Football Un musée qui fait rentrer l’OL dans une nouvelle dimension

Un musée OL novateur touchant plusieurs générationsdes années 50-60 à Ada Hegerberg.  Photo Richard MOUILLAUD
Un musée OL novateur touchant plusieurs générationsdes années 50-60 à Ada Hegerberg. Photo Richard MOUILLAUD
Christophe Breton et Romain Billong cherchent leur nombre de matches. / Photo Richard MOUILLAUD
Christophe Breton et Romain Billong cherchent leur nombre de matches. / Photo Richard MOUILLAUD
L'entrée au musée, comme si le visiteur arrivait aux vestiaires. / Photo Richard MOUILLAUD
L'entrée au musée, comme si le visiteur arrivait aux vestiaires. / Photo Richard MOUILLAUD
Fleury Di Nallo, 22 buts avec l'OL ! / Photo Richard MOUILLAUD
Fleury Di Nallo, 22 buts avec l'OL ! / Photo Richard MOUILLAUD
Un musée OL novateur touchant plusieurs générationsdes années 50-60 à Ada Hegerberg.  Photo Richard MOUILLAUD Christophe Breton et Romain Billong cherchent leur nombre de matches. / Photo Richard MOUILLAUD L'entrée au musée, comme si le visiteur arrivait aux vestiaires. / Photo Richard MOUILLAUD Fleury Di Nallo, 22 buts avec l'OL ! / Photo Richard MOUILLAUD

L’Olympique Lyonnais a présenté son musée, qui ouvre ce mercredi. Cette plongée dans l’histoire du club, étalée sur 1300 mètres carrés, tisse de par sa présentation un lien étroit entre le passé et l’avenir. Car tous les outils modernes ont été utilisés sur ce chantier colossal.

Le visiteur passe de l’odeur du gazon à celle du baume appliqué sur un tendon douloureux. Ça sent presque la transpiration sortie de ce bon vieux maillot inscrit dans la légende d’un match historique. On va rentrer discrètement dans le vestiaire à la pause pour observer et tendre l’oreille. Magie, le montage de cet hologramme est parfait. On écoute sur des images en trois dimensions, Juninho, Fekir, Di Nallo, Govou, Lacombe et d’autres légendes. L’OL est mené 2-0, et doit revenir à la marque, le public gronde, la force de l’institution se mesure.

On est là dans l’un des nombreux ateliers de ce lieu qui ne laisse pas indifférent. « Le premier souhait était de travailler sur la notion d’émotion car c’est une valeur fondamentale », explique Stéphane Benas le conservateur du dit « OL Le Musée » ouvert au public mercredi après deux ans de travaux.

Un investissement de six millions d’euros

L’ouvrage nécessitant un investissement de six millions, bâti sur deux étages et 1300 mètres carrés a vu le jour après l’exploration de 25 000 vidéos, et la lecture de 50 000 documents. Dans ce dédale de surprises, on longe la pendule du virage nord de Gerland, avec « Le Progrès » en bonne place, et on dribble entre les 522 licences exposées des hommes ayant porté le maillot. Alors que les féminines sont aux avant-postes pour rejoindre les hommes à la salle des trophées. Arrive le chapitre intitulé « Toute l’Europe je traverserai ». Une carte numérique emmène les yeux de Madrid à Moscou en passant par Madrid, Munich, Milan, Liverpool, Manchester, Bucarest, Kiev. « On est là pour construire dans un environnement durable », mentionne Jean-Michel Aulas.

Tandis que Laurent Wauquiez président de la Région Auvergne Rhône-Alpes était unanime : « L’OL est notre fierté, comme l’Inter et Milan en Lombardie, Barcelone en Catalogne. À côté des grands clubs, il faut un musée ». Le décor marie les époques avec nuance.

Des commentaires radios nous font tomber de la chaise… L’inauguration a reçu l’aval des anciens joueurs encadrés par les doyens Henri Marin et Camille Ninel 90 ans. L’histoire s’accroche à l’ère du numérique. Et le lieu est très ludique pour les enfants. C’est plus qu’un sentiment, l’OL semble enfin installé à Décines…

> Horaires : ouvert le mercredi, vendredi et samedi de 10h à 19h et le dimanche de 10h à 18h. Et les jeudis du 11 juillet au 31 août. Accès par la mezzanine d’OL Store. Tarifs : hors jours de match : de 10 à 5 € / jours de match : de 15 à 9 €

 

1,5 

C'est le montant de la subvention de la Région versée à l'OL sur les 6 millions d'investissement qu'a coûté le musée.

L’aboutissement d’une longue génèse

L’ouverture du musée de l’OL au grand public ce mercredi sera l’aboutissement d’un projet dont les premières esquisses remontent à 2002. L’installation de l’OL dans son stade à Décines, et le recrutement du conservateur Stéphane Bénas, a permis de définitivement lancer l’idée de ce qui devait être il y a encore un peu plus de deux ans un musée du sport rhônalpin et de l’olympisme. « On a consulté nos supporters et on s’est vite rendu compte qu’ils souhaitaient d’abord quelque chose centré autour de l’OL » explique-t-on au sein du club. L’inverse aurait été sans doute trop fourre-tout. À part une section d’une quinzaine de mètres carrés réservée à la Région, l’enceinte est donc logiquement et entièrement consacrée au club lyonnais. Un rétropédalage qui n’a pas empêché la collectivité d’accorder une subvention au titre des « équipements sportifs » à ce qui reste un stade privé, ce qui peut surprendre.

Droit dans ses bottes, Laurent Wauquiez a balayé l’argument au moment de couper le ruban. « En France, on assure qu’il ne faut pas soutenir ceux qui réussissent. Nous, on a fait l’inverse pour que nos clubs pros montent encore plus haut. […] À Barcelone, le musée du Barça est le plus visité de la ville. Ça déclenche un vrai afflux de touristes ». À voir si Décines devient demain l’égal du Mont-Saint-Michel.

Olivier GUICHARD

« On a vraiment voulu que les visiteurs aient une émotion »

Nathalie Crinière, Scénographe de l’agence NC

C’est votre premier travail autour d’un musée consacré au sport ?

Oui, mais on a beaucoup travaillé à Lyon, notamment au musée des Confluences sur l’expo lumières. Il y a eu un concours qu’on a gagné et on est venu avec notre technique et notre approche muséale. On a accordé beaucoup d’importance à l’histoire et aux gens. On a vraiment voulu que les visiteurs aient une émotion.

Comment s’est passé le travail avec l’OL ? Vous avez été tout de suite d’accord sur la philosophie du projet ?

Je pense qu’ils avaient des candidats qui connaissaient mieux le sport et mieux l’OL. Mais ils ont eu l’audace de nous prendre. On va dire qu’on a vécu avec Stéphane (Bénas, le conservateur) pendant deux ans. Il y a eu parfois des différences d’appréciations mais c’est aussi ce qui fait naître les choses. On a bien appréhendé la magie de l’espace. Deux niveaux, c’est toujours compliqué mais ça oriente le propos.

La production de Jean-Christophe Hembert était prévue initialement ?

On avait prévu un hologramme. En revanche, on ne savait avec qui on allait le faire. Le choix de Jean-Christophe s’est fait avec l’OL car il connaissait bien l’histoire du club.

Vous vous êtes inspiré de ce qui s’est fait ailleurs ?

Non. Il ne s’agit pas de faire comme les autres. Je pense qu’il ne faut surtout pas être spécialiste du foot pour faire un musée du foot, sinon on se rate.

Recueilli par Olivier GUICHARD

Christian Lanier

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