FOOTBALL OL : Stéphane Bénas, le twittos devenu gardien du temple

Stéphane Bénas, le conservateur du musée, devant l’entrée de l’enceinte lors de l’inauguration. Photo Richard MOUILLAUD
Stéphane Bénas, le conservateur du musée, devant l’entrée de l’enceinte lors de l’inauguration. Photo Richard MOUILLAUD

C’est en suivant son compte racontant l’histoire de l’OL que Jean-Michel Aulas a recruté il y a deux ans celui qui est devenu conservateur du tout nouveau musée de l’OL.

C’est l’histoire d’un type embauché grâce à Twitter. Peut-être qu’un jour le recrutement de Stéphane Bénas, le conservateur du musée de l’OL, sera l’une des petites et grandes histoires racontées dans l’enceinte qui a ouvert la semaine dernière.

Entre Jean-Michel Aulas, utilisateur compulsif du réseau social, et Bénas, passionnément dingue de l’OL et de son patrimoine, ça ne pouvait finalement que coller.

« J’étais dans le TGV qui me ramenait à Paris un dimanche soir. Il m’a demandé par messagerie privé de lui envoyer mon CV. Je suis arrivé à 1 heure chez moi, à 1h15 il l’avait et le lendemain, il me contactait », se souvient celui qui bosse alors comme gestionnaire de sociétés de conseils et qui ne s’imagine pas, même dans ses rêves les plus fous, « travailler un jour » au sein de l’institution.

C’est avec son compte « OL canal historique » qu’il s’est fait connaître du big boss de l’OL. C’est avec son profil « Lyonnais gourmet » qu’il s’est fait un nom au sein de la florissante twittosphère lyonnaise, contesté parfois par ses prises de position très « corporate » avant même qu’il ne rejoigne officiellement le club en décembre 2015.

"Je n’ai jamais été dans la fan attitude", se défend le quadra né à Oullins. "Mais depuis que je suis à l’intérieur du club, mon sentiment de respect a encore évolué. Gagner une fois, ça peut arriver. Mais rester au haut niveau, les gens ne soupçonnent pas l’énergie et le talent qu’il faut".

Le sien sera de s’être emparé des exigences de sa fonction et de ce nouveau métier que, mine de rien, il découvrait. « C’était une vraie prise de risque du président », assure Bénas, qui avait pour lui de passer beaucoup de son temps dans les musées mais qui avait surtout les « idées très claires » sur ce que devait devenir celui de l’OL, c’est-à-dire raconter les histoires « d’hommes et de femmes qui ont fait le club » et non être un pensum chronologique.

La tâche est immense, et la pression monte d’un coup lorsqu’il découvre la première fois le Parc OL. « J’ai pris un coup de bambou. Je me suis dit qu’on allait devoir être à la hauteur du lieu ».

Jean-Christophe Hembert : « Le foot est quelque chose de très sérieux dans nos vies »

Très vite, il se plonge avec délectation dans le travail. Seul d’abord, puis avec l’aide de trois autres personnes.

« C’était comme un enfant que tu balances dans un bac à sable », témoigne un de ceux qui l’ont accompagné durant les deux ans de mise en place du musée.

Mais à l’émerveillement de l’enfance qui ne le lâchera plus, né un jour de 1984 où des voisins l’invitent à Gerland à assister à OL-Martigues grâce à des places gagnées dans Le Progrès, s’ajoute une profonde culture du sport populaire.

« J’ai une admiration pour les sportifs en général, leur parcours, leur souffrance, les difficultés à être un sportif de haut niveau. J’ai eu la chance par exemple d’aller à New York assister à un combat de boxe. Les plus grands moments, ce sont les montées de l’Alpe d’Huez lors du Tour de France mais je mets ça hors OL parce qu’à un moment l’OL est devenu une passion dévorante ».

Une passion que celui qui se rêvait journaliste sportif assimile à une « religion ». Un sentiment qu’il partage d’ailleurs avec Jean-Christophe Hembert, le metteur en scène lyonnais qui a conçu la formidable attraction holographique et qu’il a rencontré également grâce à twitter.

"J’avais invité Stéphane à assister à OL-Tottenham en 2013. On ne s’est pas parlé du match", commente celui qui a aussi fait l’acteur dans Kaamelott. "C’est un truc qui se vit de l’intérieur. Le foot est quelque chose de très sérieux dans nos vies. On peut en rire mais on ne s’en moque pas ».

Le soir, Bénas, qui travaille aussi au développement d’OL légendes, erre parfois seul dans le musée, son église, non pas à la recherche des fantômes du passé mais pour traquer les petits détails à améliorer. En gardien du temple.

Olivier GUICHARD

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