Parents & enfants Écoles publiques : cantines et périscolaire perturbés

Pendant le périscolaire (réforme Peillon/Hamon), les enfants font des activités extrascolaires sous la houlette d’animateurs.  Photo archives Pierre AUGROS
Pendant le périscolaire (réforme Peillon/Hamon), les enfants font des activités extrascolaires sous la houlette d’animateurs. Photo archives Pierre AUGROS

Le préavis de grève déposé par l’Unsa Territoriaux au nom d’un collectif d’animateurs et de directeurs d’accueil de loisirs, impacte la cantine et le périscolaire du vendredi après-midi dans certains groupes scolaires.

Les vendredis jusqu’au 6 juillet

Un préavis de grève déposé par l’Unsa Territoriaux, le 15 mai dernier, au nom d’un collectif d’animateurs du périscolaire et de directeurs d’accueils de loisirs municipaux, concerne les vendredis 1er , 8, 15, 22, 29 juin, puis 6 juillet. Les veilles de week-end vont donc devenir de vrais casse-tête pour des parents d’élèves de l’école publique. Car leurs enfants seront possiblement privés de cantine puis d’activités périscolaires (Vendredi Aprèm’). La cantine est maintenue lorsqu’il y aura suffisamment d’animateurs présents pour encadrer les activités avant et après le déjeuner (pause méridienne).

Uniquement quand le périscolaire est géré par la Ville

Seules les écoles dont les animations sont gérées par la Ville (environ 45 %) sont potentiellement concernées. Dans l’hypothèse d’un périscolaire confié au monde associatif (MJC, centres sociaux), la cantine fonctionnera de même que les animations du Vendredi Aprèm’. À moins que la grève s’étende dans ces structures. 

Combien de temps ?

Des négociations sont en cours entre l’Unsa et l’administration. En fonction des avancées, s’il y en a, et qui devront être validées par le maire de Lyon, le mouvement de grève pourrait s’arrêter. 

Pas de service minimum d’accueil

La loi concernant le service minimum d’accueil (SMA) impose aux communes d’organiser une garderie en cas de grève des personnels enseignants de l’Éducation nationale. Mais, durant la pause méridienne et le vendredi après-midi, c’est du personnel municipal (ou associatif) qui est en charge des enfants. Donc pas de service minimum ni de remplaçants, ce qui est interdit par la loi.

Repères

La Droite dénonce une « impréparation »

« Comme quasiment à chaque printemps, nous assistons à l’éclosion de grèves dans les cantines des écoles publiques. Ce vendredi, le « petit plus » Corazzol (du nom de l’adjoint à l’Éducation N.D.L.R.) c’est au moins 41 % des accueils de loisirs municipaux chargés du périscolaire qui seront fermés et près de 4 300 enfants inscrits dont les parents devront encore se débrouiller », fustige Stéphane Guilland, chef de file Les Républicains à Lyon, dénonçant « l’impréparation de la réforme ». 

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C’est le nombre d’écoles dont les cantines seront fermées ce vendredi (sur 200). Dans ces écoles, il n’y aura pas non plus d’activités l’après-midi.

« C’est l’inconnu » selon un animateur du périscolaire rattaché à un centre social

« Le changement du vendredi après midi au mercredi matin est important. C’est difficile d’évaluer la fréquentation mais tout le monde imagine qu’elle va diminuer. Dans ce contexte, il y a une réorganisation. On va vers l’inconnu. Il y a des animateurs qui vont travailler un peu plus, mais le maximum c’est 16 heures. Il y a là des étudiants, des jeunes, des mamans… Ces postes sont précaires et mal payés. Cela reste difficile de recruter avec beaucoup de turnover. Dans l’animation, les postes de permanents sont rares ».

Revendications sur fond de baisse possible du nombre d’animateurs

Les conseils d’écoles ont voté pour la suppression du périscolaire le vendredi après-midi au profit du mercredi matin à la rentrée prochaine. Une baisse des inscriptions est attendue, davantage de parents étant susceptibles de garder leurs petits, chez eux, ce jour-là. Conséquence : les quelque 1400 animateurs d’aujourd’hui ne pourront peut-être pas conserver leur poste, même si le taux d’encadrement du mercredi matin sera renforcé et que la garderie du soir ajoute potentiellement des heures de travail. 

Dans ce contexte, la ville bouscule la donne actuelle avec, visiblement, une volonté de se dégager de la gestion directe des animateurs (aujourd’hui 45% des centres de loisirs). Ainsi, elle a proposé aux structures associatives (MJC, Centres sociaux, Maisons de l’enfance) de prendre en charge davantage d’écoles, avec un accueil parfois regroupé sur un seul site. Ce faisant, elle diminuerait le risque financier , lié à la possible baisse des inscriptions à venir, transférant la charge des indemnités chômage aux Assédic alors qu’elle doit, aujourd’hui payer le chomage de personnels contractuels, de droit privé, dont elle se séparerait.

De son côté, l’Unsa, qui porte les revendications des animateurs et directeurs de centres de loisirs municipaux, réclame notamment « un contrat stable pérennisé », une « augmentation du temps de travail », « une augmentation de salaire » ou du « taux horaire ».

Muriel FLORIN et Sophie MAJOU

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