Transports Bluely plus en forme qu’Autolib’ à Paris

80 000 locations ont été enregistrées depuis début 2018.  Photo d’illustration  P. JUSTE
80 000 locations ont été enregistrées depuis début 2018. Photo d’illustration P. JUSTE

Un différend financier oppose la mairie de Paris au groupe Bolloré. Le contrat d’exploitation des Bluely ne présente pas le même risque pour le contribuable de la Métropole.

Alors que la tension est à son maximum entre la mairie de Paris et le groupe Bolloré qui exploite le service d’autopartage Autololib’, le climat demeure beaucoup plus serein dans l’agglomération lyonnaise entre la Métropole et ce même groupe qui gère le service Bluely. Le contexte est différent sur plusieurs points.

À Paris, où Autolib’est apparu en 2011, c’est une délégation de service public qui lie pour douze ans le groupe Bolloré et le Syndicat Autolib’Velib’Métropole qui représente les collectivités. Problème : le déficit s’est creusé pour atteindre 293 millions d’euros et le groupe Bolloré réclame 233 millions au syndicat, avançant que contractuellement, il n’est engagé qu’à une hauteur de pertes de 60 millions d’euros. La bataille juridique et celle des mots sont engagées.

Bluely en croissance

Ce problème ne peut pas se poser dans l’agglomération lyonnaise. Le service Bluely n’est pas exploité dans le cadre d’une délégation de service public, la société paie même une redevance d’autorisation du domaine public pour ses stations. François-Xavier Gardere, son directeur l’assure : « Nous ne demanderons jamais de l’argent au contribuable lyonnais. » Autrement dit, elle prend à sa charge tous les éventuels aléas financiers.

Mais à ce jour, la situation économique semble très différente de celle de Paris et des communes environnantes. Sans entrer dans des détails comptables, le directeur de Bluely affiche son optimisme : « Nous sommes dans nos objectifs. Nous avons continué d’investir en augmentant le nombre de stations et de voitures. En 2017, le nombre de locations s’est accru de 54 %. Nous sommes toujours en croissance depuis le début de l’année avec 80 000 locations enregistrées. »

Un parc de 310 voitures

Inauguré en octobre 2013, le service d’autopartage Bluely s’est développé en cours de route pour atteindre plus de 100 stations et 500 bornes de recharges sur un périmètre qui s’est un peu étendu au-delà de Lyon et Villeurbanne. Le parc est de 310 voitures électriques, presque uniquement des Bluecar, véhicule maison du groupe Bolloré, à l’exception de quelques Citroën C-zéro. Les originales Twizy à deux places, apparues lors de la phase d’extension, ont été retirées « à la demande de Renault », précise-t-on chez Bluely. La longueur d’un trajet moyen est de 8,5 km. Le service compte 5 300 abonnés annuels actuellement.

François SAMARD

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