingt minutes.

Dans le cadre du déclassement des autoroutes A6/A7 à l’horizon 2020 entre Limonest et Pierre-Bénite, des lignes de bus express vont être créées, avec une voie dédiée sur le futur ex-tracé autoroutier. Or, comme annoncé en décembre dernier, la Métropole a décidé de placer son terminal sud à la gare d’Yvours.

La première tranche du chantier de cette halte ferroviaire (et donc aussi routière désormais), souhaitée de longue date par le maire d’Irigny, a démarré il y a trois semaines. D’un montant total de plus de 8 M€, les travaux doivent s’achever en septembre 2019.

Le principe d’une ligne de bus entre la future gare et Bellecour acté, il restait à en définir le parcours. Jean-Luc da Passano a très vite milité pour que celui-ci passe par la fameuse bretelle reliant l’A7. La proposition a été validée, en fin d’année dernière, par la Métropole. De quoi réjouir le premier magistrat irignois.

« Nous avions deux grands projets, indépendants mais mitoyens, la bretelle et la halte ferroviaire. Or, de manière assez incroyable, un troisième projet, celui du bus express, vient s’ajouter, se recoupant parfaitement avec les deux autres. Il a fallu vingt ans pour arriver à rouvrir cette bretelle, mais, finalement, je me dis que le timing s’avère on ne peut plus idéal ! », s’extasie-t-il.

Historique

●   1966 : ouverture de l’A450.

●   1992 : l’État reprend la gestion de l’A450, entraînant son passage à 2x2 voies, puis la fermeture de la bretelle reliant la route de Vernaison à l’A7.

●   1998 : maire d’Irigny, Jean-Luc da Passano alerte l’État sur les problèmes de circulation au niveau de l’embranchement sur l’A450.

●   2005 : les maires de Pierre-Bénite, Saint-Fons, Saint-Genis-Laval, Vernaison, Charly et Irigny demandent à l’État de rouvrir la bretelle.

●   2009 : L’État lance une concertation sur des aménagements futurs dans le secteur A450-A7-RD383.

●   2013 : le préfet officialise la réouverture de l’ancienne bretelle.

●   2015 : la Région entre dans le plan de financement des travaux.

●   2017: début des travaux en juillet.

●   2018 : fin des travaux en octobre.

Thomas LACONDEMINE

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