travaux Circulation à la Part-Dieu : taxis et VTC dans le dur

Bientôt il n’y aura plus qu’une seule dépose pour les taxis autour de la Part-Dieu : à la Villette.  Photo D. TAPISSIER
Bientôt il n’y aura plus qu’une seule dépose pour les taxis autour de la Part-Dieu : à la Villette. Photo D. TAPISSIER
Boulevard Vivier-Merle, la réduction de voirie perturbe la circulation. En attendant la fermeture totale de cet axe… fin mai.  Photo J.-C ; MORERA
Boulevard Vivier-Merle, la réduction de voirie perturbe la circulation. En attendant la fermeture totale de cet axe… fin mai. Photo J.-C ; MORERA
Bientôt il n’y aura plus qu’une seule dépose pour les taxis autour de la Part-Dieu : à la Villette.  Photo D. TAPISSIER Boulevard Vivier-Merle, la réduction de voirie perturbe la circulation. En attendant la fermeture totale de cet axe… fin mai.  Photo J.-C ; MORERA

Fortement perturbée, la circulation autour de la Part-Dieu, à Lyon, complique le quotidien des automobilistes, mais aussi des taxis et des VTC. Accueil et déposes compliqués, clients mécontents, prix en hausse… tous tirent le signal d’alarme car cette situation est partie pour durer.

Les actuels travaux autour de la Part-Dieu n’en finissent plus d’agacer… et c’est loin d’être terminé. La circulation est devenue problématique, voire impossible selon les créneaux horaires. Parmi les professions les plus concernées, taxis et chauffeurs VTC : pour eux, les courses en direction ou en provenance de la Part-Dieu sont devenues un vrai casse-tête.

« Je n’y vais plus, je préfère tourner en ville »

« On ne peut plus aller à la gare », explique l’ancien président de la Fédération des taxis indépendants, Pascal Wilder. « Pour sortir des bouchons à la Villette, c’est entre 15 et 20 minutes. J’y suis allé à 9 h 30 du matin pour des clients qui voulaient se rendre place des Jacobins. Le résultat est simple : 30 minutes et une facture de 20,40 € contre 12 à 13 € et un quart d’heure maximum d’habitude. Du coup, comme de nombreux collègues, je n’y vais plus et je préfère tourner en ville. »

« Il faut prendre son mal en patience : il faut bien que les travaux se fassent ! », philosophe Jean-Paul Durand, président de la Maison des taxis du Rhône. « Le sas qui est situé à la Villette est désormais bien insuffisant puisque l’autre station, située boulevard Vivier-Merle, disparaît. Un rallongement ou une réorganisation est indispensable car la dépose et la prise se font au même endroit. Il est compliqué de sortir et pour le client, le compteur tourne. Ce n’est satisfaisant pour personne. »

En VTC, prises et déposes à la sauvette

Même si la problématique n’est pas exactement la même pour les véhicules de tourisme avec chauffeur, François Donnadille, président de la Fédération française des exploitants de VTC et de limousines fait la même analyse : « Pour nous professionnels, mais également pour tous les automobilistes, c’est inadmissible. Les travaux sont tous faits en même temps, c’est très mal organisé. Je ne discute pas leur intérêt, je remets en cause l’étalement dans le temps. On dépose à la sauvette, où on peut. Certains clients de l’Ouest lyonnais qui vont à la Part-Dieu nous demandent désormais de les déposer au métro, trois ou quatre stations avant… Auparavant, nous donnions rendez-vous à nos clients dans les parkings mais on ne peut pas en sortir, tout est bouché… Désormais, je suggère à mes clients, s’ils le peuvent, de descendre à Perrache. Je me demande aussi si je ne vais pas pousser jusqu’à Saint-Exupéry… »

Chez Uber, on constate également les difficultés pour prendre des clients. Mais après avoir sondé les chauffeurs, le point de prise en charge – à proximité de l’hôtel Campanile – reste inchangé.

« Nous proposions plusieurs endroits, mais ils ont été modifiés et ont été regroupés désormais en un seul », précise Manon Guignard, du service communication d’Uber. « L’avantage, c’est que les chauffeurs peuvent faire remonter en temps réel les soucis de circulation via l’application. Ils peuvent interagir par téléphone avec les clients. Quand aux tarifs, ils sont calculés en prenant en compte le trafic. »

Des travaux qui poussent logiquement les Lyonnais vers les transports souterrains. Le Sytral a d’ailleurs pris en compte l’afflux de voyageurs et augmenté la fréquence des rames de métro.

En surface, une augmentation de la fréquentation de plus de 5 % pour les lignes de tramway T1, T3 et T4 dans le secteur Part-Dieu a d’ailleurs été observée par rapport à l’an passé.

Pas de solution… avant 2022

À la Part-Dieu, la situation s’annonce compliquée… jusqu’en 2022 et, pour être honnête, ça va même empirer. Le dépose-minute de la place Charles-Béraudier, devant la gare, fonctionne encore, mais il va disparaître fin mai/début juin avec le début des travaux du tunnel au bout du boulevard Vivier-Merle.

Les taxis pourront éventuellement emprunter la voie de bus, sans s’y arrêter évidemment. Le projet final devrait normalement proposer une déserte souterraine devant la gare, destinée aux “commandes” des taxis, mais elle ne sera pas opérationnelle avant 2022. Du coup, une seule desserte des taxis reste en fonction, celle située côté Villette de la gare. Mais le tunnel Pompidou est désormais fermé… pour 4 ans. La sortie des véhicules est donc inévitablement compliquée, la rue de la Villette étant surchargée. Venir ou partir de la Part-Dieu en voiture est bien un véritable casse-tête et c’est parti pour durer.

D. T.

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